Visite au Domaine de la Chevalerie

Emmanuel, Stéphanie et Pierre Caslot (photographie fournie par le Domaine)

Emmanuel, Stéphanie et Pierre Caslot (photographie fournie par le Domaine)

Septembre 2012. Je loge à l’autre bout de la Touraine, du côté de Montrichard : Bourgueil est à une heure de route. Soleil magnifique et pas un chat sur l’A85. Sortie. Départementale le long de la Loire, château de Langeais, villages de St-Patrice et d’Ingrandes : des vignes partout. Je m’approche de Restigné. Un bon coup de volant vers la droite avant le village. Route du Peu Muleau. ‘Route’ me paraît un peu surfait, vu la largeur de l’asphalte. 10h30, voici le Domaine de la Chevalerie. Je traverse la cour pavée et jette un œil au beau jardin : surprenants, les palmiers.

Pierre Caslot attend ses visiteurs au bas d’une longue volée de marches. On a beau être prévenu, c’est vachement impressionnant: la cave est creusée dans la roche calcaire. Une cathédrale souterraine. Un labyrinthe de zones éclairées et de zones sombres. Une ardoise avec les vins proposés à la dégustation : il y en a quatorze. Au travail…

…une trentaine de vins plus tard, après une promenade qui s’est prolongée, au détour de notre conversation, jusqu’au millésime 1987, le style du Domaine paraît clair : plutôt léger en alcool (merci !), des tannins fins, beaucoup de fraîcheur et une grande élégance. Le potentiel de garde est évident, mais les vins sont délicieux dès leur mise en bouteilles.

Un seul cépage, le cabernet franc. Et pourtant des cuvées très différentes, fonction du millésime et de la parcelle. 2009, millésime ensoleillé et donc vin plus rond. Tous les 2010 sont magnifiques, la cuvée Bretêche se dégustant particulièrement bien ce matin-là. La cuvée Chevalerie 2006 est vigoureuse et bâtie pour une longue garde. 2007, millésime pourtant difficile et humide, est réussi : à boire dès maintenant.

Une cuvée Busardières 2007, ouverte ce 2 novembre, mise en carafe pendant une bonne heure, confirme mes impressions de septembre au Domaine : un vin net, digeste et accessible. Ni exubérance, ni chichis. Un classique.

Si vous associez le cépage cabernet franc aux arômes entêtants du poivron vert -donc à des vins produits avec des raisins de maturité ‘perfectible’-, faites-vous plaisir et goûtez une cuvée Peu Muleau, débordante de fruits mûrs.

J’ai gardé pour la bonne bouche le compte-rendu de la fin de ma visite: nous avons encore goûté le vin blanc de la propriété: 15 ares de chenin, juste pour le plaisir. En sec et en moelleux. Aucune commercialisation: à Bourgueil, c’est du rouge et rien que du rouge !

Du nouveau: le Domaine a racheté récemment une parcelle située sur le lieu-dit Grand Mont. Grand-Mont est un endroit privilégié, qui permet de créer des vins concentrés, de grande garde. J’ai goûté 2009, le premier millésime vinifié par la Chevalerie et puis le magnifique 2010. Il n’y a pas beaucoup de bouteilles disponibles…

Il est 13 heures, j’emmène quelques flacons et je me dis qu’on n’en restera pas là…