Grâce à un généreux partenaire du Salon, dont la modestie serait mise à mal par la révélation de ses titre et qualité, je dispose d’une dizaine de tickets pour accéder gratuitement au Salon de la RVF.
Bruxelles – Tour & Taxis – Hôtel de la Poste
Samedi 22 novembre: de 10 à 19 heures
Dimanche 23 novembre: de 10 à 18 heures
Une occasion pour goûter les vins de Jacquesson (Champagne), de Charles Joguet (Chinon), d’Alphonse Mellot (Sancerre), de Georges Vernay (Condrieu), de Marcel Richaud (Cairanne), du Domaine Combier (Crozes-Hermitage), de Marcel Deiss (Alsace), etc…
Il suffit de passer chercher vos tickets samedi, juste avant d’aller au salon.
Retournez la bouteille. Rien à lire ? Alors le nom du Domaine, l’appellation et le millésime doivent vous suffire. D’une certaine façon, l’on rend ainsi hommage à votre culture du vin, à votre mémoire …et/ou à votre imagination.
De mauvais esprits diront que, plus prosaïquement, il s’agit de faire l’économie d’un peu de papier et que le consommateur n’a de toute façon pas de temps à perdre en lecture plus ou moins pertinente.
A propos, quand elle existe, la contre-étiquette est-elle pertinente, utile ou au moins sympathique ?
Chers amis vignerons, épargnez-nous les contre-étiquettes ‘attrape-nigaud’ qui se contentent d’énumérer une très longue série de plats qui mettent votre vin en valeur, ne nous infligez pas une copie purement administrative des informations qui figurent déjà sur l’étiquette et méfiez-vous des envolées poético-cryptiques.
Faites de la contre-étiquette un condensé de qui vous êtes et de ce que vous souhaitez nous transmettre. Offrez-nous un contenu.
La Calera Wine Company (Californie) a en tous cas résolu l’équation à sa façon. On apprécie ou pas. Mais c’est du lourd, du quasi jamais vu, une encyclopédie œnologique sur 80 cm² de papier. Allons-y:
2010 de Villiers Vineyard Mt. Harlan Pinot Noir
The wine in this bottle is exclusively from Pinot Noir grapes sustainably grown in Calera’s 15,6 acre de Villiers Vineyard in 2010.
Produced and bottled by Calera Wine Company, Hollister, California, TEL: (831)637-9170, http://www.calerawine.com
American Viticultural Area (AVA): Mt. Harlan
Mountain Range: Gavilan Mountains
County: San Benito
Region: California’s Central Coast
Predominant geology: Limestone
Average Elevation: 2.200 feet about sea level
Vineyard location: 9 miles south of Hollister, 90 miles south of San Francisco, 25 miles east (inland) of Monterey/Carmel
Owned by: Calera Wine Company
Number of vines: 18.030 (100% Pinot Noir)
Vine spacing: 7.5′ * 4.5′
Vines per acre: 1.329
Exposure of slope; East
Year planted: 1997
Rootstock: 5C, 110R, 140R, 1103P
10-year average crop yield (2001 through 2010): 0.96 ton per acre (14,5 hectoliters of wine per hectare of vineyard)
2010 de Villiers Vineyard Harvest Data:
Dates of Harvest: September 27 – October 20
Tons harvested: 31,02
Tons per acre: 1,99
2010 de Villiers Vineyard Winemaking Data:
Fermentation: native yeasts
Barrel Aging: 16 months in 60-gallon French oak barrels (30% new)
Government Warning: (1) According to the Surgeon General, women should not drink alcoholic beverages during pregnancy because of the risk of birth defects. (2) Consumption of alcoholic beverages impairs your ability to drive a car or operarte machinery, and may cause health problems.
Contains sulfites.
Cher lecteur, bravo pour la persévérance ! Une petite carte géographique complète (sic) l’information.
Sous une loupe européenne, étonnant que la mention du degré alcoolique n’apparaisse qu’en caractères minuscules, peu lisibles. La géologie, composante majeure du terroir à la française, est décrite en un seul mot. Vin biologique ? Aucune idée, si ce n’est via le terme sustainably (le site Internet est plus explicite: All of our Mt Harlan vineyards are farmed organically & certified). Pas le moindre pictogramme. Bref, une autre communication.
NB: le vin est absolument délicieux, d’une grande finesse, d’une extraction très bien maîtrisée. Tannins soyeux. De la haute couture. Hugh Johnson attribue 4 * à ce Domaine, le sommet de la hiérarchie. 2010 était une année fraîche en Californie…thanks God !
J’ai donc résisté longtemps à facebook. Puis, j’ai fait une première tentative, au printemps, d’une discrétion discrètement discrète.
Cette fois-ci, c’est du sérieux. D’autant plus que le magasin en-ligne est également accessible depuis la page d’Anthocyane.
Anthocyane souhaite se faire connaître. Ô révélation d’une incommensurable profondeur. Je me dis qu’une page facebook peut y contribuer, surtout si vous vous en faites l’écho.
L’objectif est de vous proposer les vins commercialisés par Anthocyane d’une façon plus claire, plus complète, plus esthétique et plus intuitive. Sacré programme.
Promenez-vous dans les rayons, déposez des vins dans votre petit panier, vérifiez votre addition …et commandez en quelques clics.
Je réponds ici à quelques questions pratiques. Si vous souhaitez me faire part d’une remarque ou d’une suggestion, utilisez de préférence ce formulaire.
Les changements ne s’arrêtent pas là:
newsletter hebdomadaire: Anthocyane-Info fait peau neuve, si vous ne la recevez pas ce jeudi 06 août, …c’est le moment de s’inscrire !
C’est à la fois LA question pertinente et celle à laquelle je n’ai pas de réponse toute faite.
Dans notre culture belgo-romane, le vin se boit à table. C’est moins le cas en Allemagne, où le vin est un apéritif, un dessert, voire une boisson dégustée pour elle-même. Avec le repas, c’est plutôt la bière.
Donc, accord mets & vins. Allons-y.
Il existe quelques aliments incompatibles avec le vin, n’importe quel vin. L’acidité du vinaigre tue le vin. Les œufs et le vin n’ont rien à se raconter. Les potages, ça ne marche pas. Les glaces et les sorbets, idem. Le caviar se sent beaucoup mieux en la compagne d’une vodka glacée. Le cresson a beaucoup de qualités, mais pas celle de se marier avec le vin.
L’accord est souvent déterminé par l’accompagnement, la sauce, les épices ou les herbes. Affirmer que tel vin accompagne idéalement le poulet, c’est oublier qu’entre une volaille de Bresse, préparée au Vin Jaune, et un poulet Hawaï (ananas)…c’est le grand écart !
Ma définition du grand accord est assez simple : 1+1 = 3. Autrement dit, le vin rend le plat meilleur ET le plat rend le vin meilleur. Le tout est supérieur à la somme des parties. C’est un moment magnifique mais rare. Dommage, mais cela permet au moins de déstresser : quand le vin et le plat dialoguent, c’est déjà très bien.
L’accord classique du camembert avec un bon p’tit Bordeaux rouge est une catastrophe. Je ne vais pas me faire que des amis, mais je persiste et signe. Aucun plaisir à boire un vin rendu métallique par le fromage. Et la finesse des arômes du fromage se perd dans les tannins du vin.
Néanmoins, vin et fromage s’entendent bien, quoique le traditionnel plateau, que l’on souhaite aussi divers que possible, condamne à la bouteille consensuelle, ‘passe-partout’. Celle qui propose un accord passable avec la plupart des fromages et le grand accord avec aucun.
Quand on se décide à repeindre la maison, il y a en gros deux méthodes : le ‘ton sur ton’ et les couleurs qui tranchent. Même chose en matière d’accord mets & vins. Soit on cherche à marier des semblables (même gras, même sucrosité, mêmes arômes), soit on apporte via le vin ce que le plat n’offre pas et vice-versa. Les deux façons peuvent fonctionner aussi bien l’une que l’autre. Mais je trouve qu’il est plus difficile de réussir le ‘ton sur ton’.
Si vous aimez les huîtres accompagnées par du Porto Vintage, allez-y, personne ne va en mourir. Et si vous arrivez à m’expliquer un jour comment cet accord crée du plaisir, je vous paie le resto (je choisis le resto…).
Ce n’est pas vraiment scientifique, mais les accords régionaux sont souvent fort satisfaisants : produit de la Méditerranée et vin méditerranéen. Chèvre de Chavignol avec Sancerre (de Chavignol). Cassoulet et vin du Sud-Ouest. Comté et Vin Jaune.
Un accord peut se construire sur les arômes, mais il ne faudrait surtout pas oublier les accords de texture : le ‘toucher de bouche’ du vin et les nuances fondantes, croquantes, salivantes du plat.
L’accord existe (ou n’existe pas) dans le palais du convive. Les circonstances, la compagnie, l’humeur, la mémoire influencent énormément les perceptions.
Essayer et se tromper; essayer encore. Apprécier l’expérience pour elle-même, qu’elle soit enthousiasmante ou décevante. Modifier un assaisonnement et goûter à nouveau. Se souvenir et partager ses souvenirs. Servir deux vins sur un même plat et comparer.
L’important, c’est le chemin que l’on parcourt. On connaît tous la destination finale.
Il n’est rien de plus subjectif, de plus insaisissable, de plus éphémère qu’un accord ‘parfait’. Le mariage idéal des mets et des vins est très difficile à codifier, de la même façon qu’il est malaisé de définir ce qui fait l’harmonie d’un couple. Une combinaison qui a bien fonctionné une fois, à un moment donné, avec une recette et des amis donnés, peut ne jamais se reproduire tant la sensation d’accord échappe au rationnel. Il n’existe pas de vérité absolue en la matière.
Philippe Bourguignon, Meilleur Sommelier de France en 1978.
Cet article a été rédigé en 2014. Cela ne le rend pas obsolète pour autant.
Rien à voir avec un Grand Distributeur bien connu pour faire la foire à l’automne.
Aujourd’hui, c’est magie: on boit le vin sans tirer le bouchon.
Coravin est donc un outil technologico-barbare composé d’une fine aiguille creuse, d’un injecteur de gaz inerte et de l’emballage requis pour que cela tienne ensemble.
Envie de boire un (seul) verre d’une bouteille chic et chère ? Percez la capsule et le bouchon avec l’aiguille, pressurisez la cabine…pouf-pouf…la bouteille.
Et hop voici le vin qui coule à travers l’aiguille jusque dans le verre. Retirez l’aiguille et le bouchon -en liège- reprend sa forme et son étanchéité initiales. Dans la bouteille, moins de vin et plus de gaz inerte. Pas d’air et donc pas d’oxydation.
On n’arrête pas le progrès. La chose coûte $ 300. C’est américain, bien entendu. Je ressens de l’admiration pour la créativité de l’inventeur, mais beaucoup d’incompréhension pour le but poursuivi.
Une alternative ? Dégustez à plusieurs, c’est plus amusant et moins cher…
Par ailleurs, à force d’ouvrir des bouteilles, je constate qu’une bouteille à moitié vide, correctement rebouchée et placée au frais se goûte très bien le lendemain et le surlendemain.
Exceptions: les vinasses mal vinifiées et les vins « nature/sans soufre ».
Le journaliste Antoine Gerbelle écrit en dernière page du numéro de juillet de la Revue du Vin de France un éditorial « inspirant » et interpellant.
Mise en pleine lumière d’un sujet que l’on préfère en général taire, à savoir la disparition progressive des vignerons dans les châteaux bordelais. La tendance est similaire dans les deux autres régions viticoles riches, Champagne et Bourgogne.
Comme indiqué par l’Insee dès 2007, de nombreuses propriétés ont en effet été rachetées par des financiers, dont beaucoup choisissent de déléguer tous les travaux de l’exploitation à des entreprises de travaux à façon (entretien de la vigne et vendanges).
Relisez la phrase ci-dessus. Merci. Ce n’est pas un détail.
Autrement dit, le vigneron-propriétaire est remplacé par un actionnaire et par un directeur (sans doute porteur d’un diplôme comparable au mien…) dont la mission première est de faire des sous et qui se concentre donc sur les aspects commerciaux et financiers.
Le travail à la vigne est perçu comme un coût, comme un mal nécessaire. Et en plus, c’est salissant…Le directeur compare les offres de sociétés spécialisées qui s’occupent déjà du vignoble X et du château Y …et il sous-traite en faveur du moins-disant.
Dites-moi, qui fait le vin ? Qui incarne le vin ? En quoi ce vin-là est-il une histoire ?
J’ai un besoin viscéral de parler avec le vigneron. A défaut, avec son épouse, son père ou son collaborateur direct.
Je veux percevoir l’intention de la personne qui taille, qui observe, qui vendange, qui vinifie, qui met en bouteilles et qui, quand les circonstances le permettent, me reçoit chez lui. Le vigneron qui choisit, qui hésite, qui subit la météo, qui élabore ce qu’il a envie de partager.
Entendons-nous. Il est parfaitement possible de faire du bon vin, techniquement parfait, via la sous-traitance. Mais l’intention est remplacée par le cahier de charges. C’est une entropie, une destruction de valeur. C’est l’oeno-diversité qui fout le camp. Non merci.
YELP est un site Internet consacrés aux commerces locaux.
Cela fonctionne sur base des avis et des évaluations publiés par les clients de ces commerces.
N’hésitez pas à prendre connaissance des premières opinions …et, le cas échéant, à y indiquer la vôtre !
Les avis actuellement postés au sujet d’Anthocyane ne sont pas recommandés par le logiciel automatique de YELP. Je peux néanmoins assurer le lecteur qu’il s’agit bien d’avis de vrais clients !
Publier une opinion implique de se connecter (si l’on est déjà inscrit sur YELP) ou de s’inscrire sur ce site.
Il paraît que le canal constitue une barrière sociologique de première importance. Autrement dit, les habitants de l’Est et du Sud auraient beaucoup de mal à franchir cet obstacle liquide.
Or, nous, les gens de l’Ouest, avons également deux bras, un foie et deux jambes. Chez nous aussi, il y a des rues asphaltées et un Ring.
Le Ring, j’en recommande en particulier la sortie 12, laquelle se caractérise à la fois par une discrétion de très bon aloi et par une localisation idéale, à quelques centaines de mètres du lieu où 14 vins blancs de Bourgogne sont en dégustation ce samedi 17 mai, entre 10 et 18 heures.
Selon Google Maps, 21 minutes depuis Stockel, 15 minutes depuis la place Danco et 17 minutes depuis Linkebeek.
Vous allez découvrir une série de vins blancs exceptionnels.
La gamme XYZ rend hommage à la diversité des terroirs et au climat qui influencent les différents styles de vins sud-africains. Les raisins utilisés pour élaborer ces vins sont faits à partir d’une sélection de site spécifique et d’un traitement et soin spécial dans les vignes et en cave.
Le résultat? Des vins sans égal qui reflètent au mieux ce que l’Afrique du Sud a à offrir.
Je crache dans la soupe. C’est avec une délectation amusée que je prends régulièrement connaissance des propositions d’un sacré vendeur de vin qui sévit en ce moment sur la toile belge. Technologie Internet « state of the art », malheureusement au service d’une littérature de gare qui viole la langue française avec une constance qui force l’irrespect.
La quantité d’information pertinente est de l’ordre du picogramme.
Donc, hommage appuyé (quoique violemment sarcastique) au style et au contenu du chef-d’œuvre ci-dessus.
Comme je suis en forme, je ne résiste pas à enchaîner en commentant les résultats du Concours Mondial de Bruxelles, édition 2014.
Ce qui est passablement rigolo, c’est que les arguments utilisés par les organisateurs de cet événement pour en louer les immenses vertus sont exactement les raisons pour lesquelles je pense que ce concours, comme tant d’autres, n’a que fort peu d’intérêt pour l’amateur de vin.
Allons-y.
Ensemble, les 8.000 vins et spiritueux du monde entier en compétition représentent plus de 500 millions de bouteilles commercialisées.
Traduction: en moyenne, un vin participant est produit à 62.500 exemplaires. A titre de comparaison, le Domaine d’Aupilhac produit 10 cuvées et +/- 125.000 bouteilles par an, le Domaine Grossot produit 7 cuvées et +/- 90.000 bouteilles par an, le Domaine Paul & Eric Janin 5 cuvées et +/- 45.000 bouteilles par an, etc…
Bref, deux mondes du vin ? Celui des entreprises familiales qui produisent à l’échelle humaine des vins qui incarnent leur démarche personnelle et celui de l’industrie qui produit en très grande quantité des vins qui répondent à une demande dûment « étude-de-marchéisée ».
Cette diversité tant des produits comme des profils des dégustateurs est la caractéristique originale de cette compétition qui s’est érigé en quelques années en véritable « championnat du monde » de la dégustation de vins.
Traduction: on n’hésite pas à s’arroger d’un titre prestigieux, sous le couvert de la diversité. Dites, si les Îles Samoa, le Nicaragua, le Lesotho, Andorre et l’Ouzbékistan se disputaient la Coupe du Monde de football, quelle serait la valeur du résultat ? La diversité implique-t-elle que les meilleurs ont accepté de participer à la compétition ?
Je laisse par ailleurs le lecteur juge de la syntaxe et de l’orthographe.
Dans le but d’aider les consommateurs dans leurs choix, 2 330 médailles ont été attribuées et comme tous les ans, moins de 1% des 8 060 vins en compétition ont été récompensés par une Grande Médaille d’Or.
Traduction: un vin médaillé pour trois vins participants. Tout est dit. Aux Jeux Olympiques, c’est un peu moins facile. Et tant qu’à évoquer l’olympisme, notez que le concours attribue des Grandes Médailles d’Or, des Médailles d’Or et des Médailles d’Argent (avec des majuscules partout), mais pas de médailles de bronze, manifestement pas assez « sexy » : ça aide vraiment le consommateur ?
Ce qui n’est pas indiqué, c’est l’aspect financier: inscrire un vin au concours coûte +/- € 150. Apposer une médaille sur un flacon primé coûte +/- € 25 par 1.000 bouteilles.
Dernière chose: parmi les 18 Grandes Médailles d’Or attribuées à des vins français, je ne connais personne, si ce n’est une marque de Champagne. D’ailleurs, 5 superprimés sont des Champagnes et 7 superprimés sont des Bordeaux.
N’hésitez pas à vous faire votre propre opinion et à la partager, en postant un commentaire.
Je suis régulièrement confronté à des affirmations du type « je ne supporte pas bien le vin blanc » ou « le vin blanc n’est pas bon pour ma santé« .
Loin de moi l’idée de mettre en doute la bonne foi des auteurs, mais cela m’intrigue.
Qu’est ce qu’un vin blanc ?
La question peut sembler idiote, puisqu’il est de notoriété publique qu’il n’existe que trois couleurs dans le vin. Donc, ce qui n’est ni rouge, ni rosé est…blanc.
M’ouais. Où classer un Champagne élaboré avec une majorité de pinot noir ou de pinot meunier ? Comment traiter les vins de cépages rouges, vinifiés en blanc: merlot dans le Tessin, pinot noir en Allemagne et en Loire, etc… ? Quid des vins blancs de macération, les « vins oranges » pour lesquels des cépages blancs sont vinifiés comme les cépages rouges, avec un long contact entre les pellicules des raisins et le jus ? Le Madère est-il un vin blanc ? Que faire des rosés extrêmement pâles, issus de pressurage et très à la mode en ce moment ?
Trois couleurs, mais une infinité de nuances, entre le violacé et l’orangé, entre le presque transparent à reflets verts et le rose quasi fluorescent, entre le jaune doré et le brun ambré…
Qu’est ce qui distingue un vin blanc d’un vin rouge ?
La couleur. Trivial, certes mais pas dénué de bon sens. La couleur du vin est liée au type de vinification et à la quantité de substances colorantes naturellement présentes dans la pellicule de la baie.
Tout vin, qu’il soit rouge ou blanc, se compose essentiellement d’eau (laquelle provient uniquement des raisins), d’alcool et d’une quantité variable de sucre non-transformé (de simples traces dans les vins très secs…plus de 100 grammes par litre dans les vins liquoreux). Tout vin contient, en quantités variables, des substances biochimiques responsables de son acidité, de sa couleur, de sa tannicité, de son aromatique, etc…
Acidité, vivacité, fraîcheur ? Le pH du vin varie entre 3 et 4 (4 étant dix fois moins acide que 3), mais le pH de notre estomac est mesuré à 2 ! Autrement dit, l’acidité stomacale est au moins dix fois supérieure à celle des vins qui s’y retrouvent, après dégustation et déglutition.
Un vin rouge peut être plus acide qu’un vin blanc. Comparez un viognier méridional en millésime solaire avec un pinot noir d’Irancy en millésime frais…
Par ailleurs, la perception de l’acidité perçue à la dégustation peut être très différente de l’acidité analytique: un vin liquoreux de qualité présente en général une acidité élevée, laquelle se retrouve masquée ou équilibrée par le sucre résiduel.
Et le SO2 dans tout ça ?
Le soufre (dioxyde de soufre ou sulfite) est une substance très communément utilisée en vinification. Elle présente d’importantes propriétés anti-oxydantes et anti-bactériennes. En quantités (trop) importantes, il est probable que les sulfites puissent être responsables de maux de tête ou d’intolérances de type allergique.
Or, les vins blancs sont plus fragiles que les vins rouges: ceux-ci sont en effet protégés naturellement par les anthocyanes et les polyphénols qu’ils contiennent et sont donc moins susceptibles d’être fortement sulfités.
En la quasi-absence de ces substances, les vins blancs (et plus encore les vins blancs moelleux ou liquoreux) ne bénéficient pas de cette protection naturelle. D’où un usage plus important du SO2.
Une excellente hygiène de cave et une vinification précise (raisins non-abîmés, mise en bouteille dans les règles de l’art) permettent néanmoins de réduire très considérablement les doses de SO2 et donc de réduire en proportion les risques pour la santé.
Cher lecteur, ce bref article ne se veut pas scientifique et ne propose ni conclusion définitive, ni mode d’emploi. Disons qu’il s’agit d’un petit caillou lancé dans la mare: chacun peut le ramasser, le regarder sous toutes les coutures et en faire l’usage qui lui semble opportun.
Le pinot noir est peu enclin au compromis: entre des mains maladroites, sur des terroirs inadaptés, il se cabre; brutalisé par des rendements trop élevés, il se dilue; assommé par un soleil trop généreux, il se simplifie jusqu’au vulgaire.
Mais, cultivé avec attention, récolté avec délicatesse et élevé avec maestria, c’est décidément le roi des cépages.
Il y aura 22 vins en dégustation. La liste complète des vins figure ici.
A noter que tous les vins sont proposés à un prix inférieur à € 20. Cela signifie que je ne propose ni vins de la Côte de Beaune, ni vins de la Côte de Nuits. La demande mondiale pour ces vins-là est très importante et l’offre très limitée. Conséquence logique: les prix grimpent, au-delà du raisonnable.
Les rouges de la Bourgogne du Nord (Auxerrois) et de la Bourgogne du Sud (Côte chalonnaise) sont moins connus, moins prestigieux et moins demandés par les riches collectionneurs/spéculateurs.
En bon français cela s’appelle une opportunité. Entre Pommard, haut lieu de la Côte de Beaune, et Mercurey en Côte chalonnaise, il n’y a que 25 kilomètres, mais on change d’univers. Les meilleurs vins sont tout aussi intéressants à Mercurey, à Givry, à Rully…et ils sont (au moins) moitié moins chers. A bon entendeur…
Le pinot noir, ce n’est pas que la Bourgogne. A Sancerre et en Alsace, il y a des pépites à découvrir. Cela dit, tout ce qui brille n’est pas or ! Il faut trier, filtrer, tamiser pour ne retenir que le meilleur. Les pinot noirs alsaciens dilués, à la maturité douteuse, hésitant entre le rouge et le rosé, servis très frais, ça existe. Sancerre jouit d’une notoriété mondiale, ce qui permet à de grandes quantités de vins médiocres de trouver malgré tout preneur.
Le climat de différentes régions d’Allemagne convient très bien au pinot noir: la vallée de l’Ahr, entre Bonn et Coblence, est majoritairement plantée en pinot noir (spätburgunder, littéralement « le bourguignon tardif »). Paysages magnifiques de vignes sur vertigineuses pentes schisteuses, à un peu plus de 2 heures de route de Bruxelles !
Plus au sud, le pays de Bade (Baden) longe le Rhin et fait frontière avec l’Alsace. Du point de vue climatique, cette région est classée « B », comme l’Alsace et les vignobles de la Loire.
Le village de Malterdingen se situe à quelques kilomètres de Colmar et de Freiburg, la ville la plus chaude d’Allemagne. C’est le paradis des pinots: blanc, gris …et noir !
Une occasion d’entrer en contact avec le monde fascinant du vin allemand, en général très peu connu par les Francophones et autres Latins: je fais goûter le pinot noir Malterdinger de Bernhard Huber. Ce nom ne vous dira peut-être rien…et pourtant…consultez un guide des vins allemands (Gault & Millau et/ou Eichelmann), et vous aurez du mal à compter toutes les étoiles qui ont été accordées à ce Domaine !
Comment rendre accessibles les vins que j’importe, même quand bibi est dans le vignoble ou en vadrouille je ne sais où ?
Pardi, en les proposant dans un magasin et en les associant à d’autres (bons) produits de bouche.
Et pourquoi pas le fromage ?
J’ai eu le plaisir de trouver une oreille curieuse, attentive et sympathique chez Michèle Verfaille, gérante de la fromagerie du Westland à Anderlecht.
Et voici donc que quelques vins de la gamme d’Anthocyane s’installent dans les rayonnages de la fromagerie. Un Moulin-à-Vent (Janin), un Muscadet de Sèvre-et-Maine (L’Ecu) et un St-Nicolas-de-Bourgueil (F. Mabileau).
Montre en main et GPS en action, il y en a pour 5 minutes et 4 kilomètres pour passer d’une dégustation chez Philippe à une fromagerie chez Michèle. Et vous qui ne saviez pas quoi faire de votre samedi…
Quant au Coup de Pied au Cul, c’est un fromage normand, recommandé par Michèle. Il plaira aux gastronomes amateurs de sensations fortes comme aux tyrosémiophiles: l’étiquette, d’une poésie toute rabelaisienne, mérite le coup d’œil !
« Naturel » fait penser à quelque chose de spontané, qui se passerait sans intervention de la main de l’homme. Erreur. Les VDN’s sont élaborés par adjonction d’alcool vinique à un moût en fermentation. Mère Nature n’est pas capable de faire cela. Disons que le sucre est naturel et que le vin est œuvre humaine.
Pratiquement, le vinificateur laisse démarrer la fermentation (⇔ transformation du sucre contenu dans les raisins en alcool et en CO²) comme pour un produire un vin « classique ».
Alors que les petites levures se gavent de sucre et ne se doutent de rien, elles se ramassent soudain une solide giclée d’alcool « exogène ». Cette opération s’appelle « mutage ». Ce nouveau milieu est fatal aux levures.
Les pauvres meurent donc avant d’avoir transformé tout le sucre présent dans le jus. On se retrouve donc avec le mélange vin + alcool + sucre + levures RIP.
Tout le monde connaît au moins un VDN (ou vin muté), à savoir le Porto. Le pourcentage d’alcool du Porto se situe classiquement vers les 18% à 20%, par addition du sucre transformé en alcool par les levures et de l’alcool ajouté par le vinificateur. Le Madère, le Banyuls et le Rivesaltes sont également des VDN’s.
Par contre le Pineau des Charentes (jus de raisin + cognac), le MacVin du Jura, le Ratafia de Champagne et le Floc de Gascogne sont des mistelles, c’est à dire la résultante de l’ajout d’alcool à du jus de raisin non-fermenté. Une mistelle n’est pas -au sens strict- du vin, puisque le jus des raisins n’a pas fermenté.
Tout cela pour en arriver à Maury, appellation située au cœur du Roussillon où l’on produit un VDN de belle réputation. Une cuvée de Maury élaborée par Marjorie et Stéphane Gallet (Domaine Le Roc des Anges et Domaine Les Terres de Fagayra) porte le doux nom de…Anthocyane. De bons tannins, de la suavité, des arômes de mûres et de cerises. Cépage grenache. 16,5% d’alcool.
Anthocyane est un Maury de type « réducteur », c’est-à-dire protégé de l’oxygène et mis en bouteilles rapidement après la vendange. On parle alors de Maury grenat comme on parle de Porto vintage.
Comme c’est très bon et proposé à un prix plus que raisonnable, j’ai craqué !
A servir bien frais pour accompagner un dessert au chocolat noir et aux fruits rouges…on fait difficilement mieux. A la place du dessert, c’est d’ailleurs tout aussi bien.
L’association avec certains fromages (Cantal) peut également réserver de belles sensations.
Anthocyane 2009 (50cl) est donc en vente chez Anthocyane. A partir de ce samedi 05 avril. Au prix de € 11 et des poussières.
Cette note peut prendre différentes formes: un nombre d’étoiles, de verres, de grappes ; une catégorie (bien, bien+, très bien, etc…) ; un basique « oui ou non » ou une ‘vraie’ note scolaire, traditionnellement sur 20 (en France) ou sur 100 (aux Etats-Unis).
Cela a le mérite de la simplicité. J’ai néanmoins été régulièrement surpris par un dégustateur attribuant une ‘bonne’ note, après avoir été fort sévère en commentant le vin. Ou vice-versa.
Evaluer implique de gérer un complexe jeu d’influences: les opinions d’autres dégustateurs (présents ou non), notre culture et notre histoire personnelle, la température à laquelle le vin est servi, la pression atmosphérique, nos seuils de sensibilité, le temps dont nous disposons pour nous forger une opinion, les mentions de l’étiquette, les caractéristiques du verre utilisé pour goûter, notre humeur du moment ou notre état de santé, la présence d’odeurs parasites, etc…
Que note-t-on exactement ?
Une impression d’ensemble (synthèse) ou une addition de caractéristiques (analyse)? Le vin tel qu’il est, ici et maintenant, le vin tel qu’il sera lorsque son apogée sera atteint, voire le vin tel qu’il a été dans un passé plus ou moins lointain ? La première gorgée ou le dernier verre de la bouteille ?
Le vin est-il évalué dans l’absolu ou contextualisé par un millésime, une origine …un prix ?
Le but de la note est-il de tendre vers une forme d’objectivité ? De nous construire un cadre de référence ? De quantifier une émotion ou un souvenir ? De nous aider à nous concentrer pendant la dégustation ?
De remplacer les mots lorsque notre vocabulaire atteint ses limites ? De nous comprendre les uns les autres ? De simplifier la complexité qui s’échappe d’un flacon ? De comparer des vins différents, goûtés à des moments différents ? De nous rassurer ?
Après tant et tant de moments passés le nez au-dessus d’un verre, il me reste que, bien souvent, une évaluation en raconte un peu sur le vin et beaucoup sur le dégustateur. Mieux vaut le savoir.
Un même mot signifie une chose ou une autre dans la bouche de différents dégustateurs. L’un accumule les substantifs aromatiques (cassis, groseille, mûre, myrtille), alors qu’il ne mange pas de fruits; l’autre décrit toutes les nuances de la couleur de la robe, alors que la lumière qui éclaire la pièce rend toute description caduque. L’amertume est une tare majeure pour l’un et une simple caractéristique pour l’autre.
Acter que l’évaluation du vin est éminemment subjective ne me satisfait pas vraiment. J’ai l’impression d’enfoncer une porte ouverte.
Pourrait-on proposer un modèle qui nous aiderait à évaluer un vin, subjectivement certes, mais avec une méthodologie cohérente ?
Que pensez-vous de ceci ?
ÉQUILIBRE, harmonie de la structure, fraîcheur, digestibilité
COMPLEXITÉ, multiplicité et précision tant des arômes que des sensations tactiles, évolution à l’aération
INTENSITÉ, énergie, matière/extrait sec
PERSISTANCE, longueur aromatique, qualité de la finale
SPÉCIFICITÉ, personnalité, originalité, incarnation de la démarche et de l’intention du vigneron
MESSAGE, capacité à transmettre le moment et le lieu (les conditions météorologiques du millésime, le sol & le sous-sol, la pente & l’exposition de la parcelle…), capacité à susciter une émotion.
Un vin qui ne posséderait aucune de ces caractéristiques serait un vin sans intérêt pour l’amateur.
Un vin qui posséderait intensément les six caractéristiques ci-dessus tutoierait la perfection…