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dégustation rouge

Alternative: déguster chez soi (épisode 2)

6 vins rouges du millésime 2019

Pas de dégustation autour du bar d’Anthocyane pendant les prochaines semaines. Malheureusement.

Alternative : pourquoi ne pas acheter maintenant une seule bouteille de quelques vins de stock et revenir vers moi pour acheter plus tard quelques bouteilles du vin/des vins qui vous plaisent le plus ?

Exemple : 6 rouges du millésime 2019 pour € 75,50 (cépages: gamay, primitivo, grenache, syrah, carignan, corvina). On se promène (de gauche à droite) des Pouilles vers le Languedoc, du Massif Central à la Vénétie, du Roussillon vers les …Pouilles, pour boucler la boucle).

Composition du colis de 6 bouteilles:

Teres est une nouveauté dans la gamme de la cantina Fatalone, sise dans les Pouilles. Je fis maintes fois l’éloge des cuvées classique et Riserva, en appellation Gioia del Colle: des vins qui combinent un muscle conséquent (15%) avec une étonnante fraîcheur.

Teres est le petit frère que l’on qualifiera de rouge clair ou de rosé foncé, en fonction de l’humeur du dégustateur, de l’incidence de la lumière ou de l’âge du vigneron. Un clairet, peut-être ?

C’est en tous cas la version estivale du primitivo, idéale pour le jardin ou la terrasse, à servir frais.

Vignes de 30 ans, plantées à 350 mètres d’altitude, là où commence le talon de la botte. Rendements très faibles (10 hl/ha). Vin bio. J’en ai en stock en ce moment à € 12 les 75 cl.

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blanc rosé rouge

C’est le printemps, 18 vins en stock !

Les circonstances sont ce qu’elles sont. Aucune intention de vous imposer une promiscuité dégustatoire que la virologie réprouverait. Déguster serait-il en passe de devenir dégoûtant ?

Je ne me vois ni installer un mur en plexiglas sur le bar, ni rincer mes verres au gel hydroalcoolique, ni enfoncer un écouvillon dans votre nez en guise d’accueil. Et je danse trop mal pour le bal masqué…

L’alternative ? Des petits flacons de 30 ml, remplis à ras bord, à déguster tranquillement chacun chez soi. A la réflexion, c’est potentiellement rigolo, mais ça ressemble surtout à une fausse bonne idée. J’écouterais néanmoins tout lecteur-pharmacien qui tenterait de me convaincre de la faisabilité.

Alors et en attendant mieux, privilégions la simplicité: 18 vins en stock qui n’attendent que votre passage par la rue des Chats. Comme je suis (très) souvent à la maison, un simple SMS/e-mail pour m’indiquer quand vous souhaitez passer et je prépare illico votre commande. Je vous la transmets en respectant une distanciation sociale de bon aloi, avec le sourire.

La liste des stocks est à jour: France, Italie, Allemagne, Autriche. Des nouveaux vins, des nouveaux millésimes et des classiques. Blanc-rouge-rosé. Entre € 10 et € 15.

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domaine rouge

Le Pas des Anges

Difficile de départager les duellistes. Ce Roussillon-Languedoc restera dans les annales mais il se conclut par un match nul. Le carignan n’a pas terrassé le cinsault. Et vice-versa.

A priori, deux cépages aux caractéristiques si différentes. L’énergie brutale du carignan, comme un cheval qui refuse le dresseur. La finesse, voire la délicatesse du cinsault, comme un cousin méridional du pinot noir.

cinsault à gauche, carignan à droite

Et pourtant, les cépages ne sont ici que des outils pour transmettre à l’heureux dégustateur les caractéristiques d’un lieu, les caprices d’un millésime et la vision de deux couples de vignerons inspirés.

Quand on compare, on a tendance à mettre en évidence les différences. Parfois, ce sont les ressemblances qui m’interpellent. Ces deux vins ont en commun une texture hautement civilisée, polie et soyeuse. Ce sont, l’un comme l’autre, les Nouveaux Classiques. Des vins du Sud qui s’assument comme tels sans que ni alcool ni élevage ne perturbent leurs équilibres hauts.

Reliefs 2015 du Roc des Anges est concentré, sérieux et séveux. Intense ? Yes ! Équilibré ? Yes ! Persistant ? Yes ! La démonstration du formidable potentiel des vieux carignans. En l’occurrence, les vignes ont été plantées entre 1911 et 1944…

Ze Cinsault 2018 du Pas de l’Escalette est zouple, zéduisant, zouriant, zensuel et zavoureux. Oui, on perçoit une certaine chaleur, elle enveloppe le palais dans une douceur harmonieuse, veloutée, sans fatigue. La dégustation est décidément un voyage…

Je voudrais vraiment partager ces deux belles bouteilles autour du bar, à la maison. Les commentaires des uns enrichiraient les perceptions des autres. On se battrait gentiment pour savoir si l’une ne mérite pas un demi-point de plus que l’autre. Puis on changerait d’avis à la seconde gorgée. Les circonstances décident que cela n’aura pas lieu.

Le Roc des Anges, Reliefs 2015, IGP Côtes Catalanes, 13.0%, bio et biodynamique (Biodyvin) – € 22,50

Le Pas de l’Escalette, Ze Cinsault 2018, IGP Hérault, 14.5%, bio et biodynamique (Biodyvin) – € 23,50

Marjorie Gallet, Le Roc des Anges

PS: je connais les commentaires d’experts qui évoquent la radicalité stylistique du Roc des Anges et qui se demandent si la beauté diaphane ne tourne pas à la maigreur rachitique. Je concède volontiers que les vins blancs du Domaine peuvent surprendre, voire ne pas plaire, vu leur étonnante septentrionalité. Par contre, ce Reliefs 2015 est radicalement impossible à cataloguer sous la rubrique « tannins pas mûrs », sauf à faire preuve d’une solide dose de mauvaise foi.

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domaine rouge

Frédéric Mabileau, St-Nicolas de Bourgueil, 2011

deux personnages masqués: serait-ce prémonitoire ?

N’est-il point trop tard ? Aurais-je dû boire ceci il y a un lustre ? Suis-je condamné à sucer un squelette que la chair a fui ? Cette cuvée est-elle capable de mystifier le temps qui passe (inexorablement) ?

« Les Rouillères » ont balayé en quelques instants mes doutes existentiels. C’est du cabernet franc, c’est vinifié proprement, ça a été conservé à l’abri des canicules, des sécheresses, des tremblements et des méchants …ça résiste !

Bien sûr, je n’escomptais ni la queue du paon, ni l’explosion psychédélique des goûts et des couleurs. Attentes irréalistes, dégustation désillusionniste, selon le vieil adage ligérien que je viens d’inventer. Sachant qu’il s’agit d’une cuvée plutôt simple, on ne peut être que charmé par l’équilibre dans la verre et par la framboise très pure dans le nez. C’est élégant avec quelques petits tannins mignons et bien fondus pour finir sur une sensation énergique.

Frédéric Mabileau

Je suis d’autant plus touché que Le Domaine Mabileau produit -bon an mal an- 100.000 bouteilles de Rouillères. On est loin de la mini-parcelle hyper-bichonnée qui finit par accoucher d’une seule barrique. Les Rouillères, c’est la démonstration que l’on peut faire bon et beaucoup. Attention, rendements maîtrisés, il ne s’agit pas de faire pisser la vigne !

Et puis, ce flacon fait remonter les souvenirs à la surface: ce 2011, je l’ai reçu au Domaine, au printemps 2013, lors d’un « voyage d’étude » en Touraine. Après avoir goûté 2011, j’ai décidé d’importer 2012, puis 2013…

Domaine Frédéric Mabileau, à St-Nicolas-de-Bourgueil, Les Rouillères 2011. Vignes de 25 à 40 ans, vendange manuelle, vin issu de raisins de l’agriculture biologique, 12,5% et élevage en cuve inox.

Le Domaine est récemment passé à la biodynamie (Biodyvin).

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Javier Sanz, Bruñal, 2017

Javier Sanz est un spécialiste reconnu du vin blanc castillan, en particulier celui qui est élaboré avec les cépages viura, sauvignon et verdejo, sous appellation Rueda. Il est propriétaire d’une parcelle (2,27 hectares) de verdejo pré-phylloxérique, la cuvée portant le nom révélateur de « 1863 », vignes de plus de 150 ans !

Cela ne le prédestine pas à se muer en sauveur d’un cépage rouge, en voie d’extinction en Espagne, le bruñal. Et pourtant !

Quelques recherches ampélographiques plus tard (en période de confinement, qu’il est agréable de fourrer son nez dans de précieux grimoires, fussent-ils digitaux), la lumière m’apparaît soudain: certes, le bruñal a presque disparu du territoire espagnol, mais il est bien connu de l’autre côté de la frontière portugaise, sous le petit nom d’alfrocheiro. Çà nous fait une belle jambe !

Javier Sanz

Dans le verre, le vin est riche en couleurs et en parfums: c’est bourré de fruits rouges et appétissant en diable. La bouche pourrait évoquer un beau et bon gamay croquant, dans un style peu habituel dans cette région d’Espagne, au climat féroce. C’est tout sauf un monstre de puissance et l’alcool est joliment maîtrisé (12,5%). Milieu de bouche énergique et savoureux, finale légèrement tannique. Autant dire que la bouteille y passe en moins de minutes qu’il ne faut pour l’écrire.

C’est à la fois original et susceptible de surprendre ceux et celles qui ont a priori peu d’affinités avec l’Hispanie. Le vin passe dans le chêne pendant 4 mois, mais c’est très judicieusement dosé pour oxygéner le jus sans boiser la bouche. Cela peut se garder encore quelques années, mais franchement pourquoi attendre ?

Acheté à l’automne 2018, pour un peu plus que € 12. Ravi d’en avoir encore en cave !

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Cavallotto, Barbera d’Alba, 2008

Contre-étiquette d’une rare précision, la traduction étant de mon cru:

Elaboré avec le cépage barbera, provenant à 100% du vignoble Cuculo, propriété de la famille Cavallotto, situé dans la commune de Castiglione Falletto, au lieu-dit Bricco Boschis. Vignoble d’une superficie de 1,86 hectare, 8.928 ceps, les vignes étant en moyenne âgées de 45 ans. Coteaux d’exposition Ouest et Sud-Ouest. Altitude comprise entre 250 et 310 mètres. Production de 12.400 bouteilles, en moyenne annuelle.

J’ai servi ce Barbera d’Alba 2008 légèrement rafraîchi pour prendre en compte un degré d’alcool de 14%. Quel beau vin ! La robe est jeune, sans nuances orangées. Au nez, je perçois en particulier des parfums qui évoquent le jambon fumé: à l’aveugle, j’aurais peut-être parié sur une syrah. Les différents éléments constitutifs de ce vin sont en harmonie, fondus, intégrés les uns aux autres. Difficile alors d’analyser séparément les tannins, la fraîcheur acide, la douceur de l’alcool. Ce qui me frappe, c’est une « union qui fait la force ».

L’élevage de ce vin a été effectué, pendant +/- 24 mois, en « botti di rovere », foudres de grande contenance: pas de barriques !

Le site Internet du Domaine affiche une carte du vignoble: le vignoble del Cuculo s’y colore de vert prairie. Cette carte me rappelle le voyage pendant lequel cette bouteille a été achetée. Je me souviens en particulier de la vue extraordinaire, depuis la terrasse de la cantina, sur le vignoble du Domaine Cavallotto: un magnifique amphithéâtre de vignes, à l’esthétique émouvante.

village de Castiglione Falletto

Bouteille achetée au Domaine, au printemps 2012, pour € 16. Cela vaut largement son prix.

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Le Cèdre, Cahors, 2000

Hier soir s’écoule dans nos verres un liquide sombre, une écume presque violacée se chargeant d’accroître mon étonnement: presque 20 ans de bouteille, mais une robe d’une jeunesse affirmée.

Le nez confirme: du fruit intense, de la mûre, très peu d’arômes d’évolution. En bouche, équilibre de haut vol, avec des tannins fondus et toujours ce fruit puissant. Élevage implicite, profil digne des meilleurs Bordeaux classiques. Un malbec d’anthologie. Des anthocyanes partout, en particulier au fond du dernier verre, une langue chargée de nuances pourpres en faisant la démonstration.

Je m’attendais à ce que ce soit bon, mais c’est très largement mieux que bon ! Bouteille achetée en primeur, à l’été 2001, pour € 21. Alcool: 13,5%.

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August Kesseler, Rheingau, 2006

Hier soir, pinot noir à tendance résolument germanique. Millésime 2006 ? Même pas grand cru ? Mais, mon pauvre ami, ce vin est passé depuis longtemps !

Que nenni. En pleine forme, ce spätburgunder rhénan: pur, net, fruité, sans arômes tertiaires, il ressemble à un éternel adolescent. La complexité n’est certes pas son point fort, mais il tire le maximum de ses parents de raisins, sans maquillage boisé qui tenterait vulgairement de le survendre.

Si vous m’excusez cette petite grossièreté, il pète exactement à la hauteur de son cul.

Équilibre magique, comme un funambule sur sa corde par dessus le Rhin. Jolie persistance, saveurs profondes, matière patinée.

Le dernier verre est le meilleur: c’est typique d’une petite bouteille de 75 cl. Les grandes bouteilles de 75cl sont celles qui ne se vident pas, faute de plaire assez.

August Kesseler est considéré comme l’un des grands spécialistes allemands du pinot noir. Cette cuvée simple a été achetée € 15 en 2009. Le prix a beaucoup changé depuis lors. Le design de l’étiquette itou. C’était ma dernière bouteille, dommage.

Le site Internet du Domaine affiche en particulier une carte géographique des meilleures parcelles de la vallée du Rhin, avec une précision toute bourguignonne.