Voyage d’étude: passer en douceur des paysages élégants du Mâconnais, sous le regard attentif des deux Roches, la Solutré et la Vergisson, à la campagne plus rude du nord du Beaujolais.
C’est le calcaire qui s’achève, qui passe le témoin au granite et à la pierre bleue. Les chemins sont plus étroits, le décor plus rustique, la météo plus fraîche. Moins d’humains, plus d’animaux.
Goûter à Lantignié au Domaine Frédéric Berne avec Antoine Duplan, goûter à Leynes, au Clos Sauvage, ferme paysanne, chez Sophie & David Devynck: on s’immerge en France profonde, sans chichis ni formalités.

Entre les visites chez les vignerons, une pause déjeuner à Beaujeu, place de la Liberté, pour une mangeaille populaire et sympathique, arrosée comme il se doit.
Admiration pour ces vignerons qui luttent contre la grêle et le gel, contre les banques et les assurances, contre les bizarreries administratives et la SAFER, contre l’absence de notoriété. En 2024, on n’a pas pris de vacances parce que le vignoble nécessitait une attention de tous les instants. On s’installe et on commence par arracher 75% des vignes parce qu’elles ont trop souffert. Il faut détruire avant de reconstruire.

Comment fait-on pour élever en même temps trois petites filles, quelques vaches Highland et une dizaine de cuvées, en gamay et en chardonnay ? Comment combiner cela avec la création de quelques chambres B&B/œnotourisme ? Comment organiser le temps quand le tracteur doit circuler entre une dizaine de parcelles à Leynes, à Saint-Amour et jusqu’à Saint-Véran(d) ?
Comment fédérer les vignerons de Lantignié pour préparer le dossier à l’INAO: Lantignié, onzième cru du Beaujolais ? Les granites roses à l’est, la pierre bleue à l’ouest, une belle aventure géologique. Comment valoriser le travail lorsque l’appellation Beaujolais-Lantignié peine à trouver sa place, malgré une histoire de plus de mille ans ?
On fait décidément du très bon Beaujolais, à Lantignié comme à Leynes et on y est très bien accueilli ! A la vôtre !
PS: rien à voir, mais … je lis à l’instant que les Etats-Unis représentent 31% de la valeur exportée par la région (la Belgique en cinquième position avec 6%). Un souci de plus pour les vignerons du Beaujolais.















