Visite au Domaine Bonnet-Huteau

Jean-Jacques Bonnet

Jean-Jacques Bonnet

Quelques minutes suffisent pour faire le trajet entre La Grange et La Levraudière. Il est 17h15 et le soleil s’est couché. Pour ne pas risquer de me perdre, j’ai fait une ‘reconnaissance’ en tout début de journée.

Je suis reçu par Jean-Jacques Bonnet. Le Domaine Bonnet-Huteau est entre les mains de deux frères, Rémi à la vigne et Jean-Jacques à la cave. ‘Huteau’ est le nom de leur maman.

Ici on mène le combat en faveur de la reconnaissance des qualités du Muscadet. Pour ce qui concerne le Gros-Plant, cépage capricieux, sensible aux maladies et ayant tendance à laisser exploser les rendements, mon interlocuteur préfère passer son tour.

Jean-Jacques est attaché au développement des crus communaux et cherche à concilier les vignerons les plus radicaux avec ceux qui ont un certain mal à adopter des pratiques qualitatives (levures indigènes, vendanges manuelles, rendements limités, etc…). C’est la politique des petits pas, par préférence à l’affrontement direct.

Le Domaine s’étend sur une quarantaine d’hectares, en ‘bio’ depuis 2005.

Fascinante horizontale 2011 des trois cuvées ‘de terroir’: Les Dabinières, Les Gautronnières (une fraîcheur citronnée,  tranchante comme une lame…comment ne pas penser à un grand Riesling ?) et Les Laures, qui conjuguent tension, gras et volume.

Une horizontale fascinante

Une horizontale fascinante

La parcelle des Laures a été achetée récemment: nous goûtons 2010 qui me semble, hic et nunc, un peu moins bien en place que 2011.

Discussion sur les avantages de la vendange entière (vendange non éraflée, raisins et ‘tiges’ donc) qui permet de récolter (manuellement bien sûr) des raisins intacts. Et raisin intact dit minimisation des risques d’oxydation, donc moindre usage de soufre. Des rafles mûres contribuent à donner une légère tannicité au vin, ce qui lui donne un équilibre plus intéressant. Attention à des rafles ‘vertes’ qui peuvent transmettre un goût herbacé désagréable.

Le vignoble nantais qui s’étendait sur plus de 13.000 hectares il y a vingt ans a considérablement rétréci, remplacé soit par des plantations maraîchères, soir par du bâti. Jean-Jacques souligne avec conviction que le vrai problème n’est pas à chercher dans la vigne qui disparaît, mais dans les vignerons qui abandonnent, lassés par la difficulté de valoriser leur travail.

Nous goûtons le cru communal Goulaine, de grande expression et si éloigné de tous les clichés associés au Muscadet !

Tiens, puisque je compare Les Gautronnières à un Riesling…apparaît sur la table un Riesling alsacien, récemment échangé durant un salon. Bon, j’ai oublié le nom du producteur. Disons que c’était très 2009 et pas très Riesling. Beaucoup d’alcool et une sucrosité pataude. Vive Les Gautronnières !

En partant, un Pinot Gris ‘primeur’, puisqu’il s’agit du millésime 2012, vinifié avec une bonne vingtaine de grammes de sucre résiduel: une agréable friandise ! Et une conclusion sympathique à une discussion passionnante !

Voilà, il est 20h30 et j’avoue ne pas trouver la force pour aller dîner au restaurant. Alors, retour à La Maison des Landes où m’attendent un bon pain, du fromage …et un grand verre d’eau ! Extinction des feux avant 22 heures…épuisé !

Tôt le matin, durant ma 'reconnaissance'

Tôt le matin, durant ma ‘reconnaissance’