La Bourgogne, c’est outre-canal !

Il paraît que le canal constitue une barrière sociologique de première importance. Autrement dit, les habitants de l’Est et du Sud auraient beaucoup de mal à franchir cet obstacle liquide.

Or, nous, les gens de l’Ouest, avons également deux bras, un foie et deux jambes. Chez nous aussi, il y a des rues asphaltées et un Ring.

Le Ring, j’en recommande en particulier la sortie 12, laquelle se caractérise à la fois par une discrétion de très bon aloi et par une localisation idéale, à quelques centaines de mètres du lieu où 14 vins blancs de Bourgogne sont en dégustation ce samedi 17 mai, entre 10 et 18 heures.

Selon Google Maps, 21 minutes depuis Stockel, 15 minutes depuis la place Danco et 17 minutes depuis Linkebeek.

Est-ce loin ?

 

 

Le coup de gueule du mardi

Vous allez découvrir une série de vins blancs exceptionnels.

La gamme XYZ rend hommage à la diversité des terroirs et au climat qui influencent les différents styles de vins sud-africains. Les raisins utilisés pour élaborer ces vins sont faits à partir d’une sélection de site spécifique et d’un traitement et soin spécial dans les vignes et en cave.

Le résultat? Des vins sans égal qui reflètent au mieux ce que l’Afrique du Sud a à offrir.

Je crache dans la soupe. C’est avec une délectation amusée que je prends régulièrement connaissance des propositions d’un sacré vendeur de vin qui sévit en ce moment sur la toile belge. Technologie Internet « state of the art », malheureusement au service d’une littérature de gare qui viole la langue française avec une constance qui force l’irrespect.

La quantité d’information pertinente est de l’ordre du picogramme.

Donc, hommage appuyé (quoique violemment sarcastique) au style et au contenu du chef-d’œuvre ci-dessus.

Comme je suis en forme, je ne résiste pas à enchaîner en commentant les résultats du Concours Mondial de Bruxelles, édition 2014.

Ce qui est passablement rigolo, c’est que les arguments utilisés par les organisateurs de cet événement pour en louer les immenses vertus sont exactement les raisons pour lesquelles je pense que ce concours, comme tant d’autres, n’a que fort peu d’intérêt pour l’amateur de vin.

Allons-y.

Ensemble, les 8.000 vins et spiritueux du monde entier en compétition représentent  plus de 500 millions de bouteilles commercialisées.

Traduction: en moyenne, un vin participant est produit à 62.500 exemplaires. A titre de comparaison, le Domaine d’Aupilhac produit 10 cuvées et +/- 125.000 bouteilles par an, le Domaine Grossot produit 7 cuvées et +/- 90.000 bouteilles par an, le Domaine Paul & Eric Janin 5 cuvées et +/- 45.000 bouteilles par an, etc…

Bref, deux mondes du vin ? Celui des entreprises familiales qui produisent à l’échelle humaine des vins qui incarnent leur démarche personnelle et celui de l’industrie qui produit en très grande quantité des vins qui répondent à une demande dûment « étude-de-marchéisée ».

Cette diversité tant des produits comme des profils des dégustateurs est la caractéristique originale de cette compétition qui s’est érigé en quelques années en véritable « championnat du monde » de la dégustation de vins.

Traduction: on n’hésite pas à s’arroger d’un titre prestigieux, sous le couvert de la diversité. Dites, si les Îles Samoa, le Nicaragua, le Lesotho, Andorre et l’Ouzbékistan se disputaient la Coupe du Monde de football, quelle serait la valeur du résultat ? La diversité implique-t-elle que les meilleurs ont accepté de participer à la compétition ?

Je laisse par ailleurs le lecteur juge de la syntaxe et de l’orthographe.

Dans le but d’aider les consommateurs dans leurs choix, 2 330 médailles ont été attribuées et comme tous les ans, moins de 1% des 8 060 vins en compétition ont été récompensés par une Grande Médaille d’Or.

Traduction: un vin médaillé pour trois vins participants. Tout est dit. Aux Jeux Olympiques, c’est un peu moins facile. Et tant qu’à évoquer l’olympisme, notez que le concours attribue des Grandes Médailles d’Or, des Médailles d’Or et des Médailles d’Argent (avec des majuscules partout), mais pas de médailles de bronze, manifestement pas assez « sexy » : ça aide vraiment le consommateur ?

Ce qui n’est pas indiqué, c’est l’aspect financier: inscrire un vin au concours coûte +/- € 150. Apposer une médaille sur un flacon primé coûte +/- € 25 par 1.000 bouteilles.

Dernière chose: parmi les 18 Grandes Médailles d’Or attribuées à des vins français, je ne connais personne, si ce n’est une marque de Champagne. D’ailleurs, 5 superprimés sont des Champagnes et 7 superprimés sont des Bordeaux.

N’hésitez pas à vous faire votre propre opinion et à la partager, en postant un commentaire.

Samedi 10 mai: les effrontés du Sud-Ouest

Diane Cauvin, La Colombière

Fronton. Entre Montauban et Toulouse. En plein Sud-Ouest. Sans doute pas les paysages les plus sexy du vignoble français. On ne peut pas tout avoir. Alors, dans sa grande mansuétude, le Gentil Organisateur y a planté la négrette. Cépage étonnant et quasiment impossible à trouver ailleurs (quelques traces en Vendée).

D’aucuns préfèrent affubler cette vigne du doux nom de folle noire. Tout un programme. En dégustation, de jolies notes florales, des tannins plutôt souples (malgré une parenté ampélographique avec le côt de Cahors et le tannat de Madiran) et une aromatique qui peut évoquer la syrah. Poivre et violette.

L’appellation Fronton exige au moins 50% de négrette et accepte les cuvées en mono-cépage (100% négrette). Quand il y a assemblage, on y retrouve de la syrah, du cabernet franc, du cabernet sauvignon, du gamay et quelques autres. Un tiers du volume est vinifié en rosé.

Je vous propose samedi de venir goûter ce qui se fait de mieux dans le coin, à savoir le Domaine Le Roc et le Château La Colombière. Le Roc, c’est la valeur sûre, depuis de longues années; La Colombière, résolument engagée dans la biodynamie.

Deux rosés bien différents: négrette + gamay pour le Vin Gris 2013 de La Colombière (pressurage), négrette + syrah + cabernet pour La Saignée 2013 du Roc (…saignée).

En rouge, exploration approfondie du millésime 2011, avec Le Classique (exceptionnel rapport plaisir/prix), Don Quichotte (beaucoup de punch, 5 ans de cave ne lui font pas peur), Vinum (le plaisir de la pure négrette, tout de suite), Coste Rouge (le millésime 2010 avait énormément plu lors de la dégustation du printemps 2013) et Bellouguet (un assemblage de négrette et de cabernet, manifestement construit pour durer).

…et, oui, il y aura du prunelard blanc (Vin de France), cette fois sous une étiquette Le Grand B 2012, en attendant que toutes les démarches administratives visant à faire reconnaître le cépage aient abouti. Ce vieux cépage local avait disparu: le voici ressuscité par sur-greffage de vieux plants de négrette. A ma connaissance, La Colombière est le seul Domaine au monde à proposer un vin issu du prunelard blanc ! A la dégustation…qui a dit « chenin » ?

Franck Pascal, Jonc-Blanc

Nous quittons Fronton pour Bergerac, soit 200 kilomètres vers le nord-ouest, via Castelsarrasin, Agen et Marmande. Nous sommes toujours dans le Sud-Ouest, mais plutôt sous influence bordelaise. J’ai le plaisir d’importer les vins du Château Jonc-Blanc. Nous goûtons le rouge Coeur de Foudre (un pur merlot) et, en invité-surprise, le blanc Les Sens du Fruit, assemblage de sauvignon et de sémillon.

Les vins peuvent être commandés via le magasin en-ligne.

 

 

Vin blanc et santé: quelques réflexions

Je suis régulièrement confronté à des affirmations du type « je ne supporte pas bien le vin blanc » ou « le vin blanc n’est pas bon pour ma santé« .

Loin de moi l’idée de mettre en doute la bonne foi des auteurs, mais cela m’intrigue.

Qu’est ce qu’un vin blanc ?

La question peut sembler idiote, puisqu’il est de notoriété publique qu’il n’existe que trois couleurs dans le vin. Donc, ce qui n’est ni rouge, ni rosé est…blanc.

M’ouais. Où classer un Champagne élaboré avec une majorité de pinot noir ou de pinot meunier ? Comment traiter les vins de cépages rouges, vinifiés en blanc: merlot dans le Tessin, pinot noir en Allemagne et en Loire, etc… ? Quid des vins blancs de macération, les « vins oranges » pour lesquels des cépages blancs sont vinifiés comme les cépages rouges, avec un long contact entre les pellicules des raisins et le jus ? Le Madère est-il un vin blanc ? Que faire des rosés extrêmement pâles, issus de pressurage et très à la mode en ce moment ?

Trois couleurs, mais une infinité de nuances, entre le violacé et l’orangé, entre le presque transparent à reflets verts et le rose quasi fluorescent, entre le jaune doré et le brun ambré…

Qu’est ce qui distingue un vin blanc d’un vin rouge ?

La couleur. Trivial, certes mais pas dénué de bon sens. La couleur du vin est liée au type de vinification et à la quantité de substances colorantes naturellement présentes dans la pellicule de la baie.

Tout vin, qu’il soit rouge ou blanc, se compose essentiellement d’eau (laquelle provient uniquement des raisins), d’alcool et d’une quantité variable de sucre non-transformé (de simples traces dans les vins très secs…plus de 100 grammes par litre dans les vins liquoreux). Tout vin contient, en quantités variables, des substances biochimiques responsables de son acidité, de sa couleur, de sa tannicité, de son aromatique, etc…

Acidité, vivacité, fraîcheur ? Le pH du vin varie entre 3 et 4 (4 étant dix fois moins acide que 3), mais le pH de notre estomac est mesuré à 2 ! Autrement dit, l’acidité stomacale est au moins dix fois supérieure à celle des vins qui s’y retrouvent, après dégustation et déglutition.

Un vin rouge peut être plus acide qu’un vin blanc. Comparez un viognier méridional en millésime solaire avec un pinot noir d’Irancy en millésime frais…

Par ailleurs, la perception de l’acidité perçue à la dégustation peut être très différente de l’acidité analytique: un vin liquoreux de qualité présente en général une acidité élevée, laquelle se retrouve masquée ou équilibrée par le sucre résiduel.

Et le SO2 dans tout ça ?

Le soufre (dioxyde de soufre ou sulfite) est une substance très communément utilisée en vinification. Elle présente d’importantes propriétés anti-oxydantes et anti-bactériennes. En quantités (trop) importantes, il est probable que les sulfites puissent être responsables de maux de tête ou d’intolérances de type allergique.

Or, les vins blancs sont plus fragiles que les vins rouges: ceux-ci sont en effet protégés naturellement par les anthocyanes et les polyphénols qu’ils contiennent et sont donc moins susceptibles d’être fortement sulfités.

En la quasi-absence de ces substances, les vins blancs (et plus encore les vins blancs moelleux ou liquoreux) ne bénéficient pas de cette protection naturelle. D’où un usage plus important du SO2.

Une excellente hygiène de cave et une vinification précise (raisins non-abîmés, mise en bouteille dans les règles de l’art) permettent néanmoins de réduire très considérablement les doses de SO2 et donc de réduire en proportion les risques pour la santé.

 

Cher lecteur, ce bref article ne se veut pas scientifique et ne propose ni conclusion définitive, ni mode d’emploi. Disons qu’il s’agit d’un petit caillou lancé dans la mare: chacun peut le ramasser, le regarder sous toutes les coutures et en faire l’usage qui lui semble opportun.

 

 

 

 

 

 

 

« last minute » aus Deutschland !

Un 24ème vin s’est invité, en dernière minute, pour participer à la dégustation qui commence dans quelques heures.

C’est un pinot noir, de nationalité franchement allemande.

Il est né dans la vallée de l’Ahr, au sein de la famille Adeneuer.

Vieilles vignes et élevage en foudres (pas de barriques).

Visite au Domaine Colinot (Irancy)

Chablis possède une telle notoriété que le nord de la Bourgogne est assimilé à vin blanc et à chardonnay. Ce n’est pas faux, loin de là.

Néanmoins, un village peuplé d’irréductibles vignerons résiste encore et toujours à l’envahisseur « chardonnay » : j’ai nommé Irancy. Ici, c’est pinot noir et noir pinot.

Avec malgré tout une touche locale qui nous ramène aux irréductibles vignerons ci-dessus: le cépage césar.

César, les Gaulois, Goscinny, …

Pouf-pouf.

Le cépage césar, c’est un peu de brutalité dans un monde de douceur. Autrement dit, un cépage qui produirait des vins un poil rustiques, structurés et colorés. En petite quantité dans un assemblage, le complément idéal pour le pinot noir. Je dis « produirait » au conditionnel, parce que l’appellation Irancy ne tolère que 10% de césar. A ma connaissance, pas de cuvées 100% césar, même pas en Vin de France.

D’ailleurs, comme pinot noir et césar sont souvent plantés ensemble sur une même parcelle, impossible d’isoler le jus de césar du jus de pinot (cherchez bien, il y a peut-être une contre-pétrie amusante).

Flash-back, c’est la mi-mars 2014. Mars…les Ides de Mars…l’assassinat de César par Brutus.

Re-pouf-pouf.

Donc, mi-mars, j’arrive à Irancy, par la route qui vient de Chitry, laquelle aborde l’amphithéâtre par le haut: le village se niche tout au fond de cet amphithéâtre, en forme de fer à cheval, ouvert au sud-ouest.

En simplifiant un petit peu, le village, c’est la rue Soufflot, le long de laquelle s’alignent les maisons vigneronnes. La maison de la famille Colinot ne fait pas exception.

J’ai rendez-vous avec Stéphanie Colinot, en charge des vinifications depuis déjà quelques années. Le lieu n’a pas changé depuis une visite précédente, en 2007 ou 2008: une sorte de bric-à-brac plutôt charmant où quelques cuves, une installation d’étiquetage, du stock en bouteilles et une longue table s’amoncellent gaiement.

Les bouteilles de dégustation m’attendent: il y a de quoi travailler, avec une horizontale des cuvées parcellaires du millésime 2011. En fonction du lieu-dit, la proportion de césar dans l’assemblage varie de 3% à plus ou moins 10%. Tous les vins sont élevés en cuve: pas de fûts !

Les Cailles 2011 est un vin plutôt léger (la légèreté, c’est un constat, pas une critique !), agréablement fruité. Palotte 2011 et Les Mazelots 2011 sont plus intenses et plus longs.

Très Vieilles Vignes 2011 et Côte de Moutier 2011 sont mes préférés: belle concentration, qualité des tannins.

On termine sur une cuvée exceptionnelle, dans le double sens du terme: il s’agit d’une exception, puisque Les Mazelots « fûts de chêne » est la seule cuvée du Domaine à passer dans le bois et que c’est un millésime 2010 (élevage plus long). Bouteille d’exception: équilibre, fondu harmonieux, suavité savoureuse.

les différents lieux-dits d’Irancy

Je me souviens d’une époque, pas si lointaine, où les tannins des vins d’Irancy pouvaient être marqués par une amertume peu engageante. Aujourd’hui, l’extraction des tannins est beaucoup plus précise. Ce sont de vrais vins « nordistes », délicats, un peu stricts, très nets, avec un taux d’alcool maîtrisé. Ils peuvent s’apprécier dès maintenant et pendant les 5 prochaines années.

A vérifier ce vendredi 25 et samedi 26 avril. Ces vins peuvent être commandés via le magasin en-ligne.

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 25 & samedi 26: pinot noir !

Le pinot noir est peu enclin au compromis: entre des mains maladroites, sur des terroirs inadaptés, il se cabre; brutalisé par des rendements trop élevés, il se dilue; assommé par un soleil trop généreux, il se simplifie jusqu’au vulgaire.

Mais, cultivé avec attention, récolté avec délicatesse et élevé avec maestria, c’est décidément le roi des cépages.

Deux possibilités pour venir goûter ce qu’il en est: soit vendredi 25 avril, de 16 à 20 heures, soit samedi 26 avril, de 10 à 18 heures.

Il y aura 22 vins en dégustation. La liste complète des vins figure ici.

A noter que tous les vins sont proposés à un prix inférieur à € 20. Cela signifie que je ne propose ni vins de la Côte de Beaune, ni vins de la Côte de Nuits. La demande mondiale pour ces vins-là est très importante et l’offre très limitée. Conséquence logique: les prix grimpent, au-delà du raisonnable.

Les rouges de la Bourgogne du Nord (Auxerrois) et de la Bourgogne du Sud (Côte chalonnaise) sont moins connus, moins prestigieux et moins demandés par les riches collectionneurs/spéculateurs.

En bon français cela s’appelle une opportunité. Entre Pommard, haut lieu de la Côte de Beaune, et Mercurey en Côte chalonnaise, il n’y a que 25 kilomètres, mais on change d’univers. Les meilleurs vins sont tout aussi intéressants à Mercurey, à Givry, à Rully…et ils sont (au moins) moitié moins chers. A bon entendeur…

Le pinot noir, ce n’est pas que la Bourgogne. A Sancerre et en Alsace, il y a des pépites à découvrir. Cela dit, tout ce qui brille n’est pas or ! Il faut trier, filtrer, tamiser pour ne retenir que le meilleur. Les pinot noirs alsaciens dilués, à la maturité douteuse, hésitant entre le rouge et le rosé, servis très frais, ça existe. Sancerre jouit d’une notoriété mondiale, ce qui permet à de grandes quantités de vins médiocres de trouver malgré tout preneur.

Le climat de différentes régions d’Allemagne convient très bien au pinot noir: la vallée de l’Ahr, entre Bonn et Coblence, est majoritairement plantée en pinot noir (spätburgunder, littéralement « le bourguignon tardif »). Paysages magnifiques de vignes sur vertigineuses pentes schisteuses, à un peu plus de 2 heures de route de Bruxelles !

Plus au sud, le pays de Bade (Baden) longe le Rhin et fait frontière avec l’Alsace. Du point de vue climatique, cette région est classée « B », comme l’Alsace et les vignobles de la Loire.

Le village de Malterdingen se situe à quelques kilomètres de Colmar et de Freiburg, la ville la plus chaude d’Allemagne. C’est le paradis des pinots: blanc, gris …et noir !

Une occasion d’entrer en contact avec le monde fascinant du vin allemand, en général très peu connu par les Francophones et autres Latins: je fais goûter le pinot noir Malterdinger de Bernhard Huber. Ce nom ne vous dira peut-être rien…et pourtant…consultez un guide des vins allemands (Gault & Millau et/ou Eichelmann), et vous aurez du mal à compter toutes les étoiles qui ont été accordées à ce Domaine !

 

 

 

Le Coup de Pied au Cul d’Anderlecht

Comment rendre accessibles les vins que j’importe, même quand bibi est dans le vignoble ou en vadrouille je ne sais où ?

Pardi, en les proposant dans un magasin et en les associant à d’autres (bons) produits de bouche.

Et pourquoi pas le fromage ?

J’ai eu le plaisir de trouver une oreille curieuse, attentive et sympathique chez Michèle Verfaille, gérante de la fromagerie du Westland à Anderlecht.

Et voici donc que quelques vins de la gamme d’Anthocyane s’installent dans les rayonnages de la fromagerie. Un Moulin-à-Vent (Janin), un Muscadet de Sèvre-et-Maine (L’Ecu) et un St-Nicolas-de-Bourgueil (F. Mabileau).

Montre en main et GPS en action, il y en a pour 5 minutes et 4 kilomètres pour passer d’une dégustation chez Philippe à une fromagerie chez Michèle. Et vous qui ne saviez pas quoi faire de votre samedi…

Quant au Coup de Pied au Cul, c’est un fromage normand, recommandé par Michèle. Il plaira aux gastronomes amateurs de sensations fortes comme aux tyrosémiophiles: l’étiquette, d’une poésie toute rabelaisienne, mérite le coup d’œil !

 

vieilles pierres de Bourgogne: 50 shades of grey…

Bouzeron, Givry, Rully, Mercurey, …

La Porte qui donne accès au centre de Givry

08 avril: 630 kilomètres pour rejoindre Bouzeron, mignon petit village au sud de Beaune.

Rapide passage par le Domaine de Villaine pour enlever mon allocation de Bouzeron 2012 et de Bourgogne La Fortune 2012. Puis la route serpente entre champs de colza d’un jaune éclatant et vieilles pierres, dont celles du Château de Germolles.

Arrivée à Givry en fin d’après-midi pour humer l’ambiance et prendre mes repères.

09 avril: visite au Domaine Masse à Barizey. Magnifique campagne. J’ai rendez-vous avec Fabrice Masse pour une visite, une conversation et une dégustation. Un aligoté sur granit et un Bourgogne Côte chalonnaise se glissent parmi la gamme des Givry.

Visite au Domaine Briday au centre de Rully où je suis reçu par Madame (Sandrine) Briday. Bouzeron en introduction, puis gamme très complète de …Rully, en rouge comme en blanc.

Demain jeudi, ce sera le Domaine Brintet à Mercurey, avant de prendre la route du Jura.

VDN: Maury soit qui mal y pense

VDN pour Vin Doux Naturel.

« Naturel » fait penser à quelque chose de spontané, qui se passerait sans intervention de la main de l’homme. Erreur. Les VDN’s sont élaborés par adjonction d’alcool vinique à un moût en fermentation. Mère Nature n’est pas capable de faire cela. Disons que le sucre est naturel et que le vin est œuvre humaine.

Pratiquement, le vinificateur laisse démarrer la fermentation (⇔ transformation du sucre contenu dans les raisins en alcool et en CO²) comme pour un produire un vin « classique ».

Alors que les petites levures se gavent de sucre et ne se doutent de rien, elles se ramassent soudain une solide giclée d’alcool « exogène ». Cette opération s’appelle « mutage ». Ce nouveau milieu est fatal aux levures.

Les pauvres meurent donc avant d’avoir transformé tout le sucre présent dans le jus. On se retrouve donc avec le mélange vin + alcool + sucre + levures RIP.

Tout le monde connaît au moins un VDN (ou vin muté), à savoir le Porto. Le pourcentage d’alcool du Porto se situe classiquement vers les 18% à 20%, par addition du sucre transformé en alcool par les levures et de l’alcool ajouté par le vinificateur. Le Madère, le Banyuls et le Rivesaltes sont également des VDN’s.

Par contre le Pineau des Charentes (jus de raisin + cognac), le MacVin du Jura, le Ratafia de Champagne et le Floc de Gascogne sont des mistelles, c’est à dire la résultante de l’ajout d’alcool à du jus de raisin non-fermenté. Une mistelle n’est pas -au sens strict- du vin, puisque le jus des raisins n’a pas fermenté.

Tout cela pour en arriver à Maury, appellation située au cœur du Roussillon où l’on produit un VDN de belle réputation. Une cuvée de Maury élaborée par Marjorie et Stéphane Gallet (Domaine Le Roc des Anges et Domaine Les Terres de Fagayra) porte le doux nom de…Anthocyane. De bons tannins, de la suavité, des arômes de mûres et de cerises. Cépage grenache. 16,5% d’alcool.

Anthocyane est un Maury de type « réducteur », c’est-à-dire protégé de l’oxygène et mis en bouteilles rapidement après la vendange. On parle alors de Maury grenat comme on parle de Porto vintage.

Comme c’est très bon et proposé à un prix plus que raisonnable, j’ai craqué !

A servir bien frais pour accompagner un dessert au chocolat noir et aux fruits rouges…on fait difficilement mieux. A la place du dessert, c’est d’ailleurs tout aussi bien.

L’association avec certains fromages (Cantal) peut également réserver de belles sensations.

Anthocyane 2009 (50cl) est donc en vente chez Anthocyane. A partir de ce samedi 05 avril. Au prix de € 11 et des poussières.

 

Frédéric Mabileau & La Chevalerie en dégustation le samedi 05 avril

Ô disciples du cabernet franc et autres joyeux entonneurs rabelaisiens*, oyez, oyez, c’est ici et maintenant que cela se passe: 6 cuvées de Frédéric Mabileau et 5 cuvées de La Chevalerie en dégustation ce samedi, à partir de 10 heures.

Vu que mars et début avril ont un petit air de juin, on commence par R’Osez 2013 un cabernet franc, titrant gentiment 12%. Un bourgueil rosé, quoi. Vieilles vignes, vendange manuelle et agriculture biologique, comme tous les autres vins du Domaine F. Mabileau.

On finit par un blanc, la version 2009 du Chenin du Puy. Récolte manuelle en deux tries (⇔ deux passages successifs dans les vignes, de façon à cueillir chaque grappe à parfaite maturité) les 03 et 13 octobre 2009. Vignes de plus de 40 ans sur une parcelle située du côté de Puy-Notre-Dame (d’où le nom de la cuvée…).

Entre le début et la fin, on goûte une belle série de rouges, sur les millésimes 2010, 2011, 2012 et 2013. Busardières et Coutures, Petits Grains et Rouillères, Galichets et Bretèche. A bon entendeur…

 

* oui, je sais, les entonneurs rabelaisiens, c’est à Chinon, pas à Bourgueil. N’empêche…

 

Bourgueillothérapie en action !

Tous les ans, artistes et vignerons de Bourgueil se rencontrent et créent ensemble. Les œuvres sont vendues aux enchères et les profits servent à financer la recherche médicale.

Cela s’appelle la Bourgueillothérapie…

Je vous invite à vous faire soigner par le Bourgueil ce samedi 05 avril, entre 10 et 18 heures.

Afin de garantir la haute qualité scientifique du traitement, nous comparerons les effets du Bourgueil avec ceux produits par son voisin de St-Nicolas.

Le rôle du Dr Placebo (…celui qui fait son effet, malgré qu’il y a 0% de Bourgueil dedans…) est confié à un Vin de France 100% cabernet sauvignon et à un Saumur, 100% chenin.

Déjà connus: Petits Grains 2012, « dernier cri » 2012 et Bretèche 2010. Parce que quand c’est bon et qu’il y en a encore, pourquoi se priver ?

Petits nouveaux, fraîchement mis en bouteilles, à déboucher sans attendreLes Rouillères 2013 et le rosé de Loire Osez 2013.

Grandes cuvées de Bourgueil, délicieux maintenant et formidables dans dix ans, voire plus: Galichets 2011, Chevalerie 2011 et Busardières 2011.

Cabernet franc, oui mais point trop n’en faut: cabernet sauvignon 2012 et Chenin du Puy 2009.

 

Tous les vins sont disponibles pour enlèvement ou livraison à partir du 05 avril. Ils peuvent être commandés dès à présent: tarif & bon de commande.

 

 

 

 

 

 

Le Muscadet se déguste le samedi 15 mars

Comme nous le savons tous, le Muscadet n’est qu’un vilain vin de comptoir, vaguement acide et plutôt dilué. Un p’tit blanc dispensable dont le seul mérite est de n’être pas cher. A la simple évocation de son nom, les sourcils se froncent et les nez se pincent…

STOP ! Je vous invite avec grand plaisir à tordre le cou à ce préjugé périmé, à venir goûter et à exercer votre jugement personnel, n’en déplaise aux snobs, au Chat (« Roger, un … ») et aux psychorigides engoncés dans leurs tristes certitudes anti-muscadetsques.

9 Muscadets en dégustation ce samedi 15 mars. Entre 10 et 18 heures. 

Le programme complet est ici.

PS: aucune excuse du type « oh, tu sais, moi, le Muscadet… » ne sera acceptée. Et, pour le plaisir de la comparaison, un vin de Savoie complète la dégustation.

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« On avance à partir d’une passion créatrice »

Carpe Diem, Marguerite, Taurus

Le titre est une citation du philosophe Edgar Morin. Elle figure sur la contre-étiquette de la cuvée Carpe Diem du Domaine de L’Ecu.

Le moins que l’on puisse dire est que Fred Niger Van Herck ne manque ni de passion, ni de créativité !

Voici donc les nouvelles cuvées du Domaine:

Taurus 2011 en est à son deuxième millésime. C’est un Muscadet Sèvre & Maine élevé comme un Bourgogne.

Agriculture Biologique depuis 1975; biodynamie certifiée Demeter depuis 1998.
Vendange manuelle.
Réception des vendanges par gravité, aucun usage de pompes.
Pressurage pneumatique.
Aucun débourbage.
Fermentation via les levures indigènes.
Elevage sur lies en cuve souterraine pendant 10 mois, ensuite élevage sur lies fines en fûts de chêne bourguignons de 4 vins pendant 6 mois.
Ni collage, ni filtration.

Production limitée à 3.000 bouteilles. 12% d’alcool.

Pour le goûter jeune, un carafage de plusieurs heures est indispensable. Garde de plus de 10 ans.

Marguerite est un vin de France non-millésimé. Il s’agit néanmoins d’une vendange 2012 (« cuvée MMXII »). Vin « nature », sans sulfites ajoutés. Production limitée à 1.600 bouteilles. 11% d’alcool.

Carpe Diem est un vin de France non-millésimé. Il s’agit néanmoins d’une vendange 2012 (« cuvée MMXII »). Elevage en amphores, pendant 14 mois. Production limitée à 2.300 bouteilles. 12% d’alcool.

Mes notes de dégustation en racontent plus.

Tarif & bon de commande. Attention, quantités très limitées ! 3 bouteilles max par commande.

Visite au Domaine Serge Laloue

Ce voyage dans le Sancerrois commence par une promenade à Chavignol, histoire de coller mon nez au Cul de Beaujeu (mais non…ce n’est pas grossier) et à la Côte des Monts Damnés. Ces deux lieux-dits célèbres (en Bourgogne, on parlerait de « cru », qu’il soit premier ou grand) sont impressionnants par leur pente et par leur masse qui écrasent carrément le village en contrebas. La météo est (très) ensoleillée, le village est pentu, Philippe se sent bien.

Tout en haut, l’église et le Domaine Henri Bourgeois. De là, vue magnifique sur Sancerre, perché au sommet d’une colline.

Il est bientôt 14h30, temps pour prendre la route vers Thauvenay, village situé au bord du canal latéral à la Loire.

Je suis accueilli par Christine Laloue, pendant que son frère Franck est aux vignes. Un passage par le caveau où sont élevés les vins « sous bois », exclusivement en tonneaux de 600 litres. Vaste cuverie inox, à la mesure d’un domaine de 22 hectares. Les vignes sont situées pour l’essentiel à Thauvenay, avec l’une ou l’autre exception.

On commence par goûter un Pouilly-Fumé 2012. Pardon ? Eh oui…une petite cuvée de négoce, élaborée au départ à la demande d’un agent parisien qui trouvait pratique de pouvoir proposer Sancerre et Pouilly-Fumé d’un seul jet ! Malgré cette naissance un peu particulière, le vin est sympathique, net, droit et « sauvignonne » joliment.

Le Sancerre blanc 2013 (mis en bouteilles fin février) est très sauvignon à l’attaque et déjà Sancerre en finale. A ce stade, le cépage prend néanmoins le dessus sur l’appellation. Mais je suis prêt à parier que ce sera l’inverse dans quelques mois. Equilibre sur l’élégance, pas sur la puissance de l’alcool. Pas de bois et assemblage des trois types de terroirs de Sancerre: des caillottes, des terres blanches et des silex. Je reviendrai sur ce sujet, mais pas ce soir !

A propos de silex, voici la cuvée Silex 2012 (malheureusement déjà épuisée). Profil sérieux et énergique. L’alcool est parfaitement dompté. Le cépage s’efface devant le caillou. Pas de bois. Le 2013 sera probablement mis en bouteilles en juin prochain.

Cul de Beaujeu 2011 a tout d’un grand. On est à Chavignol. C’est concentré et très long. Puissance de l’extrait sec, avec beaucoup d’élégance. Et toujours pas de bois – quelle bonne idée ! Production fort limitée, parcelle en métayage.

1166 2012 n’est pas le code secret de ma carte VISA, mais une cuvée produite sur une micro-parcelle du village de Sancerre, plantée de …1166 ceps. Terroir de silex et de calcaire. Elevage sous bois pendant 11 mois. Le vin est ample, gras mais conserve une belle fraîcheur. Quantités infimes.

Le Sancerre rouge 2012 commence sur une note de réduction qui s’évacue heureusement très vite. Bonjour pinot noir ! Elevage pour moitié en cuve et pour moitié sous bois. Il y a de la densité et de bons tannins.

Enfin, une nouveauté (le vin n’est pas encore commercialisé), à savoir un rouge « Les Rôties » 2012, une sélection de ce que le Domaine peut faire de mieux avec ses pinots noirs. Un bel équilibre entre suavité et tension.

Le fil conducteur est à chercher dans l’élégance et la légèreté des vins. Entendons-nous, « léger » ne signifie en aucune façon « creux » ou « faible ». La légèreté, c’est le contraire de la pesanteur. C’est une jolie dentelle, un souffle aérien. 

Il me reste beaucoup à partager au sujet de cette visite, mais je ressens comme une irrésistible envie d’aller me coucher. Demain (mardi, quoi), beaucoup de travail (sic) et un trajet vers Chablis en toute fin de journée.

Evaluer un vin

Souvent, un vin est évalué via une note.

Cette note peut prendre différentes formes: un nombre d’étoiles, de verres, de grappes ; une catégorie (bien, bien+, très bien, etc…) ; un basique « oui ou non » ou une ‘vraie’ note scolaire, traditionnellement sur 20 (en France) ou sur 100 (aux Etats-Unis).

Cela a le mérite de la simplicité. J’ai néanmoins été régulièrement surpris par un dégustateur attribuant une ‘bonne’ note, après avoir été fort sévère en commentant le vin. Ou vice-versa.

Evaluer implique de gérer un complexe jeu d’influences: les opinions d’autres dégustateurs (présents ou non), notre culture et notre histoire personnelle, la température à laquelle le vin est servi, la pression atmosphérique, nos seuils de sensibilité, le temps dont nous disposons pour nous forger une opinion, les mentions de l’étiquette, les caractéristiques du verre utilisé pour goûter, notre humeur du moment ou notre état de santé, la présence d’odeurs parasites, etc…

Que note-t-on exactement ?

Une impression d’ensemble (synthèse) ou une addition de caractéristiques (analyse)? Le vin tel qu’il est, ici et maintenant, le vin tel qu’il sera lorsque son apogée sera atteint, voire le vin tel qu’il a été dans un passé plus ou moins lointain ? La première gorgée ou le dernier verre de la bouteille ?

Le vin est-il évalué dans l’absolu ou contextualisé par un millésime, une origine …un prix ?

Le but de la note est-il de tendre vers une forme d’objectivité ? De nous construire un cadre de référence ? De quantifier une émotion ou un souvenir ? De nous aider à nous concentrer pendant la dégustation ?

De remplacer les mots lorsque notre vocabulaire atteint ses limites ? De nous comprendre les uns les autres ? De simplifier la complexité qui s’échappe d’un flacon ? De comparer des vins différents, goûtés à des moments différents ? De nous rassurer ?

Après tant et tant de moments passés le nez au-dessus d’un verre, il me reste que, bien souvent, une évaluation en raconte un peu sur le vin et beaucoup sur le dégustateur. Mieux vaut le savoir.

Un même mot signifie une chose ou une autre dans la bouche de différents dégustateurs. L’un accumule les substantifs aromatiques (cassis, groseille, mûre, myrtille), alors qu’il ne mange pas de fruits; l’autre décrit toutes les nuances de la couleur de la robe, alors que la lumière qui éclaire la pièce rend toute description caduque. L’amertume est une tare majeure pour l’un et une simple caractéristique pour l’autre.

Acter que l’évaluation du vin est éminemment subjective ne me satisfait pas vraiment. J’ai l’impression d’enfoncer une porte ouverte.

Pourrait-on proposer un modèle qui nous aiderait à évaluer un vin, subjectivement certes, mais avec une méthodologie cohérente ?

Que pensez-vous de ceci ?

ÉQUILIBRE, harmonie de la structure, fraîcheur, digestibilité

COMPLEXITÉ, multiplicité et précision tant des arômes que des sensations tactiles, évolution à l’aération

INTENSITÉ, énergie, matière/extrait sec

PERSISTANCE, longueur aromatique, qualité de la finale

SPÉCIFICITÉ, personnalité, originalité, incarnation de la démarche et de l’intention du vigneron

MESSAGE, capacité à transmettre le moment et le lieu (les conditions météorologiques du millésime, le sol & le sous-sol, la pente & l’exposition de la parcelle…), capacité à susciter une émotion.

Un vin qui ne posséderait aucune de ces caractéristiques serait un vin sans intérêt pour l’amateur.

Un vin qui posséderait intensément les six caractéristiques ci-dessus tutoierait la perfection…

Vos réactions sont les bienvenues !

Promenade kimméridgienne

Le monde du vin aime bien simplifier la géographie.

On regroupe fréquemment Provence et Corse; Jura et Savoie. Faute de mieux, on met dans un même grand sac du Sud-Ouest des vignobles aussi éloignés les uns des autres que Jurançon, Cahors ou Gaillac.

La Loire, c’est l’ensemble des vignobles plus ou moins proches du fleuve, de sa source jusqu’à son embouchure, 1000 kilomètres plus loin.

La Bourgogne, c’est la succession des trois Côtes, auxquelles on adjoint le vignoble chablisien à l’extrême-nord et le Mâconnais au sud. Quitte même à y inclure le Beaujolais.

La Champagne, c’est la Marne et l’Aube, bien plus au sud.

Les habitudes passent par là et ces entités plutôt artificielles finissent par s’ancrer comme LA réalité et peuvent apparaître mutuellement exclusives: le style d’un vin est ligérien ou bourguignon. Cabernet franc et sauvignon d’une part, pinot noir et chardonnay d’autre part. Simple.

Et pourtant, quand la géologie s’en mêle, l’angle de vue change et c’est une toute autre réalité qui apparaît: au sein du Bassin parisien, de Sancerre à Chablis et de Chablis à Bar-sur-Aube, on retrouve des vignes plantées dans des marnes (pleines de fossiles d’huîtres) datant du Jurassique. Pour être plus précis: datant du Kimméridgien, il y a +/- 150 millions d’années.

D’ailleurs, le pinot noir se plaît dans le Sancerrois et le sauvignon se plaît à Saint-Bris, pas bien loin de Chablis.

Bref, je pars ce lundi matin faire une promenade kimméridgienne, laquelle m’emmènera d’abord à Sancerre.

Dès mercredi, je serai au travail à Chablis.

Si Saint-WiFi se montre clément, je compte bien alimenter le site pendant ce voyage, lequel s’annonce passionnant et très ensoleillé !