
Les appellations Chinon, Saumur et Anjou proposent des vins blancs, élaborés avec le cépage chenin. Rien de surprenant, c’est comme ça depuis la nuit des temps. Par contre, Bourgueil …c’est non: le décret de l’appellation en 1937 n’a autorisé que le rouge.
Or, au 19ème siècle, Bourgueil proposait des vins blancs de chenin. Cela a titillé quelques vignerons à la recherche d’une nouveauté. Le processus a commencé il y a plus de 10 ans, sous la forme de vins blancs portant simplement l’IGP « Val de Loire ». Un exemple parmi d’autres: la cuvée Bâtard-Princesse du Domaine du Domaine Yannick Amirault. Les premières vignes de chenin ont été plantées en 2017 sur le coteau mythique du « Grand Clos », en haut du village de Bourgueil, exposé plein sud. 2.000 bouteilles en millésime 2023.
On estime que 2% du vignoble de Bourgueil est planté en chenin et commercialisé en IGP « Val de Loire ».
Je me souviens d’une visite au Domaine de la Chevalerie, en septembre 2012, pendant laquelle Pierre Caslot, après m’avoir fait goûter une longue série de rouges, m’a emmené dans un petit coin sombre de la cave. Deux petits tonneaux, une pipette, un sourire mystérieux … Eh oui, un chenin sec et un chenin moelleux ! Ce n’était pas proposé à la vente, c’était juste pour le plaisir de partager. 15 ares de chenin, un grand jardin, pas plus.
Il y a quelques jours, les vignerons et vigneronnes de Bourgueil ont voté les contours du vin blanc qu’ils espèrent produire sous leur appellation : un chenin sec à 6 g/l maximum de sucres résiduels, avec interdiction de chaptalisation, au rendement de 55 hl/ha (comme les rouges et rosés), embouteillé après le 15 mars et récolté en vendanges manuelles.
C’est un premier pas. La route est encore longue et semée d’embûches. Mais un Bourgueil blanc 2030 est possible !