Promenade kimméridgienne

chablisienLe monde du vin aime bien simplifier la géographie.

On regroupe fréquemment Provence et Corse; Jura et Savoie. Faute de mieux, on met dans un même grand sac du Sud-Ouest des vignobles aussi éloignés les uns des autres que Jurançon, Cahors ou Gaillac.

La Loire, c’est l’ensemble des vignobles plus ou moins proches du fleuve, de sa source jusqu’à son embouchure, 1000 kilomètres plus loin.

La Bourgogne, c’est la succession des trois Côtes, auxquelles on adjoint le vignoble chablisien à l’extrême-nord et le Mâconnais au sud. Quitte même à y inclure le Beaujolais.

La Champagne, c’est la Marne et l’Aube, bien plus au sud.

Les habitudes passent par là et ces entités plutôt artificielles finissent par s’ancrer comme LA réalité et peuvent apparaître mutuellement exclusives: le style d’un vin est ligérien ou bourguignon. Cabernet franc et sauvignon d’une part, pinot noir et chardonnay d’autre part. Simple.

Et pourtant, quand la géologie s’en mêle, l’angle de vue change et c’est une toute autre réalité qui apparaît: au sein du Bassin parisien, de Sancerre à Chablis et de Chablis à Bar-sur-Aube, on retrouve des vignes plantées dans des marnes (pleines de fossiles d’huîtres) datant du Jurassique. Pour être plus précis: datant du Kimméridgien, il y a +/- 150 millions d’années.Sancerre

D’ailleurs, le pinot noir se plaît dans le Sancerrois et le sauvignon se plaît à Saint-Bris, pas bien loin de Chablis.

Bref, je pars ce lundi matin faire une promenade kimméridgienne, laquelle m’emmènera d’abord à Sancerre.

Dès mercredi, je serai au travail à Chablis.

Si Saint-WiFi se montre clément, je compte bien alimenter le site pendant ce voyage, lequel s’annonce passionnant et très ensoleillé !