Visite au Domaine de Belle-Vue

Bretaudeau bouteilleVendredi 30 novembre. Après une ‘focaccia’ avalée en vitesse dans un café de Clisson, cap sur le village de Gétigné, au sud-est de la ville. Gétigné fait office de frontière entre la Loire-Atlantique et la Vendée.

J’arrive au Domaine de Belle-Vue et fais la connaissance du papa de Jérôme Bretaudeau. Quelques minutes de confusion plus tard, me voici face au nouveau chai de Jérôme: un bâtiment rationnel et très vaste, construit à quelques centaines de mètres de l’ancienne cave. Le déménagement des cuves n’est pas encore terminé. Après avoir travaillé chez d’autres vignerons, Jérôme a repris les vignes de ses parents (qui vendaient leurs raisins au négoce), obtenu l’aide de la Mairie (il est le seul vigneron de Gétigné) et quelques subsides européens. On sent ici une ambition de se donner les moyens pour réussir. La meilleure preuve étant qu’il y a très peu de vins à vendre.

Le nouveau chai

Le nouveau chai

Jérôme vient d’engager un premier collaborateur, un ex-vigneron de confiance qui sera en charge des vignes. Le Domaine s’étend actuellement sur à peu près 8 hectares de vignes. Reconversion en ‘bio’ depuis 2009. Du Melon de Bourgogne, bien entendu mais aussi du Sauvignon (gris), du Pinot Gris, du Merlot, du Cabernet, du Chardonnay et j’en passe…

Nous goûtons sur cuve: exercice intéressant, mais périlleux quand on manque d’habitude. Cela me permet en tous cas de me faire une idée du potentiel du millésime 2012. Les vins sont nets, précis et les fonds de verre complexes.

Expérience encore plus intéressante: les échantillons tirés de cuves ovoïdes provisoires. Provisoires parce que plus petites que celles commandées par le Domaine. Malheureusement le fabricant (Nomblot) a cassé le moule des cuves de 16 hectolitres…

Cuves ovoïdes

Cuves ovoïdes

Ces cuves sont utilisées pour permettre aux lies en suspension de circuler efficacement dans toute la cuve et ainsi de ‘nourrir’ les vins. Techniquement, cela s’appelle l’effet de vortex. En quelque sorte, une alternative au bâtonnage. Avec pour résultante des vins plus aromatiques et plus gras.

L’objet est étonnant et assez sympathique, presque zoomorphe. Je me verrais bien installer une tête d’éléphant par-dessus, juste pour rigoler…

Nous voici à présent dans le ‘chai à barriques’: des 400 litres, usagées. On commence par un Muscadet et puis c’est l’heure du test: je goûte quelque chose qui n’est manifestement pas un Muscadet. Allez, je me lance: Pinot Gris ? Gagné ! Rebelote avec la barrique suivante: Sauvignon ? Encore gagné ! Même si je n’avais pas reconnu la variante ‘grise’ du Sauvignon…Bon, 30 secondes pour profiter de mon petit ego, caressé dans le sens du poil. Ce n’est pas tous les jours fête…

Jérôme Bretaudeau

Jérôme Bretaudeau

Jérôme est le premier vigneron qui insiste pour que je goûte ses vins rouges. Je reste un peu perplexe devant un ‘Champ des Cailloux’ (cabernet et merlot): des arômes orientaux entêtants. Mais la bouteille était ouverte depuis quelques jours, ceci expliquant peut-être cela. Ensuite, un pur merlot, 24 mois en barriques. Impossible à placer en Loire. Un vin puissant, tannique et sudiste. Mais pas d’excès d’alcool.

Je continuerais très volontiers la conversation, mais mon agenda me rappelle que Bruno Cormerais m’attend à 17 heures. Et ce n’est pas exactement à côté de la porte. J’implore le GPS de faire son boulot.

Un flacon de 'Champ des Cailloux...pour me forger une opinion plus précise !

En cadeau, un flacon de ‘Champ des Cailloux…pour me forger une opinion plus précise !