Touraine (septembre 2012)

Mardi 18 septembre. Je me lève vers 04h30. Première mission: déposer le fils et sa copine à l’aéroport de Charleroi, pour le premier vol à destination de Dublin. Bisous-bisous. Cap sur la Touraine. Le soleil ne va plus tarder à se lever. Je décide d’éviter Paris: ça rallonge vachement le trajet, mais j’ai le temps. Reims, Troyes, Orléans. Je quitte l’autoroute près de Blois, à quelques kilomètres du château de Chambord.

Mardi 14h00, Domaine des Huards, Cour-Cheverny

Je suis reçu par Madame Gendrier dans un joli caveau, construit récemment dans une ancienne grange. Nous sommes entre Loire et Sologne, à quelques kilomètres du château de Cheverny, le modèle utilisé par Hergé pour dessiner Moulinsart.

Un article détaillé figure ici.

Cheverny-Moulinsart

Cheverny-Moulinsart

Je poursuis ma route vers St-Julien-de-Chédon, où se situe la maison d’hôtes qui m’accueillera ces trois prochaines nuits: Le Hameau des Vignes. Le repas pris le soir -tout seul- dans un restaurant de Montrichard ne mérite pas une digression. Disons que j’étais trop fatigué pour apprécier.

Mercredi, 10h30, Domaine de la Chevalerie, Bourgueil

Compte-rendu détaillé ici.

A l’entrée de la Chevalerie

Quelques précisions supplémentaires: pas de levures ‘exogènes’ à la Chevalerie. Le démarrage des fermentations se fait avec un pied de cuve: certains viticulteurs n’utilisent pas les levures vendues dans le commerce et préfèrent laisser travailler les levures naturelles contenues dans la pruine de leurs raisins. Pour éviter les méfaits d’un trop lent départ en fermentation, le vigneron isole une petite quantité de raisins et les laisse partir en fermentation naturelle. S’il y a un problème (piqûre acétique, oxydation) la quantité de vin perdue est négligeable. Quand ce petit volume est en pleine fermentation, signe que les levures se sont beaucoup multipliées, il est ajouté à une cuve pleine.

Pierre Caslot est un amateur féru d’accords mets-vins et connaît bien Philippe Foreau (leur repas ‘tout homard’ de décembre 2011 est un monument). Comme quoi, des accords entre vieux vins rouges, aux notes iodées, et crustacés sont absolument possibles !

Je sors de La Chevalerie vers 13 heures et on m’attend à 14 heures chez Frédéric Mabileau. Heureusement, de Restigné à St-Nicolas-de-Bourgueil, 10 minutes suffisent.

Mercredi, 14h00, Domaine Mabileau, St-Nicolas-de-Bourgueil

Je suis reçu par Sarah Panigada, en charge du Commercial. Elle a travaillé deux ans à Bruxelles, dans l’hôtellerie de luxe, puis repris des études pour se spécialiser dans le vin.

Quelques cuvées sont épuisées sur 2010 et pas encore disponibles sur 2011. Mieux vaut venir au printemps !

Frédéric Mabileau fait un peu de négoce (cuvée Les Petits Grains en St-Nicolas-de-Bourgueil 2010: le domaine Mabileau y vendange manuellement, sur une parcelle en reconversion bio), achète le raisin pour son Chenin du Puy-Notre-Dame et produit Éclipse (élevé en fûts neufs) quand le milésime s’y prête. Quand, après vinification complète, Éclipse ne satisfait pas, le vin est ajouté à la cuvée Coutures.

Logo Mabileau

Les vins sont tous nets, purs, parfaitement vinifiés. Etiquettes très ‘classe’, sur le thème des deux visages qui regardent dans la même direction (Frédéric et son épouse Nathalie). 

L’Anjou cabernet sauvignon est particulièrement sympathique, parce que loin des modèles classiques : bordelais, boisés et assemblés avec du merlot. Ce vin ci, élevé en cuves inox, est joyeux, avec des tannins très civilisés.

A propos, Anjou ? Nous ne sommes pas en Touraine ? Si, mais cette parcelle se trouve de l’autre côté de la route, laquelle fait frontière entre l’Indre-et-Loire (en Touraine) et le Maine-et-Loire (en Anjou).

Donc, du côté Touraine, un St-Nicolas-de-Bourgueil (100% cabernet franc), du côté Anjou, un…Anjou (100% cabernet sauvignon).

Jeudi, 10h00, Vignobles des Bois Vaudons (Mérieau), St-Julien-de-Chédon

Une visite un peu particulière, puisque ma chambre d’hôtes appartient aux vignerons et se situe à 250 mètres de la cave. J’ai pris mon petit-déjeuner à l’aise…

Le compte rendu est ici.

Quelques bouteilles de la gamme des Bois Vaudons

Coup de téléphone de Clémence Weisskopf pendant ma dégustation aux Bois Vaudons. Me serait-il possible de venir plutôt vers 15h30 ? Pas de problème, cela me donne le temps de déjeuner en terrasse, en face du château d’Amboise.

Jeudi, 15h30, Le Rocher des Violettes (Weisskopf), Amboise

Le Rocher des Violettes

Le Domaine se situe presqu’en bord de Loire. ‘Presque’, parce que les 250 derniers mètres sont en côte, dans une ruelle étroite.

Reçu par Xavier Weisskopf, une forte personnalité qui s’exprime avec une grande précision et des convictions claires.

Peu de vins à la vente. En appellation Montlouis: Touche-Mitaine 2011, Négrette 2011 et le demi-sec Borderies 2011; en Touraine 2011, le cabernet franc. Les 2010 sont épuisés.

Même si les mises en bouteille sont récentes, les vins se goûtent bien…enfin, de mon point de vue: Xavier Weisskopf, perfectionniste, ne les trouve pas encore ‘bien en place’.

Le Touraine côt vieilles vignes 2011 sera mis en bouteilles début octobre: la clientèle s’impatiente…la rançon du succès et de commentaires dithyrambiques dans la presse spécialisée.

Je me souviens avoir découvert ces vins en novembre 2009, lors de la visite de Xavier chez un caviste de la botte du Hainaut. Encore quelques 2008 dans ma cave…et j’en suis très content !

Le volume des vendanges 2012 s’annonce catastrophique: 10 hl/ha. Gel, grêle et mildiou…la totale. On a beau dire que cela fait partie de la réalité du métier de vigneron, c’est vraiment dur.

Jeudi, 20h00, ‘Jazz en Touraine’, Montlouis-sur-Loire

festival ‘Jazz en Touraine’ à Montlouis

Un concert formidable du bluesman-psyché-africano-folk Otis Taylor.

Il entre en scène, un ours énorme, il lâche un tout petit ‘hello’, on le croirait timide ou mal à l’aise. Une violoniste-danseuse. Un bassiste imperturbable, un batteur fabuleux et un guitariste qui manie la Gibson Les Paul comme les plus grands. Cela démarre au quart de tour, avec une énorme intensité. La complicité entre les musiciens est totale, il y a une grande joie de jouer ensemble. Un mélange étrange de blues, de hard-rock ’70, de funk, de musique malienne, de folk et d’expérimentation. Junior Kimbrough, Ali Farka Touré, Talking Heads, Rage against the Machine, James Brown et Led Zepp’ tous, là, sur la scène de l’Espace Ligeria. Bon, une partie du public devait s’attendre à quelque chose de plus inoffensif…

Deux rappels, un magnifique solo de basse, une balade dans le public, harmonica à la bouche et beaucoup, beaucoup d’émotions. C’est bien simple, je retourne les voir, à Gand, mi-octobre.

Otis Taylor : chant, guitare, banjo

Anne Harris : violon

Shawn Stachurski :guitare

Todd Edmunds : basse

Larry Thompson : batterie

Vendredi, 09h30, retour vers Bruxelles

Retour oui, mais d’abord un moment touristique: à voir ici.