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Radiohead passe à table !

Kid ACette histoire circule pas mal sur Internet en ce moment. Comment marier mets, vin …et musique.

Pour moi, c’est de l’ordre du vieux fantasme. Après quelques tentatives plutôt décevantes, j’ai renoncé. Quoique…

Voici donc la contribution audacieuse du chef-cuisinier Kyle Hanley et du sommelier Joseph Allerton: un menu en 10 plats, 10 vins et 10 morceaux de l’album Kid A de Radiohead.

Si j’ai bien compris, c’est proposé à $ 120 pour un nombre très limité de convives.

Et cela donne ceci:

01 Everything in Its Right Place: Pan-seared diver scallop, yuzu fluid gel, fried cellophane noodle, lemongrass ponzu, chili oil. With Pfalz Riesling.

02 Kid A: Black caprese. With Alto Adige Kerner.

03 The National Anthem: Pan-seared lamb chops, crispy pig ear, blood orange reduction. With 100 percent Mourvèdre.

04 How to Disappear Completely: Oil-poached monkfish, white asparagus, white balsamic vinaigrette, daikon sprouts. With Leelanau Good Harbour Golden Ale.

05 Treefingers: Tomato granita. With cilantro-infused gin, jalapeño syrup, fresh lime, sea salt, chili oil.

06 Optimistic: Maple sugar-seared duck breast, pink peppercorn gastrique, orange juniper pearls, shredded confit. With Anderson Valley Knez Pinot Noir.

07 In Limbo: Shades of Bouillabaisse. With Cava VallDolina.

08 Idioteque: Arugula salad, sous-vide egg, lardo croutons, manchego crisps, crispy pancetta, smoked sherry vinaigrette, meyer lemon foam, caper dust. With Mezcal Chartreuse sour, dash of Ango.

09 Morning Bell: Meyer lemon sorbet. With gin and tonic.

10 Motion Picture Soundtrack: Mousse dou with blackberry pâte de fruit Niepoort LBV port.

Snif, je n’ai pas tout compris: est-ce grââve, docteur ?

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Le groupe du mercredi s’attaque au Larzac !

photo: H. Lalau
photo: H. Lalau

J’ai profité (lâchement ? habilement ?) de mon voyage en Languedoc pour y picorer quelques flacons, tous nés au pied du Larzac. Il suffisait alors de puiser dans ma cave personnelle quelques spécimens plus anciens pour en faire une dégustation en 12 bouteilles.

Le Larzac évoque d’abord la lutte des paysans du coin contre l’extension du domaine militaire. 10 ans de combat, entre 1971 et 1981…et une victoire lorsque François Mitterrand, fraîchement élu, décide de renoncer au projet. L’altermondialisme s’est construit sur ce terreau.

On se situe au milieu d’un triangle Montpellier-Béziers-Millau. Le nom complet de l’appellation est « Languedoc – Terrasses du Larzac« , mais beaucoup d’étiquettes mentionnent d’autres termes comme « Pays d’Hérault », « Montpeyroux », « Coteaux du Languedoc » ou même « Vin de France ».terrasses-larzac-hd

Pour bénéficier de la mention « Terrasses du Larzac », le vin doit provenir d’une zone de 32 communes (dont Aniane, Jonquières, Montpeyroux, Lagamas, St-Privat, Puechabon, Pégairolles de l’Escalette, Poujols, etc..), il doit être rouge et être composé en majorité de syrah, de grenache et de mourvèdre. Le cinsault et le carignan sont autorisés. L’assemblage d’au moins deux cépages est obligatoire.

Les bouteilles d’un millésime antérieur à 2008 portent la mention « Coteaux du Languedoc », les blancs sont le plus souvent commercialisés en « Pays d’Hérault » ou en « Pays d’Oc » de façon à bénéficier de plus de liberté pour le choix des cépages.

Voici la sélection…dégustée à l’aveugle:

les rouges

  1. L’Emotion 2010 – Le Mas de l’Ecriture, Pascal Fulla à Jonquières
  2. La Petite Crapule 2012 – L’Escarpolette, Ivo Ferreira à Montpeyroux
  3. Le Clos 2011 – Le Clos du Serres, Sébastien Fillon à St-Jean-de-la-Blaquière
  4. Les Vignes Oubliées 2011 – Jean-Baptiste Granier à Jonquières
  5. Costa Caoude 2011 – Mas Haut-Buis, Olivier Jeantet à La Vacquerie
  6. Carlan 2007 – Olivier Jullien à Jonquières
  7. L’Infidèle 2011 – Mas Cal Demoura, Vincent Goumard à Jonquières
  8. Mas Jullien 2005 – Olivier Jullien à Jonquières

puis les blancs secs

  1. Mas Jullien (blanc) 2008 – Olivier Jullien à Jonquières
  2. Les Clapas 2012 – Le Pas de l’Escalette, Julien Zernott à Poujols
  3. Les Cocalières 2009 – Aupilhac, Sylvain Fadat à Montpeyroux
  4. Trelans 2009 – Alain Chabanon à Lagamas

Nos conclusions:

  • Les blancs scorent mieux que les rouges : effet de séquence ou lame de fond ?
  • Très peu de variance. En gros, nous sommes d’accord : effet de groupe ?
  • La Petite Crapule est un « sans soufre ajouté »…qui se distingue nettement des autres rouges
  • « Languedoc » a été assez rapidement cité, même si l’Italie, l’Espagne, le Roussillon et le Rhône méridional ont également été de la partie.

Les résultats chiffrés:

Mas Jullien (blanc) 2008 – Olivier Jullien à Jonquières: 16,0/20 (variance: 0,1)

Les Cocalières 2009 – Aupilhac, Sylvain Fadat à Montpeyroux: 15,8/20 (variance: 0,9)

Mas Jullien 2005 – Olivier Jullien à Jonquières: 15,6/20 (variance: 0,5)

Les Clapas 2012 – Le Pas de l’Escalette, Julien Zernott à Poujols: 15,1/20 (variance: 0,1)

L’Infidèle 2011 – Mas Cal Demoura, Vincent Goumard à Jonquières: 14,9/20 (variance: 0,4)

Carlan 2007 – Olivier Jullien à Jonquières: 14,6/20 (variance: 0,1)

Costa Caoude 2011 – Mas Haut-Buis, Olivier Jeantet à La Vacquerie: 14,3/20 (variance: 0,7)

Le Clos 2011 – Le Clos du Serres, Sébastien Fillon à St-Jean-de-la-Blaquière: 14,3/20 (variance: 0,3)

Trelans 2009 – Alain Chabanon à Lagamas: 14,2/20 (variance: 0,9)

La Petite Crapule 2012 – L’Escarpolette, Ivo Ferreira à Montpeyroux: 14,0/20 (variance: 0,6)

L’Emotion 2010 – Le Mas de l’Ecriture, Pascal Fulla à Jonquières: 13,5/20 (variance: 0,3)

Les Vignes Oubliées 2011 – Jean-Baptiste Granier à Jonquières: 13,3/20 (variance: 0,4)

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Vini italiani

italieVous les avez demandés…les voici !

Anthocyane franchit les Alpes et vous propose la botte (en tout bien tout honneur), talon et tige compris.

J’ai pioché large, du Piémont aux Pouilles, de la Sicile à la Toscane, de la Vénétie à la Sardaigne, parmi les très nombreux cépages autochtones: sangiovese bien sûr, mais aussi barbera, nero d’avola, corvina, primitivo, vermentino, …

10 vins sont en dégustation le samedi 25 janvier, entre 10 et 18 heures.

Il est possible de les commander dès à présent via le tarif & bon de commande.

La plupart de ces vins ont été dégustés mi-décembre par le panel, que je remercie pour m’avoir aidé à composer cette première sélection transalpine.

On commence par deux vins blancs:

Dettori Romangia Bianco 2011

Io non seguo il mercato, produco vini che piacciono a me, vini del mio territorio, vini di Sennori. Sono ciò che sono e non ciò che vuoi che siano. Alessandro Dettori (1998)

Je ne me préoccupe pas du marché, je produis des vins qui me plaisent, des vins d’ici, des vins de Sennori. Ils sont ce qu’ils doivent être et non ce que vous voudriez qu’ils soient. Alessandro Dettori (1998)

Dettori 3Voilà, le décor est planté. Le match entre les convictions et les concessions se solde par un 3-0 bien tassé.

Sennori, c’est le nord-ouest de la Sardaigne, face à la Mer Tyrrhénienne. La Corse n’est pas loin. Les deux îles partagent un goût certain pour la différence et un cépage blanc étonnant, le vermentinu. Les continentaux s’obstinent à l’appeler vermentino (voire rolle en Provence), mais c’est sans importance…

Alessandro Dettori travaille en biodynamie.

Alessandro Dettori
Alessandro Dettori

Il fait partie du groupe « La Renaissance des Appellations« . Paradoxalement, c’est son profond intérêt pour les vins d’appellation, ceux qui expriment le lieu dont ils sont issus, qui l’a conduit à quitter le système des appellations italiennes (DOC’s et DOCG’s). Exemples: « Cannonau di Sardegna ». Où peut-on en élaborer ? Partout en Sardaigne, soit une superficie de 24.000 kms². « Vermentino di Gallura » ? Toute une province du nord de l’île, soit 3.500 kms².

Ainsi les vins de Dettori portent simplement l’indication géographique Romangia, de notoriété quasi nulle dans le monde du vin, mais strictement réservée à un petit territoire côtier, entre Sennori et Sorso.

DettoriBianco 2Le Dettori Bianco 2011 que je vous propose mérite d’être traité avec égards: il aura été ouvert de longues heures avant le début de la dégustation, il se présentera à vous dans sa robe jaune foncé et avec un dépôt visible. Il ne se révélera qu’au dégustateur patient. Il décontenancera.

Vignes de 50 ans sur sol calcaire. 100% vermentinu. Parcelle de moins de 3 hectares, à une altitude de 300 mètres. Rendements de +/- 20 hectolitres/hectare. Vendange manuelle. Levures indigènes. Elevage en cuves-béton (aucune utilisation du bois au Domaine). Très peu de soufre.

A boire dès maintenant et jusqu’en 2020. Servir à 10° sur volailles, poissons en sauce et certains fromages.

Suavia Bianco Veronese Massifitti 2010

Fittà
Fittà

Nous sommes en Vénétie, entre Vérone et Padoue. Appellation Soave. Aïe…pas vraiment synonyme de haute qualité: en effet, en 1968 et pour des raisons purement vénales, la zone d’appellation a été violemment étendue (+ 5.000 hectares) …dans la plaine. On y produit beaucoup de vins neutres et dispensables.

Revenons plutôt à la zone d’appellation historique, bien plus petite, dans un paysage de collines et bénéficiant de l’apport d’un sol d’origine volcanique. Cette zone porte le nom de Soave Classico: l’azienda agricola Suavia y produit des vins blancs secs à la personnalité bien marquée. Le cépage dominant est le garganega. L’appellation Soave Classico n’est d’ailleurs conférée qu’aux vins élaborés avec au moins 70% de ce cépage.fitta soave

Dans le nord de cette zone Classico, le hameau de Fittà. C’est ici que Suavia a décidé d’expérimenter en valorisant un vieux cépage qualitatif, le trebbiano di Soave (rien à voir avec le trebbiano « tout court », qui, comment dire, mérite son anonymat et son passage par la distillerie). Ce cépage, presqu’oublié parce que sensible aux maladies et difficile à cultiver, est pourtant particulièrement à même de révéler les caractéristiques du sol volcanique.

La cuvée Massifitti (3.000 bouteilles) est élaborée avec 100% de trebbiano di Soave, ce qui lui retire donc le droit à l’appellation: l’étiquette porte simplement Bianco Veronese.

Traduction littérale de Massifitti: « les Rochers de Fittà ».

massifittiLe nez du 2010 est élégant, avec de la poire et des agrumes. La bouche est concentrée, tendue, intense, avec des notes d’orange fumée. On pourrait se risquer à une comparaison avec un pinot gris parfaitement sec. Léger et dense !

Vendange manuelle, levures indigènes, élevage en cuves. Alcool: 12,5%.

Le flacon est original et esthétique, ce qui ne gâche rien.

A boire dès maintenant et jusqu’en 2018. Servir à 10° sur cuisine de la mer, poissons crus et fumés.

On passe aux vins rouges:

A Mano Puglia « negroamaro » 2011

Mark & Elvezia
Mark & Elvezia

A Mano n’est pas exactement la petite entreprise traditionnelle, perdue au fin fond des Pouilles, où les vignes sont transmises de génération en génération.

Le propriétaire est californien, son épouse est née dans le Frioul, ils se sont rencontrés en Sicile lorsqu’ils travaillaient tous les deux pour une grande entreprise viti-vinicole. 1998, un voyage d’agrément dans les Pouilles, la magie opère et …ils y créent leur Domaine !

To us substance is more important than appearance. This is our philosophy of life and work. Wine is about pleasure, but it must be an affordable pleasure. To make expensive wines is contrary to our way of thinking.

Per noi è importante che le cose abbiano una sostanza e non siano solo apparenza. Questa è la nostra filosofia di vita e di lavoro. Il vino è un piacere, ma lo deve essere per tutti.

C’est une philosophie qui me convient très bien. Autant je ne crois pas au « bon petit vin » à € 3,50 le flacon, autant je suis mal à l’aise avec les vins dits « prestigieux », c’est-à-dire (très) chers. Il y a des limites à la dictature de l’offre et la de demande (aaahhh…que la Solvay Business School me pardonne).

AMano 2Donc, A Mano produit bon an mal an un peu plus de 150.000 bouteilles de vins vinifiés de façon moderne, mais élaborés avec les cépages du cru: essentiellement le primitivo, mais aussi le fiano, l’aleatico et le negroamaro.

Cette cuvée provient d’un vignoble unique, dans la campagne de Salice Salentino, entre Brindisi et Lecce, en plein cœur du talon de la botte. Vignes d’une trentaine d’années.

Ce millésime 2011 est un concentré d’arômes de cerises mûres. Des épices et une petite note florale. La bouche est juteuse, joyeuse et festive. Et, non, ce n’est pas une bombe alcooleuse (13,5%). Magnifique rapport plaisir/prix.

A boire dès maintenant et jusqu’en 2017. Servir à 14° sur pâtes, pizze et cuisine méditerranéenne.

Fatalone (P. Petrera) Gioia del Colle Riserva 2006

fataloneJe me souviens très bien de mon sentiment mitigé à la lecture de l’étiquette: un vin avec 15% d’alcool, une appellation Gioia del Colle très peu médiatisée et la mention « riserva » qui se traduit régulièrement par « du bois et beaucoup d’extraction pour flatter le palais pas trop regardant ». Et pour ne rien arranger, des dorures…

Bravo les à-priori ! Ce ne serait mieux de goûter ??

…cela m’apprendra: le nez de ce Fatalone est épicé, avec des nuances de cuir et de résine de pin. La bouche est très (très) savoureuse, sans aucune sensation chaleureuse. De la prune et de la mûre. Le boisé est aromatiquement imperceptible. Un jus salivant, intense et original. Le vin est à maturité. Soufflé je suis !

Quelques explications: le vignoble, situé entre Bari et Tarente, est en altitude (365 mètres), il est cultivé en agriculture biologique, avec des rendements modérés de 40 hectolitres/hectare. Géologie très particulière: un sous-sol de roche calcaire coquillée (on y retrouve quantité de fossiles marins), surmonté par une fine couche de terre rouge.

Très peu de soufre et levures indigènes. Fermentation avec contrôle de la température.fatalone 2

Elevage d’un an en cuves inox et d’un an en « botti » de 750 litres. Et 5 années en bouteilles, avant commercialisation…voilà pourquoi il s’agit d’un millésime 2006.

Cela ne plaira sans doute pas à tout le monde. Mais personne ne pourra rester indifférent. Et les amateurs seront enthousiastes ! D’ailleurs, « Il Fatalone » c’est le bourreau des cœurs, un Don Juan…c’était en tous cas le surnom du patriarche de la famille, décédé à 98 ans, après avoir bien profité de Bacchus et de Vénus…

A boire dès maintenant et jusqu’en 2020. Servir à 16° sur viandes en sauce et plats riches en goût.

Lisini Rosso di Montalcino 2011

Azienda agraria Lisini
Azienda agraria Lisini

Brunello di Montalcino…quelle jolie musique ! Sans doute le vin le plus célèbre d’Italie, en la compagnie de son compère toscan le Vino Nobile di Montepulciano et du Barolo piémontais.

Des vins longuement élevés sous bois, ne s’exprimant qu’après de nombreuses années de garde en cave (ou, malheureusement, ne s’exprimant jamais, usés par un élevage excessif).

Depuis les années ’80, une version plus aimable du Brunello a fait son apparition: le Rosso di Montalcino. Bien sûr, ce petit frère peut servir à valoriser des vignes un peu jeunes ou des vignobles moins bien exposés. Il constitue aussi une source appréciable de « cash flow » pour les vignerons, vu que le Rosso peut être commercialisé un an après la vendange.

Mais il serait injuste de n’y voir qu’un ersatz. Le Rosso di Montalcino est aujourd’hui un vin à part entière. Comme le Brunello, il ne peut être produit qu’à partir du cépage sangiovese grosso, dans la même zone géographique, à 50 kilomètres au sud de Sienne.

Je reviens sur un incident assez récent qui a opposé les « modernistes » aux « traditionalistes », les premiers souhaitant permettre l’incorporation de cépages internationaux dans les vins, de façon à les assouplir et à les rendre ainsi plus faciles à boire…euh…à commercialiser. Le débat classique entre les vins de la demande (« ce que veut le marché ») et les vins de l’offre (« ce que le vigneron peut faire de mieux »).

Les tenants de la tradition s’y sont opposés et ont obtenu gain de cause. Mais pour combien de temps ?Lisini étiquette

En tous cas, le Rosso de Lisini est vinifié sans concession aux modes. Il provient d’un vignoble dédié de 1.5 ha, au sud de Montalcino.

Altitude de +/- 350 mètres. Sélection massale. Vendange manuelle. Elevage de 6 mois en « botti » de tailles diverses.

Le millésime 2011 est de couleur assez pâle. Le nez est profond, l’aromatique très pure, « à l’ancienne ». La bouche est ample et puissante.

A boire dès maintenant et jusqu’en 2017. Servir à 15° sur viandes rouges et plats à base de champignons des bois.

Firriato Sicilia Chiaramonte 2011

Vous allez être surpris: Firriato est une « grosse boîte » (320 hectares de vignes) qui regroupe plusieurs propriétés siciliennes tant à l’est de l’île, du côté du volcan Etna qu’à l’ouest, dans la campagne autour de la ville de Trapani.

ChiaramonteChiaramonte est le produit-phare de l’une de ces propriétés, Tenuta Dagala Borromeo: 35 hectares plantés en nero d’avola et en inzolia (pour l’élaboration d’un blanc).

Le nero d’avola est le cépage sicilien par excellence. Quant au nom de la cuvée, il fait référence à une famille médiévale qui a, entre autres, laissé le palais Chiaramonte à Palerme, un bâtiment du XIVe siècle.

Le millésime 2011 ? De la couleur et du fruité, une touche de boisé, du poivre et de la cerise, de jolis tannins veloutés, une pleine louche de sensualité et une finale bien nette, assez serrée.Firriato logo

Vignoble en altitude d’exposition sud/sud-ouest, vendange manuelle, fermentation en cuves inox thermorégulées. Un vin avec de la personnalité à revendre.

A boire dès maintenant et jusqu’en 2016. Servir à 16° sur viande d’agneau, osso bucco, certains fromages à pâte dure.

Corte Alta Valpolicella Classico Vigna San Zeno 2012

Valpolicella…sacrés contrastes…dans mes souvenirs de jeune homme, c’est le bas de gamme, comme le bardolino, le vin de la pizzeria qui ne se préoccupe pas trop du liquide.

corte-alta-vigna-san-zenoDans mes souvenirs de dégustateur, c’est l’Amarone della Valpolicella, un vin très puissant, aux arômes marqués par la résine de pin, élaboré avec des raisins séchés. Les meilleurs font partie des stars du vignoble italien. Prix en conséquence.

Corte Alta propose ici la « troisième voie » sous la forme d’un 2012 à l’équilibre « italianissime ». De bons petits tannins mûrs, de la fraîcheur et un alcool bien maîtrisé (12,5%). De la cerise à revendre, quelque chose de simple et de net, sans simplisme. Une chouette petite longueur en bouche. Ce n’est pas le vin destiné à alimenter un long débat, mais qu’est ce que cela coule joliment !

C’est un Classico, ce qui signifie que les vignes sont plantées dans la zone historique du Valpolicella, la plus qualitative. A 10 kilomètres à l’est du Lac de Garde, au nord de Vérone.

La Vigna San Zeno se situe à une altitude de plus de 500 mètres, à Cavalo di Fumane. Le vin y gagne de la fraîcheur, de la tension et de la précision.

Il est de tradition à Valpolicella d’assembler trois cépages: le très réputé corvina, le rondinella et le molinara (aïe !). Pour bénéficier de l’appellation Valpolicella, il est interdit d’utiliser plus de 70% de corvina. Je sais, cela paraît pour le moins bizarre…les voies de l’administration sont décidément impénétrables.

Le chai à Cavalo di Fumane
Le chai à Cavalo di Fumane

Les règlements en vigueur permettent à un assemblage de 40% de corvina, 35% de rondinella et 25% de molinara de s’appeler Valpolicella, mais le résultat risque de s’avérer peu excitant. Corte Alta utilise 65% de corvina et presque pas de molinara.

La vendange est manuelle, l’élevage se fait exclusivement en cuves inox.

A boire dès maintenant et jusqu’en 2017. Servir à 15° sur une très large gamme de plats, y compris le poisson et la tomate.

Casa Emma Chianti Classico 2011

Je bégaye. Me revoilà pour la troisième fois avec mon histoire « Classico ». Dans le Chianti comme ailleurs, ce terme désigne la zone historique de l’appellation. Dans le Chianti comme ailleurs, il n’a pas été possible de résister à la tentation d’agrandir la zone d’appellation proportionnellement au succès commercial.

Autrement dit, on trouve le terme Chianti sur beaucoup de bouteilles produites en Toscane. Jusqu’à Pise et Arezzo. Sur une superficie totale plus vaste que le Bordelais.

Pourtant, les visionnaires qui ont délimité au début du 18ème siècle la zone géographique capable de produire des vins de grande qualité n’ont retenu que les terres autour des villages de Radda, Gaiole, Castellina et Greve. La zone « Classico » actuelle est à peine plus grande. Au travers des siècles, pas grand-chose n’a changé…

CoqNoirBonne nouvelle: il y a un truc pour reconnaître facilement un Chianti Classico: le gallo nero, ce coq noir qui figure systématiquement sur la capsule des bouteilles.

La présence du gallo nero ne doit pas museler notre esprit critique et son absence ne doit pas être considéré comme une tare.

Casa Emma se situe entre Castellina, Greve et Barberina Val d’Elsa.

Casa Emma
Casa Emma

C’est un Domaine de 22 hectares, perché à 450 mètres d’altitude. Ce Chianti Classico 2011 est 90% sangiovese, complété par du canaiolo et de la malvasia nera. Il passe 12 mois en barriques de 500 litres.

A boire dès maintenant et jusqu’en 2018. Servir à 16° sur viandes grillées et gibier.

Luciano Sandrone Barbera d’Alba 2011

Luciano et sa fille Barbara
Luciano et sa fille Barbara

Luciano Sandrone n’est pas le fils d’une grande famille de Barolo. Il n’a pas repris les vignes de ses parents. Il a commencé en 1978, avec un demi-hectare de vignes et une cave de vinification au rez-de-chaussée de sa maison.

Aujourd’hui, il possède 27 hectares, essentiellement plantés en nebbiolo. Et il est considéré comme un des très grands vignerons italiens.

Sandrone produit cinq cuvées: les Barolo « Le Vigne » (assemblage de différentes parcelles) et « Cannubi Boschis » (cru exceptionnel), un nebbiolo d’Alba, un dolcetto et une barbera d’Alba.

Cette barbera est également un assemblage de trois parcelles: Merli, Rocche di San Nicola, Cascina Pe Mol. Sandrone barbera

Le style du vin est « moderne », avec un passage en tonneaux de 500 litres, dont 50% neufs. Un grand séducteur sensuel.

A boire dès 2015 et jusqu’en 2019. Servir à 16° sur plats d’inspiration méditerranéenne.

Glögglhof (F. Gojer) Alto Adige St. Magdelener Rondell 2012

Trentino-AA-mapSi, si, nous sommes toujours en Italie. Même si je dois bien reconnaître que cela ressemble à un vin « pirate » ! Le Haut-Adige, c’est la province qui fait frontière avec l’Autriche. Alto Adige en italien et Südtirol en allemand. Les Dolomites, le col du Brenner.

Les regards se tournent plus volontiers vers Innsbruck que vers Rome. Les cépages rouges ont l’accent germanique: vernatsch et lagrein. Mais le climat est plutôt méridional, Bolzano faisant souvent partie des villes les plus chaudes d’Italie, du moins pendant l’été.

La zone de St. Magdelener, dans les collines à l’est de Bolzano, bénéficie depuis très longtemps d’une notoriété particulière pour ses vins issus du cépage vernatsch. En 1941, un classement établi par le gouvernement italien indiquait que Barolo, Barbaresco et St. Magdelener étaient les vins les plus réputés d’Italie… C’est aujourd’hui une dénomination particulière au sein de l’appellation Alto Adige.

Florian Gojer
Florian Gojer

Franz Gojer et son fils Florian élaborent des vins blancs à base de sauvignon, de pinot blanc et de kerner, mais sont avant tout spécialistes des vins rouges. Le St. Magdelener Rondell est la cuvée emblématique du Domaine: 93% vernatsch et 7% lagrein, en provenance des vieilles vignes de la parcelle…Rondell.

Attention à ne pas se laisser déstabiliser par la couleur très claire de ce vin: il s’agit plutôt d’une infusion que d’une extraction. On pourrait penser aux rouges jurassiens. Une main de fer dans une robe de velours.

Ce 2012 va surprendre et intriguer: le nez joue en discrétion élégante, la bouche est dense, avec de bons petits tannins. Des notes de fruits rouges et d’amande. Il y a une forme d’austérité qui pourrait évoquer certains cabernets francs de Loire. Forte personnalité « septentrionale ».

Vignes en « pergola ». Fermentation en cuve inox, élevage en foudres.

A boire dès maintenant et jusqu’en 2018. Servir à 14° sur volailles et viandes blanches.

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Il est possible de commander ces vins dès à présent via le tarif & bon de commande. Ils sont en dégustation le samedi 25 janvier, entre 10 et 18 heures.

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Millésime Bio à Montpellier

Montpellier Bio 2014Je me rends cette année au salon « Millésime Bio » qui se déroule fin janvier à Montpellier.

Une occasion de revoir plusieurs vignerons dont j’ai déjà importé les vins (Le Jonc-Blanc, Nadia Lusseau, La Chevalerie, L’Ecu, les Huards, La Colombière, Lavernette, Paul-Henri Thillardon, Tripoz, …).

Une occasion aussi de découvrir de nouveaux vignerons: comme ils sont près de 800 (sic) à participer au salon, je devrai être sélectif.

Ce sera sans doute priorité au sud: Languedoc, Sud-Ouest, Italie, …

Domaine d’Aupilhac, Mas de l’Ecriture, Domaine Le Conte des Floris, Château Lascaux, Domaine Alain Chabanon …voici déjà quelques pistes languedociennes !

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« In Vino Veritas » offert !

IVV163A l’invitation de l’éditeur du magazine In Vino Veritas (« probably the most modest wine magazine in Belgium »), je partage volontiers le numéro de décembre 2013.

IVV a au moins trois mérites: exister (c’est le 163ème numéro qui paraît aujourd’hui), ne pas se prendre au sérieux et informer …sérieusement.

Bonne lecture !

In Vino Veritas 163 (FR)

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Je vous souhaite une excellente année 2014 !!

Cliquer pour voir: Voeux

Les photos en « une » ont été prises à Vélines (Bergerac – Sud Ouest), en contre-bas du Château Jonc-Blanc et à Romanèche-Thorins (Moulin-à-Vent – Beaujolais), à quelques centaines de mètres du Domaine Paul & Eric Janin.

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Horaires

Anthocyane vous accueille toute la semaine du 09 au 14 décembre:

  • lundi: de 16h à 19h30
  • mardi, de 16h à 19h30
  • mercredi, de 16h à 19h30
  • jeudi, fermé
  • vendredi, de 16h à 19h30
  • samedi, de 15h à 18h.
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Panel de dégustation: jeudi 19 décembre

blind-testLors de ma première visite au Domaine des Huards en septembre 2012, j’apprécie beaucoup un Cour-Cheverny demi-sec. Je ramène l’un ou l’autre flacon en Belgique, en me disant néanmoins que c’est peine perdue: appellation peu connue, cépage inconnu et surtout profil demi-sec. Je ne le mets pas au tarif.

Pendant la dégustation, je craque et le fais goûter, malgré mes doutes. (…) Tout le monde trouve le vin particulièrement bon. Je vends finalement mieux cette cuvée que les vins mis au tarif.

Conclusion: mon intuition commerciale est ce qu’elle est. Faillible et biaisée par mes préjugés inconscients.

Je ramène régulièrement des vins que j’apprécie beaucoup mais dont je suppose qu’ils sont trop différents, trop méconnus, trop exotiques ou trop mal fagotés (« qu’elle est moche, cette étiquette ! »).

Seulement voilà, si je me suis trompé pour le Cour-Cheverny demi-sec, il se pourrait bien que…

Pour m’aider à faire la part des choses, je constitue un panel de dégustation.

Comment ça marche ? Très simplement : des flacons arrivent masqués sur la table, nous goûtons ensemble, vous me donnez votre avis et vous estimez quel pourrait être le prix de vente de la bouteille.

Après, on fait tomber les masques !

Cela se passe le jeudi 19 décembre. De 20 à 23 heures. Chez moi.

Aucune expertise n’est requise: novices curieux bienvenus ! Dames bienvenues ! Couples bienvenus ! Ambiance détendue.

Bien sûr, c’est gratuit. Bien sûr, il y a un p’tit truc à grignoter.

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€ 35, c’est cher ?

Jean Faure€ 35 pour une bouteille de vin, est-ce que c’est cher ? Ma réponse est clairement oui. On atteint les limites de la rationalité.

Ce bref propos liminaire pour contextualiser ce que je lis aujourd’hui dans un article de la Revue du Vin de France. Cela concerne le prix des St-Emilion « prestigieux » du millésime 2010. Accrochez-vous:

  • Château Ausone: € 1.300
  • Château Pavie: € 325
  • Château Le Tertre Roteboeuf: € 280
  • Château La Mondotte: € 320
  • Château Cheval Blanc: € 1.150
  • …Château Troplong-Mondot: € 160

Il y a 20 ans, en août 1993, j’ai eu l’occasion d’acheter quelques bouteilles de Château Troplong-Mondot du millésime 1990. C’était assez cher, puisque cela coûtait 520…francs belges. Soit € 13. Gloups.

Pourquoi Cheval-Blanc se vend-il à ce prix stratosphérique ? La réponse est d’une simplicité confondante, cela s’appelle l’offre et la demande.

La propriété produit bon an mal an 150.000 bouteilles. Dont une partie est « déclassée » vers un second vin (Le Petit Cheval). Ça, c’est l’offre et il n’y a pas grand-chose à faire pour la faire croître.

Jean Faure se situe entre Cheval-Blanc et Figeac
Jean Faure se situe entre Cheval-Blanc et Figeac

Selon le magazine Forbes, notre planète héberge aujourd’hui 1.426 milliardaires. C’est 200 de plus que l’année passée. Ça, c’est la demande et il n’y a pas grand-chose à faire pour la faire diminuer.

Cela dit, je suppose que Cheval-Blanc, c’est très bon. Très bon, au même titre que quelques centaines d’autres vins qui ne bénéficient pas de la même médiatisation. Par exemple, le Château Jean Faure. 18 hectares de cabernet franc (majoritaire), de merlot et de malbec. A un jet de pierre des vignes de Cheval-Blanc. De fait, les vignobles sont quasiment contigus.

Château Jean Faure a connu une existence troublée: très bien considéré au XIXe siècle, faisant partie de l’élite des St-Emilion lors de leur premier classement en 1958 (« St Emilion Grand Cru Classé »), il s’endort ensuite sur ses lauriers. En raison d’une gestion malhabile et inconséquente, il se fait rétrograder en 1985 (« St-Emilion Grand Cru »).

Olivier DecelleLes choses ne s’arrangeront qu’à partir de la vente du château à Olivier Decelle, un homme d’affaires qui, après avoir racheté le Mas Amiel en Roussillon, acquiert Jean Faure en 2004. Beaucoup de travail pour remettre le vignoble et les vinifications en ordre. Le millésime 2009 séduit beaucoup de dégustateurs et de journalistes. 2010 itou.

La consécration tombe l’année passée: Château Jean Faure rejoint à nouveau le club plutôt fermé des « St-Emilion Grand Cru Classé ». Heureusement, cela ne se sait pas encore. La médiatisation n’a pas encore transformé Jean Faure en vin virtuel, exclusivement destiné aux gros portefeuilles.

€ 35 pour une bouteille de vin, est-ce que c’est cher ? Ma réponse est encore oui. Mais dans le contexte bordelais tel qu’il est aujourd’hui, il me semble qu’il s’agit d’une très bonne affaire. Cela n’engage évidemment que moi, mais il ne faudra pas longtemps pour que la barre des € 100 soit franchie. A bon entendeur…

Cela peut se boire dès maintenant et se conserver au moins 10 ans. Disponible à partir du 06 décembre.

Château Jean Faure, St-Emilion Grand Cru, 2010, € 35.

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L’OVNI de fin novembre

Don Quichotte et Folle Noire d’Ambat. Le Classique et La Saignée. On connaît. Mais, au Domaine Le Roc, les frères Ribes ne se reposent pas sur leurs vignes.

Voici venir l’OVNI de fin novembre (…ô la jolie allitération en v…), le Roc’Ambulle, un magnum capsulé de Vin de France « turbullent », 50% mauzac et 50% négrette. Comparable au Pet’ Nat’ de Loire ou du Beaujolais. Vin sec et légèrement rosé.

Alors, non, mille fois non, ce n’est pas du Champagne ! Mais, comme me l’écrit Frédo: « très simple, très fruit, très vite vide (le magnum)« .

Les raisins, en pressurage direct, sont mis en cuve sans sulfite, puis légèrement débourbés. La mise en fermentation est naturelle. Avant la fin de la fermentation, lorsqu’il reste environ 20 à 30 gr. de sucre, le vin est refroidi  à 3°, légèrement filtré pour calmer l’action des levures et récupérer un moût en fermentation le plus limpide possible. Il s’agit d’une méthode ancestrale, rurale et la plus naturelle possible. C’est le vin de faible degré (9%), idéal pour l’apéritif ou le dessert.

Cela vaut € 23,90 pour un litre et demi de fête. Et glou, et glou, et glou….

Je me suis laissé dire que cet OVNI peut même vieillir en cave. Mais, à vrai dire, est-ce bien raisonnable ?

C’est au tarif depuis quelques minutes. En dégustation le 07 décembre (s’il m’en reste).

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1er anniversaire !

Ma première offre, c’était le mardi 13 novembre 2012. Que voilà un joli prétexte à fête !

Durant l’année écoulée, j’ai rendu visite à 35 vignerons différents. A chacune de ces visites, j’ai emmené quelques flacons à des fins de dégustations diverses et variées. La plupart ont été tire-bouchonnés, d’autres n’ont pas subi ce sort cruel…

Bonne nouvelle, ces bouteilles-là sont à présent disponibles, à prix spécial. En langage habituel, cela s’appelle une promotion.

Pour moi, il s’agit de faire de la place et de générer un peu de trésorerie, toujours bienvenue. Pour vous, c’est l’occasion de découvrir de nouveaux domaines et de nouvelles cuvées.

Attention, la plupart de ces bouteilles sont disponibles en quantités très limitées (3 bouteilles voire moins). Les commandes seront honorées dans l’ordre chronologique. Quand il n’y en a plus, il n’y en a plus.

Au programme: Plageoles (Sud-Ouest), Etienne Loew (Alsace), de Villaine (Bourgogne Côte Chalonnaise), Berthet-Bondet (Jura), Michel Guignier (Beaujolais), Bonnet-Huteau (Loire), Lassolle (Sud-Ouest). Mise à jour 11 novembre: les vins de Bonnet-Huteau, Etienne Loew, de Villaine et Berthet-Bondet sont quasiment épuisés.

Sur le tarif & bon de commande, ces vins ont été regroupés en bas de page, sous la rubrique « 1er anniversaire » (…ben tiens…).

Ces vins sont disponibles dès à présent, par exemple pour un enlèvement le samedi 16 novembre, jour de dégustation.

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50

lisez "encore"...
lisez « encore »…

A l’occasion d’un anniversaire en forme de demi-siècle, j’ai invité une joyeuse bande à partager quelques flacons et victuailles.

Ulysse Collin à Congy, Champagne Extra Brut blanc de blancs (12,5%)

Saint-Jacques poêlées, crème de carottes à l’orange et au gingembre 

Egon Müller à Wiltingen (Saar), riesling Scharzhof 2004 (9%)

André Kientzler à Ribeauvillé, riesling GC Geisberg 1999 (13%)

Filet pur de porc, fricassée de champignons

Jean-François Ganevat à Rotalier, Côtes du Jura, Cuvée de l’Enfant Terrible 2008 (11,5%)

Vincent Pinard à Bué, Sancerre, Charlouise 2002 (13%)

Tagliata

Château Troplong-Mondot, Saint Emilion GCC 1990 (13,5%)

Cims de Porrera Classic, Priorat 1998 (14,9%)

Tarte aux poires

Philippe Foreau, Vouvray moëlleux 1995 (13%)

‘Sachertorte’

Cossart Gordon, Madeira Bual 1963 (19,5%)

en extra: Montbourgeau, L’Etoile, savagnin 2008 (13%).

Je possède d’autres photographies que celles qui figurent ci-dessous. Prises plus tard, en fin de soirée. Au moment où le marchand de sable…

Mais nous fûmes et restâmes dignes !

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La Nature est bonne fille

Je reçois aujourd’hui la nouvelle carte d’un restaurant bruxellois ‘bistronomique’, au demeurant tout-à-fait sympathique. En tous cas, le repas que j’y ai pris au printemps m’a beaucoup plu.

La carte des vins est originale, certes un peu bric-à-brac, mais attirante pour l’œil, le nez et la bouche de l’oenophile de passage. On peut par exemple y piocher l’un ou l’autre flacon en provenance du Domaine de l’Ecu et du Domaine Frédéric Mabileau. Ne comptez pas sur moi pour en dire du mal, je les importe.

Bon, j’en viens à mon sujet, à savoir un paragraphe introductif à la carte des vins, dont je pense qu’il mérite débat.

Vin Nature
Détrompez-vous : le vin nature n’est pas un effet de dernière tendance marketing, c’est une double vocation : une philosophie au service d’une technique de vinification. Plus puriste encore que les labels bios, le vin naturel est constitué de raisin bio vinifié proprement, question de goût. Car les vins naturels sont non seulement des vins qui permettent au cépage de s’exprimer (ce qui est rarement le cas avec les vins conventionnels, qui sont l’objet de plein de corrections), mais aussi des vins typés, racés, originaux, expressifs, fruités. Des vins d’une incroyable variété, mais facilement identifiables tant ils sont différents. Argument préférentiel supplémentaire, s’il en fallait encore : tout comme pour le vin bio, les sols et les vignes sont traités de manière durable, par les bons soins d’artisans intègres et vaillants.

Voilà, c’est reparti pour un tour. D’abord, y-a-t’il quelqu’un dans la salle pour me faire connaître une définition solide de ce qu’est un « vin nature » ? Oups, d’un « vin naturel »…enfin, bon, je suppose que tout ça est kif-kif. La confusion commence, nous allons souffrir (jeu de mots facile).

Affirmer que le vin naturel, c’est du raisin bio vinifié proprement me semble un peu elliptique, voire insidieusement trompeur. Comme si les vins qui ne revendiquent pas leur « naturalité » étaient vinifiés…salement. Disons que les mots de l’auteur ont court-circuité sa pensée.

Les vins naturels permettent au cépage de s’exprimer: là, autant l’avouer, je suis comme qui dirait mort de rire. A force de ratisser large, on finit par se mélanger les pinceaux. N’importe quel sauvignon industriel va exprimer le cépage, il n’exprimera même que ça ! C’est trivial d’exprimer le cépage, c’est l’antithèse d’une démarche qui intègre cépage, géologie, micro-climat et talent pour élaborer un produit unique.

Le paragraphe suivant est, à mon sens, un chef-d’oeuvre de logique surréaliste: si vous vous en sortez entre la variété, l’identifiabilité (pardon) et la différence, faites-moi signe. Moi, je renonce.

Conclusion de votre serviteur: on n’est pas sorti de l’auberge. Heureusement que la Nature est bonne fille. Il me semble qu’à force de mélanger demi-vérités, approximations et romantisme pseudo-écologique, on finira par noyer la volonté sincère des vignerons qui se battent pour élaborer un vin avec le moins de saloperies en -cides possible. Un vin honnête, respectueux des hommes et de notre petite planète.

 

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Truite fumée et Muscadet

24 septembre 2013: les grappes sont prêtes !
24 septembre 2013: les grappes sont prêtes au Domaine P. Luneau-Papin !

Parfois, on passe un long moment à concocter un accord entre tel plat et tel vin. A évaluer si la subtilité du vin se marierait harmonieusement aux épices du plat. On hésite et on cherche. On ne trouve pas toujours: le dialogue peut se résumer à une conversation entre deux personnes qui ne se connaissent pas: polie, sympathique, mais un peu distante, voire convenue. Le vin est bon, le plat est bon, mais la magie reste absente.

Parfois, on rentre tard à la maison. Fatigués, sans trop d’inspiration. On a faim, mais on ne se voit pas mitonner. Catherine sort quelques dos de truite fumée du réfrigérateur. Un citron, du persil plat. De la ricotta. Les pâtes cuisent déjà. Il est temps d’aller quérir la bouteille idoine.

La première qui me tombe sous les yeux est un Muscadet. Je ne réfléchis pas trop, ce sera celle-là !

Eh bien, la magie est au rendez-vous. Le vin rend le plat meilleur. Le plat rend le vin meilleur. Ils se parlent comme deux amis de longue date. La fraîcheur du Muscadet tranche sur le gras du poisson , les notes fumées de la truite rebondissent sur les notes salines du vin, le citron joue admirablement le rôle de la passerelle.

Bon, ce n’était pas n’importe quel Muscadet: Excelsior « schistes de Goulaine » 2007 de Pierre Luneau-Papin. Décidément un grand vin ! Et un excellent moment à table !

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Vient de paraître

Le Rouge & Le Blanc
Le Rouge & Le Blanc

Très bel article consacré aux vins de Gilles Bonnefoy.

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Cotnari, au pays du sceptre d’Ottokar

A l’occasion d’une dégustation organisée par un grand amateur, j’ai eu l’occasion de goûter récemment des blancs roumains et en particulier des vins issus de l’appellation Cotnari, élaborés avec le cépage grasa: le 2009 m’a semblé sans grand intérêt (et c’est un euphémisme), le 1979 m’a impressionné.

Le grand écart dans toute sa splendeur. De quoi piquer la curiosité.

Cotnari, c’est le nord-est de la Roumanie, plus précisément la Moldavie. La Moldavie historique est actuellement partagée entre l’Ukraine, la république de Moldavie et la province roumaine de Moldavie. C’est cette dernière qui nous occupe (zone rose sur la carte ci-contre).Romania-administrativa

« Le grasa est un cépage typiquement roumain, probablement parent du furmint hongrois. C’est l’un des quatre cépages de Cotnari, à côté de la feteasca alba, de la francusa et de la tamaioasa. On peut faire du vin de Cotnari avec chacun de ces cépages individuellement ou en les assemblant. La francusa donne des vins en principe secs. Les trois autres donnent plutôt des vins demi-doux ou doux. Les bouteilles avec la mention grasa de Cotnari devraient ne contenir que du grasa. En principe, le grasa de Cotnari est un vin doux, mais dont le degré de douceur est très variable selon les cuvées, les années et les producteurs. Il s’agit d’un raisin qui a une certaine capacité à accumuler beaucoup de sucre en surmaturité, donc à devenir gras… d’autant plus que son acidité est peu marquée.

Le vignoble, situé à une cinquantaine de km au nord-ouest de la grande ville de Iasi, s’étend sur une quarantaine de km entre Târgu Frumos et Hârlau. La région n’est pas atteinte chaque année par le botrytis, probablement deux à quatre fois par décennie et même dans ces années, les raisins atteints de pourriture noble ne sont de manière générale guère triés… On produit néanmoins du grasa de Cotnari chaque année. Il n’est donc le plus souvent que passerillé et encore pas toujours longuement.

La région est dominée économiquement par les deux entreprises héritières de la période communiste, SC Cotnari et Vinia Iasi SA. La première est issue de l’ancien combinat de Cotnari. La seconde vinifie et commercialise du vin issu de toute la Moldavie. Un troisième acteur semble faire lentement son apparition dans la région, Vinarte. 

SC Cotnari et Vinia Iasi SA sont de grandes entreprises qui vinifient et commercialisent des masses de vins de qualité très variable. La qualité moyenne du Cotnari produit par ces deux mastodontes est plutôt faible. Certaines cuvées sortent parfois du lot. J’ai goûté des anciens millésimes parfois remarquables, parfois exécrables.

L’embouteillage était jusqu’ici assez aléatoire: bouteilles bon marché, bouchons très courts. En outre, le goût roumain est assez porté sur un style un peu oxydatif… Les conditions d’embouteillage se sont améliorées au cours des dix dernières années. Le niveau de qualité reste, à mon avis, plutôt bas. Le Cotnari se vend bien au nord de l’Europe, en Russie et en Ukraine, à destination d’un public qui n’est pas toujours très exigeant, pourvu qu’il y ait du sucre…

Quelques petits propriétaires vignerons font des quantités confidentielles de vins, mais dans des conditions très artisanales. La qualité s’y améliore lentement. Ces vins ne se trouvent bien évidemment pas en dehors de la région. » (Cornalin, LPV, printemps 2008).

Parenthèse tintinophilique, la Syldavie du Sceptre d’Ottokar est une combinaison créative de TranSYLvanie et de MolDAVIE.

Le Cotnari Grasa 1979 offre un nez complexe, avec des touches florales et pâtissières. La bouche est dense, fortement aromatique (herbes amères, calvados) et bien structurée, grâce à un équilibre sucre/acidité de haut vol. C’est très original, passablement déstabilisant et pourtant compatible avec nos repères franco-français.

Le Cotnari Grasa 2009 est très différent du précédent. 30 ans les séparent, mais il me semble que ce 2009 aura beaucoup de mal à rejoindre le niveau du 1979. Aujourd’hui, la robe est pâle, le nez discret et la bouche acidulée, un peu artificielle, enrobée par un sucre bizarroïde. Aurait-on essayé de « fabriquer » le vin dans le chai ?

Voilà pour ce petit moment moldave…

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Joie, félicité et béatitude !

La grande distribution est décidément pleine de ressources ! Un Médoc en 3+3 gratis. Joie, félicité et béatitude !

Puisque c’est du Médoc, c’est forcément bon. Et c’est « sélectionné par un expert » ! Précipitons-nous pour ne point rater l’immanquable !

Regrettons au passage l’absence d’une grande médaille d’or au concours agricole interdépartemental de Clafoutis-les-Oies.

Est-ce que cette promotion est une bonne idée ? Qui est finalement gagnant ?

Est-ce que quelqu’un se demande ce qu’il y a dans cette bouteille ? 

Et dans quelle gargote on pourrait la retrouver demain sur table à € 29,95 ? C’est un Médoc, tout de même…