Catégories
information

Je vous souhaite un splendide millésime 2013 !

Catégories
domaine information

Aubert de Villaine

Ce qui suit est le texte d’une conférence prononcée récemment par Aubert de Villaine, co-propriétaire et co-gérant du prestigieux Domaine de la Romanée-Conti. La source est le blog BON VIVANT (Nicolas de Rouyn). Bonne lecture.

 

« Au Domaine de la Romanée-Conti, des archives permettent de suivre l’histoire depuis 1000 ans. Comme, d’ailleurs, dans les autres crus du domaine et une grande partie des autres climats de la Bourgogne viticole où on trouve cette unité dans la diversité, propre des climats de la côte. Je vais planter le décor avec trois tableaux qui cadrent la petite histoire du domaine.

Tableau 1, où l’Église rend au monde une pièce de terre 
Au milieu du XVe siècle, un monastère imposant sur les collines de Vergy. Dans l’air cristallin d’un matin d’octobre de 1651, une cloche sonne, quelques moines de Saint Vivant se rassemblent dans la salle capitulaire et, après les préambules d’usage, décident de vendre aux ducs de Bourgogne le Cros des Cloux (littéralement Creux des Clos), une vigne plantée depuis trois siècles. Moment historique, l’Église rend au monde la pièce de terre qui sera connue sous le nom de la Romanée-Conti. L’acte en rapporte tous les détails, y compris le carillon de la cloche, Le Prieuré de Saint-Vivant est un des plus importants de l’ordre clunisien, un des deux grands ordres monastiques du Moyen Âge. Pour que le visiteur puisse faire retour dans ces temps très anciens de la Bourgogne, nous essayons depuis quinze ans de sauvegarder via une association son abbaye, une belle ruine pleine de sérénité. Au moment de cette vente, Saint Vivant avait déjà une cuverie et c’est dans ces caves qu’est aujourd’hui la récolte 2011 (toujours en fûts) exactement comme l’était le Cros des Cloux élevé par les moines il y a cinq siècles. Dès après les grandes invasions qui ont suivi la chute de l’empire romain, moines et seigneurs locaux avaient déjà la notion de climat : pinot, un cépage unique. Et produisaient, comme le voulaient les ducs qui proclamaient produire les meilleurs vins de la chrétienté, les vins vermeil.

Tableau 2, où le prince l’emporte sur la favorite 
1760. Dans la salle à à manger palatiale du château de l’Isle-Adam, chez le prince de Conti qui vient d’être exilé par le roi son cousin, une assemblée de courtisans dîne joyeusement. Sur le tableau exposé à Versailles, on reconnaît Beaumarchais et Jean-Jacques Rousseau parmi les convives qui, debout, lèvent leur verre à un homme de haute taille. On célèbre l’achat par le prince de la Romanée. La légende dit que la Pompadour la voulait aussi, mais que la maîtresse du roi, ennemie acharnée du prince – elle le trouvait trop proche du roi – a dû se rabattre sur le champagne. Le prince, heureux, fête son achat. À ce moment où Conti ajoute son nom à la Romanée, tout ce que les AOC graveront dans le marbre deux cents ans plus tard est déjà établi : la référence au lieu, à la parcelle, au cépage, caractéristique première des vins de bourgogne. Ainsi dès le XIVe siècle, Philippe le Hardi, qui parlait des « très chétifs lieux » opposés aux « bonnes côtes », avait interdit le gamay là où on pouvait produire du pinot.

Tableau 3, terre ruinée bien vivante 
1945, époque sombre dans un pays ruiné. Animés de la volonté de reconstruire, deux hommes observent la Romanée-Conti. La terre ressemble à un champ de bataille, vieilles racines mêlées à la terre et aux pieds de vigne en décomposition. Depuis quatre à cinq cents ans, la Romanée n’avait été rajeunie que par provignage, de sorte qu’aucun cep ne mourrait jamais vraiment. La Romanée-Conti a été la dernière à essayer de conserver ses très anciens ceps. Alors quand on replante après la guerre en 1947, c’est avec des plantes dont les greffons ont été pris sur l’ancienne vigne de la Romanée-Conti, au type extrêmement fin. Le premier millésime est mis en bouteille en 1952 et cette jeune vigne produit en 1954 des vins toujours bien vivants qu’on déguste aujourd’hui avec autant de plaisir que les derniers millésimes extraordinaires. C’était très intrigant pour nous. Comment une vigne aussi jeune a-t-elle pu produire des vins pareils ? André Noblet, le directeur du domaine, avait là-dessus une idée non scientifique, mais intéressante. Il s’est souvenu du tableau, de cette image de terre ravagée et l’a vue comme une sorte de mush où les racines de la jeune vigne ont puisé leur nourriture, certes, mais aussi les caractères de l’ancienne vigne qui s’y était décomposée. Et se trouve ainsi continuée.

Un hectare huit inviolable 
Depuis l’époque où elle était propriété des moines de Saint Vivant, la vigne a changé de nom : Cros des Cloux, Romanée, Romanée-Conti, et de mains : Conti, Kronenbourg, les bourguignons flamands propriétaires pendant plusieurs siècles, Ouvrard, le banquier controversé de Napoléon. Mais ce terrain de 1ha 8 a toujours été respecté dans son intégrité comme un lieu sacré, jamais partagé, indivisible. Coteau magique, elle concentre les caractères propres aux grands crus et tous ses propriétaires en ont fait la réputation. Tous ont compris, respecté, défendu et essayé de mettre en lumière ce caractère de cru unique et exceptionnel de la Romanée Conti. Même les visiteurs croient au pouvoir mythique de la Romanée-Conti. 
Ainsi nous avons reçu un jour une enveloppe contenant de la terre et quelques cailloux calcaires, accompagnés d’une lettre où le monsieur, un Américain, racontait que lors d’un passage au domaine il avait prélevé un peu de terre et cailloux en passant à la vigne. Et les ennuis avaient aussitôt commencé. D’abord une panne de voiture, puis son avion avait failli s’écraser, son épouse avait eu je ne sais quel ennui et son fils aussi. Il renvoyait l’objet de son sacrilège, persuadé du pouvoir mythique de la Romanée-Conti : « s’il vous plaît, remettez tout ça où c’était ». 

Contraintes bénies 
Pour le vigneron, la recherche de l’expression du cru pousse à une philosophie contraignante : il faut faire des grands vins en se soumettant à une météo capricieuse s’il en est, sur une parcelle dont les limites sont inscrites, en se faisant le traducteur d’un cépage fin unique. 
2 000 ans d’entêtement sur ces parcelles et ces contraintes se sont transformés en atouts incontournables. C’est la loi des grands cépages qui veulent le lieu le plus septentrional pour produire les meilleurs vins. C’est la volonté de faire parler le climat, celle d’entretenir les équilibres entre le sol et le matériau végétal, secret de grande qualité. C’est la connivence, la complicité entre le vigneron et le paysage dont il a la responsabilité. C’est surtout le respect et l’humilité, qualités premières du vigneron. Toute la philosophie est dans ce décor.

Quelques remarques avant d’aller plus loin. 
C’est vrai que la Bourgogne fait l’objet d’une demande forte et que les prix sont assez élevés, que la prospérité est fondée sur le prestige, la réputation et l’image de grands crus et domaines. Je le constate pour souligner les devoirs et exigences que cela induit. 
Devoir d’être en recherche, toujours, de la plus haute qualité possible. Je dis bien recherche. La tradition ne doit pas être le maintien de méthodes rigides, mais plutôt fidélité à une philosophie qui réclame un engagement total sur les contraintes. Le moteur central, c’est le terroir qui fait la qualité exceptionnelle du climat. Le terroir, clos où on est chargé de traduire un cépage unique, est au cœur de la démarche. Peu à peu, dans la difficulté et la douleur, l’expérience devenue savoir et tradition a délimité ces crus et inventé le cépage fin capable d’en traduire la personnalité dans les vins. Elle a établi une hiérarchie. Un ordre qui n’est pas inféodé à un goût, une mode ou des prix de ventes. 
Toute la qualité d’expression des crus est contrainte à un lieu, un climat, un cépage. Le vigneron y devient philosophe, s’interroge. Et c’est de ce doute, de cette incertitude quant au succès des décisions qu’il doit prendre face aux méandres obscurs d’un climat, que naît ce vin parfait qui n’existe pas mais dont on rêve toute sa vie. 

Petit pied de nez 
Le siècle que nous venons de quitter a commencé sous le drame du phylloxéra, dont nous sortons à peine, puis nous avons connu la mécanisation et les produits de synthèse potassiques très efficaces contre les maladies. À partir d’une ouvrée de vigne, nous avons pu obtenir de beaucoup plus gros rendements tandis que le marché, de plus en plus porteur, n’a cessé de se développer depuis la deuxième guerre mondiale. Il était inévitable qu’on s’engage dans la voie d’une plus importante production qui a culminé dans les années 1970. Nous n’y avons pas échappé, à part 1971, 1978 et 1979 où la grêle a réduit naturellement les volumes. 
L’acquisition par le domaine d’une table de tri avec tapis roulant qui permet de trier la vendange a été le signe d’un état d’esprit qui changeait, autant qu’un petit pied de nez à la technologie. Nous nous sommes aperçus que la table n’a d’intérêt que si le tri est déjà effectué à la vigne par les vendangeurs.
À partir des années 80 est apparue certaine recherche scientifique avec des options biologiques qui ont approfondi notre connaissance de l’alimentation de la vigne par le sol et nous ont permis de sortir des raisonnements simplistes de l’époque. 
Nous avons mieux compris le lien délicat entre les apports au sol et une bonne alimentation de la vigne. Nous sommes devenus de plus en plus conscients que le sol est un patrimoine précieux et fragile que nous devons respecter. Cette perspective historique fait ressortir l’importance de l’environnement culturel : la marque du travail de l’homme sur le sol le paysage, le bâti, est très important à prendre en compte dans cette démarche. 
On s’entête depuis des siècles à faire des grands vins sur ces coteaux, modifiés par la crise phylloxérique, mais inventer une nouvelle viticulture à visée d’excellence est aujourd’hui en Bourgogne un élan ancré dans la tradition culturelle et historique du climat. 

Le terroir, un courant qui ne s’arrête jamais 
En abordant l’aspect pratique que cela implique, notons que les crus bourguignons ont gagné leur réputation à une époque sans technologie et où tout était manuel. Ce n’est pas étonnant, s’agissant d’un sol qui est moins une terre qu’un climat, que cette supériorité du travail manuel soit évidente. D’autant plus qu’il faut marier ce sol avec un cépage fin qui doit être unique. 
Les deux axes principaux du vigneron sont le sol et le matériel végétal. Il s’agit que tout soit fait dans une globalité, celle d’une philosophie. Il faut mettre le sol en situation de fonctionner en tant que terroir. Un terroir dans un climat n’est pas un état, une entité stable mais un ensemble de mouvements où nous sommes balbutiants. Il y règne règne la fragilité et l’aléatoire. C’est un milieu réactionnel qui ne fonctionne pas toujours en tant que terroir, peut être gêné par des conditions météorologiques contraires ou des pratiques contrariantes. 
Il faut le regarder comme un courant qui ne s’arrête de jamais, va du sol et passe par tout ce qui va sculpter le vin, englobe toute la culture constituée au cours des siècles et jusqu’au vigneron qui va accoucher et voit se vérifier échec ou succès de ce qu’il a fait 

J’ai bien dit recherche 
Sans une véritable activité biologique, qu’asphyxie le compactage du passage du tracteur, il n’y a pas de bonne structure du sol. Le cheval a été pour nous une innovation intéressante, pas seulement pour le travail qu’il fait mais aussi parce qu’il a nécessité des tracteurs légers. Nous sommes arrivés à fabriquer un tracteur léger qui a été étendu au travail sur toutes les autres vignes. 
Pour la gestion organique, la pierre angulaire c’est le compost. Nous avons beaucoup évolué là-dessus depuis 20 ans : les sarments, puis d’autres végétaux, puis des fumiers compostés mais vieux, maintenant des fumiers compostés très frais, on ne peut encore rien dire de définitif. 
Tout ce travail sur les sols montre qu’il n’y a pas de réponse unique même sur un petit village comme Vosne-Romanée. Les Grands Échézeaux sont séparés des Échézeaux par un simple chemin, et pourtant il est impossible, d’évidence, de travailler de la même façon. 
On travaille aussi sur ce que peut être le rôle des oligo-éléments sur le fonctionnement des sols. La priorité est de préserver le pinot fin dont nous avons hérité par l’ancienne Romanée-Conti et qui est utilisé dans la plupart de nos vignes. Nous travaillons à conserver ce patrimoine génétique et compris combien il est difficile de le faire seuls, dans un seul domaine. Sur 200 à 300 pieds sélectionnés visuellement une année, nous avons de la chance si un ou deux est exempt de virose. Nous nous sommes donc associés avec une quarantaine de domaines qui font la sélection chez eux de façon identique pour sélectionner des plants typiques de pinot fin de Bourgogne pour le multiplier. C’est beaucoup plus rapide que si nous sommes seuls et nous espérons avoir d’ici une vingtaine d’année du matériel très fin pour nos plantations. C’est certain que les viroses ne sont pas contraires à la production de grand vin parce qu’elles affaiblissent la vigueur de la vigne, mais parce qu’elles raccourcissent la durée de vie du cep. 
Nous avons aussi essayé de changer la densité à 14 000 pieds. Est-ce une formule d’avenir ? Je ne crois pas, mais il faut attendre des années pour le savoir de façon définitive. L’idée, c’est qu’avec plus de ceps, il y a plus d’exploration du sol, donc moins de raisins par cep. 
Nous travaillons sur le démontage, c’est un axe pour progresser sur les maladies du bois. Mais ce que je crois, c’est que le moment de la taille et la façon de tailler sont plus importants que des produits. 

Tout ça vise à obtenir un rendement à partir de plants fins qu’on n’a pas besoin d’éclaircir. 
L’éclaircissage est nécessaire pour les jeunes vignes qui ne vont pas dans les meilleures bouteilles, mais pas dans les vignes adultes, sauf pour quelques pieds qui n’entrent pas dans le vin mis en bouteille. C’est très important. Toute pratique de vendange en vert cause des phénomènes de compensation déséquilibrants pour le cep et sont à éviter si possible. Tout l’enjeu est d’obtenir un rendement équilibré dans l’année considérée. Et nous constatons que les rendements des décrets de 36 sont assez normaux pour sortir de grandes bouteilles dans le cadre de pratiques loyales et constantes. 
Nous sommes en biodynamie depuis quelques années après avoir expérimenté pendant une dizaine d’années. La biodynamie n’est pas supérieure à la biologie, mais oblige à plus d’observation et à utiliser moins de cuivre. Les recherches biodynamiques sont très intéressantes dans ce domaine. La biologie est très importante pour les grands vins en Bourgogne. Quand on lutte de cette manière-là contre les maladies de la vigne, on est forcément un peu vaincu, on a de la perte, mais c’est un facteur de qualité important. L’éclaircissage par ces maladies apporte aux raisins qui restent une maturité complémentaire, c’est comme ça qu’on arrive à une finesse de maturité supérieure. 

Plutôt que défendre telle philosophie, bâtir la sienne 
Le vendangeur fait la dernière opération manuelle sur la récolte, nous attachons beaucoup d’importance à leur qualité. Ainsi qu’à tout ce travail des hommes nécessaire dans l’élaboration d’un grand cru. 
Il est normal que dans le manuel pratique que nous avons, les méthodes de culture bio et biodynamiques apparaissent. Il ne s’agit pas de défendre telle philosophie, mais de bâtir sa propre philosophie. Nous faisons partie d’un système où le sol et la vigne sont un, tout en harmonie avec le reste du monde. C’est rejoindre ce système qui permet le bon fonctionnement du terroir. 
Le précieux apport de la biologie oblige à des contraintes et permet un affinement. En cuverie, nous considérons que le raisin a une dernière sélection sur la table de tri et qu’on n’aura aucune autre qualité. Donc le raisin doit jouir du plus grand respect jusqu’à son arrivée dans la cuve après un léger éraflage ou/et un léger foulage, décidé au dernier moment, ça varie selon les années. 

Rien n’est plus difficile que la simplicité 
Nous faisons la vinification la plus simple possible. Le vigneron ne doit y apporter aucune autre marque que celles de sa méticulosité et de son respect. Mais rien n’est plus difficile que la simplicité, elle suppose que les raisins soient parfaits au départ, et aussi une longue expérience. 
Nous n’utilisons pas de levure du commerce, le climat produit ses propres levures différentes chaque année. Les nouvelles technologies de concentration sont à bannir dans ce travail d’expression d’un climat. La qualité du travail des hommes et leur adhésion à une exécution attentive sont d’une importance capitale, et là est toute la noblesse de ce travail. 
Ce qui sous-tend cette philosophie de production de vins qui est une véritable pureté d’expression, c’est d’abord l’exigence et la rigueur dans la tradition. Aucune dérogation à cette règle dont les mots clé sont sélection, contrainte, compréhension et maîtrise des méthodes, minutie, patience et surtout humilité. 
Nous avons la connaissance, une certaine aisance financière et l’attente des amateurs. J’espère que nous pourrons nous entêter encore longtemps à faire des bons vins. »

Catégories
information

God Save the Cream

Rue de Stassart 131 à 1050 Ixelles.
Rue de Stassart 131 à 1050 Ixelles.

Quelque part entre la Place Stéphanie et la maison natale d’Audrey Hepburn, vient de s’ouvrir un nouveau lieu que je vous invite à découvrir sans tarder.

Emmanuel Gaspart, passionné de vin et de cinéma, propose une large gamme de produits alimentaires britanniques de haut niveau. Mais il ne s’arrête pas en si bon chemin: il prépare lui-même, sur place et avec sa petite équipe, des pâtisseries, des compositions de légumes, des ‘scones’ …et un café irrésistible, onctueux et aromatique. Méfiez-vous, vous pourriez être tentés de vous séparer définitivement de votre S…eo.

Ambiance ‘comme à la maison’ et goût très sûr pour la décoration. On peut s’asseoir sans échouer sur les genoux de ses voisins de table. Vous serez reçus avec gentillesse et compétence, Manu étant incapable de faire autrement.

Manu en action
Manu en action

Ouvert du mardi au samedi, du matin à la fin de l’après-midi.

God Save the Cream

Catégories
dégustation

Dégustation: Thierry, Michel, Joëlle, Annick, Philippe, Hassan, Jacques, Arnaud, Anne, Yves et les autres, ….

AnthocyaneLa plaquette a été apposée sur la façade à 09h30 et mon premier visiteur s’est annoncé à 10h précises.

Le temps de me rendre compte que je n’avais pas prévu de contenant pour garder les vins blancs au frais. Bon, c’est la casserole à pâtes (modèle IKEA) qui a fait fonction: de l’eau froide et quelques glaçons, le tour est joué !

J’ai eu le grand plaisir d’accueillir, entre autres, de charmants voisins avec qui je n’avais pour ainsi dire pas de contacts jusqu’à ce samedi, deux ‘trolls’ (les parents se reconnaîtront), quelques amis proches, de nouvelles têtes, une ex-élève de l’Athénée Emile Bockstael que je n’avais pas revue depuis …gloups…30 ans, des camarades de guindaille et bien d’autres. A noter aussi une histoire, un peu trouble, autour de cognac bu le midi avant de retourner en classe. Je n’épilogue pas.

Et puis, il y eut l’épreuve du seau à champagne, plus prosaïquement surnommé ‘crachoir’: eh oui, pour nous, fiers disciples ô combien motivés de Bacchus, l’usage du crachoir s’impose, par respect pour nos papilles et notre foie. Mais je confesse avoir oublié que la technique de l’oeno-expulsion n’était pas universelle et que pour l’immense majorité des citoyens normaux, ce jet buccal plus ou moins coloré a un je ne sais quoi de barbare.

J’ai dû faire le deuil de la bouteille de Cent Visages, pour cause de bouchonite aiguë, ce qui a ramené le nombre de flacons en dégustation à 11. Dont, juste pour le plaisir, un Cour-Cheverny …de 1993: plus très fringuant certes, mais encore plein de ressources.

Le bar ('in progress') juste avant que je n'amène les bouteilles.
Le bar (‘in progress’) juste avant que je n’amène les bouteilles.

Je proposais également un ‘romorantin’ demi-sec, convaincu que ce type de vin, pourtant délicieux, ne rencontrerait qu’un modeste succès d’estime: patatras, c’est le vin qui a été le plus apprécié et le plus commandé par les participants ! En conséquence, il est à présent disponible sur le bon de commande en ligne, sous le nom: Domaine des Huards Cour-Cheverny JM Tendresse 2008.

Si vous souhaitez passer une commande, pensez à le faire au plus tard ce mardi soir 18 décembre: je transmets la commande globale aux vignerons mercredi matin.

Catégories
blanc dégustation vins

Prêtes pour le tire-bouchonnage

dégustation

Catégories
domaine information vins

Les vins du Domaine de la Chevalerie sont arrivés !

palette ChevalerieVous pouvez venir chercher vos commandes soit samedi 15 décembre, entre 10 et 18 heures, soit mardi 18 décembre, à partir de 17 heures et jusqu’en fin de soirée.

Si ni l’un ni l’autre moment ne vous convient, faites-moi un petit signe et nous conviendrons d’une autre solution.

Samedi, les vins du Domaine des Huards et les vins des Vignobles des Bois Vaudons sont en dégustation : vous avez ainsi l’occasion d’inaugurer ‘notre-salon-en-voie-de-transformation-en-lieu-dédié-au-vin’.

Vos amis-amateurs sont les bienvenus !

Catégories
blanc domaine vins

Visite aux Vignobles des Bois Vaudons

Bois Vaudons

20 septembre. Petit déjeuner au Hameau des Vignes, une maison d’hôtes qui appartient aux propriétaires des Vignobles des Bois Vaudons, Jean-François et Emilie Mérieau. Je prends courageusement la voiture pour franchir les 250 mètres qui me séparent de la cave…

Nous sommes à St-Julien-de-Chédon, sur le Cher, en face de la ville de Montrichard. Ici, les vins portent tous l’appellation Touraine.

Je suis reçu par Julie Biet, qui vient de rejoindre le Domaine. Jean-François Mérieau passe en coup de vent, livre quelques commentaires pointus et retourne au travail: ce matin-là, l’installation électrique de la cave fait malheureusement des siennes.

35 hectares de vignes pour une large gamme (15 cuvées), habillée d’une façon exceptionnelle: ce n’est plus du graphisme, c’est de l’art ! Rarement vu des bouteilles se présenter aussi bien. L’artiste est suédoise et s’appelle Madlen Herrström.

Le contenu des flacons n’est heureusement pas en reste. J’apprécie particulièrement : le sauvignon ‘Coeur de Roche’, issu de vignes plantées il y a 50 ans; le gamay Bois Jacou, construit sur de bons petits tannins; le cabernet franc Les Grands Champs; le côt Cent Visages et le côt vieilles vignes Gueule du Boa.

Je suis moins à l’aise avec un Gamay élevé en bois (Boa le Rouge) et avec la cuvée L’Alliance des Générations, qui me semble avoir eu un certain mal, du moins sur ce millésime 2004, à digérer son boisé: le vin se révèle dur et assez sec.

Le Domaine propose également un vin de négoce (achat des raisins) sur l’appellation Vouvray : ce ‘Fleuve Blanc’ du millésime 2005 (vinifié en sec)  m’a beaucoup plu !

Voici en tous cas un domaine où l’on expérimente et où l’on fait preuve d’imagination. Une créativité qui se fonde néanmoins sur plus d’un siècle de tradition (la propriété est familiale depuis 1886). Et la succession paraît assurée !

La famille Mérieau
La famille Mérieau
Catégories
blanc domaine vins

Visite au Domaine des Huards

Michel et Jocelyne Gendrier
Michel et Jocelyne Gendrier

18 septembre. Nous venons de terminer la dégustation et Jocelyne Gendrier me propose d’aller nous promener dans le vignoble. Le dalmatien de la maison en profite pour se dérouiller les pattes. A peine arrivés entre les rangs de vigne, pendant que Jocelyne me montre comment reconnaître le cépage ‘romorantin’ à la forme de ses feuilles, le dalmatien susmentionné fourre sa truffe entres les grappes et se met à croquer gaiement les raisins mûrs.

Je constate ainsi ‘de visu’ que le dalmatien est l’un des seuls chiens à apprécier les fruits, caractéristique que la famille Gendrier ignorait lorsqu’elle l’a adopté…Particulièrement en année de petite récolte, chaque grain est précieux !

A table !
A table !

 

 

Nous nous trouvons à Cour-Cheverny, village paisible entre Touraine et Sologne, situé à quelques encablures des châteaux de Cheverny, de Chambord et de Blois.

Le Domaine des Huards possède, entre autres, 8 hectares plantés en ‘romorantin’, ce qui fait du Domaine une capitale mondiale (officieuse…) de ce cépage très rare, originaire de Bourgogne.

Les parents et grands-parents ont toujours travaillé la vigne de façon naturelle, faisant en quelque sorte du ‘bio’ sans le savoir. Aujourd’hui, le domaine est certifié Agriculture Biologique. Outre le ‘romorantin’, on y cultive principalement pinot noir, gamay et sauvignon.

En dégustation, les deux Cheverny blancs (85% sauvignon, 15% chardonnay) m’ont paru sympathiques, techniquement maîtrisés et consensuels.

Les trois Cour-Cheverny sont particulièrement intéressants: la cuvée ‘vieilles vignes’ François Ier 2006 est la plus riche, sur des notes de miel, mais le ‘simple’ 2008 est déjà superbe ! Le Domaine préfère attendre et mettre ces vins en vente lorsqu’ils sont prêts à être dégustés. Une politique peu courante et tout à l’honneur de la famille Gendrier.

Le cépage romorantin confirme ici son grand potentiel. Le 2009 (pas encore  à la vente) me semble un peu plus marqué par la chaleur solaire de ce millésime.

Voici les rouges: Le Pressoir 2010 (80% pinot noir) est un vin tendu, un peu sauvage et bien défini.

La cuvée Le Vivier (50% pinot noir) est un fermage sur vignes plantées en 1994: vin charpenté, puissant mais, le jour de cette dégustation, un peu moins précis que Le Pressoir. Une autre bouteille, ouverte en octobre, était en grande forme !

La cuverie inox est impressionnante de propreté et d’une organisation particulièrement fonctionnelle.

Les gelées du 17 avril vont fortement réduire le volume de la récolte 2012. Il est prévu de commencer à vendanger à partir de fin septembre, le romorantin en dernier.

Michel Gendrier a coordonné récemment une grande dégustation de romorantin à l’attention de Jean-Emmanuel Simond, consultant auprès de la Revue des Vins de France: vu l’enthousiasme du journaliste, on peut s’attendre durant les prochains mois à un dossier présentant Cour-Cheverny aux lecteurs de la RVF !

La bouteille couchée est bien un 1993...
La bouteille couchée est bien un 1993…
Catégories
oenotourisme

Le Château de Goulaine

GoulaineUn endroit magique, surtout par ce matin d’hiver: un peu de brouillard et un silence à peine troublé par une légère brise. A cinq minutes de Nantes et en plein coeur du vignoble.

Catégories
blanc domaine vins

Visite au Domaine Bruno Cormerais

Bruno Cormerais
Bruno Cormerais, photographié en juillet 2012, par Fred Niger Van Herck

Oups. Mon appareil photo est resté dans la voiture. Donc, pour cette fois, je fais appel à l’équipe Internet.

Arrivée à 17h05 au lieu-dit La Chambaudière, sur la commune de St Lumine de Clisson. Merci, GPS.

Je débarque en pleine préparation des journées portes-ouvertes, qui commencent le lendemain matin. Il y a un peu d’électricité dans l’air. C’est Maxime qui m’accueille, mais c’est son papa Bruno, l’homme aux 42 vinifications, qui va s’occuper de moi. Accrochez-vous, ça va déménager !

On commence gentiment avec les premières cuvées, de millésimes récents. Après avoir goûté tant de vins tendus, « verticaux », je suis dérouté par la richesse de ceux-ci: nous sommes dans l’antre du spécialiste du bâtonnage. Un certain nombre de cuvées font leur malo-lactique. Le discours est différent de celui de ses collègues…et cela le rend particulièrement pertinent !

Sur 2009, j’ai un certain mal à  suivre. Voici une bouteille de la cuvée Prestige, millésime 2008: choc gustatif ! Bruno Cormerais affirme que, jeune, ce vin se goûtait mal. Aujourd’hui par contre, le vin conjugue gras bourguignon et tension ‘salivante’. On enchaîne avec les cuvées de Clisson, les cuvées spéciales ‘Maxime’ et ‘Bruno’ (je préfère ‘Bruno’), on voyage dans l’espace (du caveau à la cuverie en passant par le chai à barriques) et puis dans le temps: Bruno Cormerais disparaît un instant et il revient, triomphant, avec des flacons un peu poussiéreux: on goûte de beaux 1997, 1996 et 1991. Une bouteille de 1981 fait son apparition: malheureusement, il ne reste que le squelette acide du vin. Clisson

Tiens, et pourquoi ne pas goûter sur cuve ? Nous repartons pour un tour…

J’ai l’impression que Bruno Cormerais est heureux de faire partager ce moment. Je suis aux anges. Son épouse et son fils continuent à s’affairer: on attend beaucoup de monde dès demain matin.

Je rejoins la voiture dans la nuit noire. Fin de mon périple en Pays Nantais. Enfin, encore une bonne nuit de sommeil et demain matin, un peu de tourisme au château de Goulaine avant de rentrer sur Bruxelles.

Catégories
blanc domaine vins

Visite au Domaine de Belle-Vue

Bretaudeau bouteilleVendredi 30 novembre. Après une ‘focaccia’ avalée en vitesse dans un café de Clisson, cap sur le village de Gétigné, au sud-est de la ville. Gétigné fait office de frontière entre la Loire-Atlantique et la Vendée.

J’arrive au Domaine de Belle-Vue et fais la connaissance du papa de Jérôme Bretaudeau. Quelques minutes de confusion plus tard, me voici face au nouveau chai de Jérôme: un bâtiment rationnel et très vaste, construit à quelques centaines de mètres de l’ancienne cave. Le déménagement des cuves n’est pas encore terminé. Après avoir travaillé chez d’autres vignerons, Jérôme a repris les vignes de ses parents (qui vendaient leurs raisins au négoce), obtenu l’aide de la Mairie (il est le seul vigneron de Gétigné) et quelques subsides européens. On sent ici une ambition de se donner les moyens pour réussir. La meilleure preuve étant qu’il y a très peu de vins à vendre.

Le nouveau chai
Le nouveau chai

Jérôme vient d’engager un premier collaborateur, un ex-vigneron de confiance qui sera en charge des vignes. Le Domaine s’étend actuellement sur à peu près 8 hectares de vignes. Reconversion en ‘bio’ depuis 2009. Du Melon de Bourgogne, bien entendu mais aussi du Sauvignon (gris), du Pinot Gris, du Merlot, du Cabernet, du Chardonnay et j’en passe…

Nous goûtons sur cuve: exercice intéressant, mais périlleux quand on manque d’habitude. Cela me permet en tous cas de me faire une idée du potentiel du millésime 2012. Les vins sont nets, précis et les fonds de verre complexes.

Expérience encore plus intéressante: les échantillons tirés de cuves ovoïdes provisoires. Provisoires parce que plus petites que celles commandées par le Domaine. Malheureusement le fabricant (Nomblot) a cassé le moule des cuves de 16 hectolitres…

Cuves ovoïdes
Cuves ovoïdes

Ces cuves sont utilisées pour permettre aux lies en suspension de circuler efficacement dans toute la cuve et ainsi de ‘nourrir’ les vins. Techniquement, cela s’appelle l’effet de vortex. En quelque sorte, une alternative au bâtonnage. Avec pour résultante des vins plus aromatiques et plus gras.

L’objet est étonnant et assez sympathique, presque zoomorphe. Je me verrais bien installer une tête d’éléphant par-dessus, juste pour rigoler…

Nous voici à présent dans le ‘chai à barriques’: des 400 litres, usagées. On commence par un Muscadet et puis c’est l’heure du test: je goûte quelque chose qui n’est manifestement pas un Muscadet. Allez, je me lance: Pinot Gris ? Gagné ! Rebelote avec la barrique suivante: Sauvignon ? Encore gagné ! Même si je n’avais pas reconnu la variante ‘grise’ du Sauvignon…Bon, 30 secondes pour profiter de mon petit ego, caressé dans le sens du poil. Ce n’est pas tous les jours fête…

Jérôme Bretaudeau
Jérôme Bretaudeau

Jérôme est le premier vigneron qui insiste pour que je goûte ses vins rouges. Je reste un peu perplexe devant un ‘Champ des Cailloux’ (cabernet et merlot): des arômes orientaux entêtants. Mais la bouteille était ouverte depuis quelques jours, ceci expliquant peut-être cela. Ensuite, un pur merlot, 24 mois en barriques. Impossible à placer en Loire. Un vin puissant, tannique et sudiste. Mais pas d’excès d’alcool.

Je continuerais très volontiers la conversation, mais mon agenda me rappelle que Bruno Cormerais m’attend à 17 heures. Et ce n’est pas exactement à côté de la porte. J’implore le GPS de faire son boulot.

Un flacon de 'Champ des Cailloux...pour me forger une opinion plus précise !
En cadeau, un flacon de ‘Champ des Cailloux…pour me forger une opinion plus précise !
Catégories
blanc domaine vins

Visite au Domaine Brégeon

Vendredi 30 novembre. La journée commence avec une bonne frayeur: ma voiture fait un bruit de vieux moulin à café désarticulé. Après quelques centaines de mètres à 30 kms/heure, je me décide à m’arrêter et à faire le tour du susmentionné véhicule. Mouais, les pneus m’ont l’air ‘nickel’. Est ce-que je me déciderais à ouvrir le capot ? Ou alors…couché au bord de la route entre Mouzillon et Gorges, je tâtonne sous le châssis. Soudain, quelque chose résiste, je tire, ça lâche: deux beaux spécimens de sarments qui, coincés je ne sais exactement où, étaient manifestement responsables de mes angoisses mécanico-matinales. J’interprète l’incident comme un signe de Bacchus: ma mission en terres nantaises consiste à libérer la vigne de la mécanisation…Pouf-pouf.

Fred Lallier
Fred Lailler

J’arrive au mythique Domaine Brégeon à 10 heures où je suis reçu par le nouveau propriétaire, Fred Lailler. Il est papa de deux petites filles depuis hier ! FELICITATIONS !

Changement de décor par rapport aux visites d’hier: Fred travaille seul sur un peu moins de 8 hectares de vignes. Pas de site Internet, pas de temps à consacrer au marketing. Le domaine n’est pas en bio, mais la réflexion est entamée. Nous sommes installés dans la cuverie, au milieu d’un sympathique capharnaüm. Mieux vaut être chaudement habillé.

Fred a racheté le Domaine à son propriétaire historique, André-Michel Brégeon qui lui donne encore un solide coup de main pour gérer la ‘paperasse’ et recevoir les clients.

Le Gros-Plant qui ouvre la dégustation est un concentré de saveurs océanes, salines et iodées: de la coquille d’huître plein les narines. Un vin d’amateurs, à réserver à l’accompagnement des meilleurs coquillages.

Place aux Muscadets 2011, 2010 et 2004. Ce dernier a bénéficié d’un élevage sur lies de 89 mois: il paraît que cela constitue une sorte de record, mais Fred et André-Michel (qui nous a rejoints) s’en fichent un peu. Les circonstances ont voulu que le vin passe un long moment en cuves, ainsi-soit-il. Tous les vins sont tendus, sans concessions. Celui qui recherche l’opulence et le gras devrait passer son chemin.

Nous goûtons encore un 1995. La bouteille est couleuse (bouchon trop petit), mais le vin est toujours en forme. Oui, les bons Muscadets vieillissent très bien !

Place aux cuves de 2012, dont l’une a fait sa malo-lactique: cela assouplit considérablement le vin, trop peut-être. A revoir lorsque l’assemblage avec les autres cuves aura été réalisé.

Cuves enterrées, une tradition nantaise.
Cuves enterrées, une tradition nantaise.

Ici comme chez les collègues, la vendange 2012 promet beaucoup. Mais la météo a fait des siennes et les rendements ont été terriblement bas. Bref, il y aura peu de bouteilles à vendre. Disons que pour respecter un équilibre économique raisonnable, il serait plus que bienvenu que 2013 soit un millésime ‘normal’…

Il fait à peine moins froid lorsque je quitte Fred pour aller me balader quelques minutes à Clisson. Je repars avec l’impression d’avoir partagé un moment vrai, intense, sans fioritures. A l’image des vins. Brégeon

Catégories
blanc domaine vins

Visite au Domaine Bonnet-Huteau

Jean-Jacques Bonnet
Jean-Jacques Bonnet

Quelques minutes suffisent pour faire le trajet entre La Grange et La Levraudière. Il est 17h15 et le soleil s’est couché. Pour ne pas risquer de me perdre, j’ai fait une ‘reconnaissance’ en tout début de journée.

Je suis reçu par Jean-Jacques Bonnet. Le Domaine Bonnet-Huteau est entre les mains de deux frères, Rémi à la vigne et Jean-Jacques à la cave. ‘Huteau’ est le nom de leur maman.

Ici on mène le combat en faveur de la reconnaissance des qualités du Muscadet. Pour ce qui concerne le Gros-Plant, cépage capricieux, sensible aux maladies et ayant tendance à laisser exploser les rendements, mon interlocuteur préfère passer son tour.

Jean-Jacques est attaché au développement des crus communaux et cherche à concilier les vignerons les plus radicaux avec ceux qui ont un certain mal à adopter des pratiques qualitatives (levures indigènes, vendanges manuelles, rendements limités, etc…). C’est la politique des petits pas, par préférence à l’affrontement direct.

Le Domaine s’étend sur une quarantaine d’hectares, en ‘bio’ depuis 2005.

Fascinante horizontale 2011 des trois cuvées ‘de terroir’: Les Dabinières, Les Gautronnières (une fraîcheur citronnée,  tranchante comme une lame…comment ne pas penser à un grand Riesling ?) et Les Laures, qui conjuguent tension, gras et volume.

Une horizontale fascinante
Une horizontale fascinante

La parcelle des Laures a été achetée récemment: nous goûtons 2010 qui me semble, hic et nunc, un peu moins bien en place que 2011.

Discussion sur les avantages de la vendange entière (vendange non éraflée, raisins et ‘tiges’ donc) qui permet de récolter (manuellement bien sûr) des raisins intacts. Et raisin intact dit minimisation des risques d’oxydation, donc moindre usage de soufre. Des rafles mûres contribuent à donner une légère tannicité au vin, ce qui lui donne un équilibre plus intéressant. Attention à des rafles ‘vertes’ qui peuvent transmettre un goût herbacé désagréable.

Le vignoble nantais qui s’étendait sur plus de 13.000 hectares il y a vingt ans a considérablement rétréci, remplacé soit par des plantations maraîchères, soir par du bâti. Jean-Jacques souligne avec conviction que le vrai problème n’est pas à chercher dans la vigne qui disparaît, mais dans les vignerons qui abandonnent, lassés par la difficulté de valoriser leur travail.

Nous goûtons le cru communal Goulaine, de grande expression et si éloigné de tous les clichés associés au Muscadet !

Tiens, puisque je compare Les Gautronnières à un Riesling…apparaît sur la table un Riesling alsacien, récemment échangé durant un salon. Bon, j’ai oublié le nom du producteur. Disons que c’était très 2009 et pas très Riesling. Beaucoup d’alcool et une sucrosité pataude. Vive Les Gautronnières !

En partant, un Pinot Gris ‘primeur’, puisqu’il s’agit du millésime 2012, vinifié avec une bonne vingtaine de grammes de sucre résiduel: une agréable friandise ! Et une conclusion sympathique à une discussion passionnante !

Voilà, il est 20h30 et j’avoue ne pas trouver la force pour aller dîner au restaurant. Alors, retour à La Maison des Landes où m’attendent un bon pain, du fromage …et un grand verre d’eau ! Extinction des feux avant 22 heures…épuisé !

Tôt le matin, durant ma 'reconnaissance'
Tôt le matin, durant ma ‘reconnaissance’
Catégories
information

La joyeuse bande des ‘Vignes de Nantes’ !

Au premier rang, Vincent Caillé et Jérôme Bretaudeau. Fred Niger Van Herck et Jean-Jacques Bonnet sont un peu cachés...
Au premier rang, Vincent Caillé et Jérôme Bretaudeau. Fred Niger Van Herck et Jean-Jacques Bonnet sont un peu cachés…

Les membres (juin 2012):

Domaine de l’AUJARDIÈRE, Eric Chevalier
Domaine BELLE-VUE , Jérôme Bretaudeau
Domaine BONNET-HUTEAU, Jean-Jacques & Rémi Bonnet
Domaine Michel BREGEON, Frédéric Lailler
Château de la CASSEMICHERE, Philippe Ganichaud
Domaine des COGNETTES, Vincent Perraud
Domaine Bruno CORMERAIS
Domaine de l’ECU, Fred Niger Van Herck & Guy Bossard
Domaine du FAY d’HOMME, Vincent Caillé

Domaine GUNTHER – CHEREAU, Aurore Günther
Domaine des HAUTES-NOELLES, Jean-Pierre Guédon
Domaine Pierre LUNEAU-PAPIN, Famille Luneau
Domaine de la LOUVETRIE, Jo Landron
Domaine POIRON-DABIN, Jean-Michel Poiron & Laurent Dabin
Domaine de la TOURLAUDIÈRE, Famille Petiteau

Marie Chartier entourée par quelques collègues.
Marie Chartier entourée par quelques collègues.

Les Vignes de Nantes

Catégories
blanc domaine vins

Visite au Domaine Pierre Luneau-Papin

Pierre-Marie Luneau
Pierre-Marie Luneau

Jeudi 29 novembre. 13h45. Je me balade autour du domaine et en profite pour faire quelques photos. 14h tapantes (on ne se refait pas…), je suis reçu par Pierre-Marie Luneau et son épouse, Marie Chartier.

La discussion nous emmène vers la solidarité entre vignerons et donc vers le rôle de Marie, en tant que coordinatrice de la nouvelle association ‘Les Vignes de Nantes‘. Cette association regroupe l’élite des producteurs du Pays Nantais et a pour objectif de promouvoir leurs vins en France et à l’étranger. J’y consacre un article ici.

En voiture et direction les vignes de la Butte de la Roche, histoire de vérifier ‘de visu’ que le pays du Muscadet n’est pas uniformément plat. Nous sommes à une quarantaine de mètres d’altitude (c’est la Butte de la Roche, pas la colline de la Roche !), sur un terroir très particulier (serpentinite, une roche d’origine magmatique). La vue est magnifique, en particulier depuis l’endroit où a été installée une table d’orientation. Le domaine Pierre Luneau-Papin a récemment acheté des vignes, plantées ici en 1974. Une parcelle au levant, une parcelle au couchant. Le vin s’appelle ‘Terre de Pierre’.

La Butte de la Roche (Une Nouvelle Nantaise, mars 2012): vue sur le Marais de Goulaine et la ville de Nantes
La Butte de la Roche (Une nouvelle Nantaise, mars 2012): vue sur le Marais de Goulaine et la ville de Nantes

Le trajet de retour vers La Grange nous donne l’occasion de discuter ‘biodynamie’. Il nous semble clair que la démarche, le cheminement vers la biodynamie est très riche et que l’attention portée aux vignes ne peut qu’influencer favorablement la qualité du vin produit. Au-delà, restent un débat ouvert sur l’influence des préparâts et une commune méfiance vis-à-vis des pratiques ésotériques.

Dégustation chez Pierre Luneau-Papin

En dégustation, le Brut, la cuvée Folle Blanche 2011 (une façon habile de réinventer le Gros Plant) et les cuvées de Muscadet: Pierre de la Grange vieilles vignes 2011, L d’Or 2010 & 2011, Terre de Pierre 2010 (magnifique !), avant de goûter le cru Goulaine ‘Excelsior’ 2007 (36 mois d’élevage sur lies) et la cuvée très particulière Pueri Solis qui n’a été produite qu’en 2005. Surprise…cette cuvée a également été produite sur le millésime 2009.

On ne voit pas le temps passer: soudain, il est presque 17 heures, l’heure à laquelle on m’attend au Domaine Bonnet-Huteau. Je quitte à regret Pierre-Marie, salue Marie et m’en vais vers de nouvelles aventures…

Les vins du Domaine seront en dégustation ce samedi 19 janvier. Ils seront en vente du mardi 15 janvier au mardi 22 janvier inclus: l’offre est ici. Plus d’information sur les vins .

Cuvée Terre de Pierre et serpentinite de la Butte de la Roche
Cuvée Terre de Pierre et serpentinite de la Butte de la Roche
Catégories
blanc domaine vins

Visite au Domaine de L’Ecu

Frédéric Niger Van Herck
Frédéric Niger Van Herck

Arrivée au Landreau à 10 heures ce jeudi 29 novembre, sous un beau soleil d’hiver. Je croise d’abord Guy Bossard, au téléphone avec son notaire. Nous rejoignons Frédéric Niger Van Herck dans le caveau de dégustation.

Le village du Landreau, en mode kitsch
Le village du Landreau, en mode kitsch

Fred est un grand passionné de vin et un blogueur inspiré: il a racheté le domaine à Guy Bossard en 2010, après fait carrière dans la communication. Son épouse est bretonne par sa maman et anversoise par son papa, d’où un patronyme qui sonne ‘bien de chez nous’ !

Nous goûtons les millésimes actuellement à la vente: 2010 et 2011. Cuvées classique, Gneiss, Orthogneiss et Granite. Les vinifications étant identiques, les différences à la dégustation tiennent essentiellement à la géologie. Granite 2011 m’impressionne !

Le moment pour ouvrir la discussion sur le processus d’agrément: des vignerons locaux goûtent les vins à l’aveugle, les évaluent sur leur ‘typicité’ et rendent leur verdict. Un verdict négatif  et le vin ne peut pas être commercialisé en AOC. Divers noms d’oiseau ont été accolés à une cuvée du domaine de L’Ecu et privent donc celle-ci de son droit à porter l’appellation ‘Muscadet de Sèvre-et-Maine’. Le jury a considéré que cette cuvée était réduite et oxydée. Disons que c’est à peu près comparable à traiter quelqu’un en même temps de nain et de géant…Comprenne qui pourra.

En d’autres lieux et en d’autres temps, des vignerons ont commercialisé leurs vins sous ‘vini da tavola’ …en envoyant les appellations ‘al diavolo’ ! Personne n’en sort vraiment gagnant.

Nous goûtons ensuite la nouvelle cuvée ‘haut de gamme’: Taurus (production limitée à 3.000 bouteilles).

Taurus (le flou se veut artistique)
Taurus (le flou se veut artistique)

Après ce Muscadet de style bourguignon et évidemment destiné soit à la garde, soit à la carafe, nous tranchons avec la fraîcheur du Gros-Plant 2010.

Voici la pétillance de la cuvée ‘Ludwig Hahn’: délicieuse, en particulier quand la bulle s’apaise: un carafage contribue à la vinosité de ce multi-cépages (Melon de Bourgogne, Folle Blanche, Chardonnay, etc…).

Enfin, un cabernet en vin de pays, un peu perdu au milieu de tous ces vins blancs.

Fred et Guy sont tous deux passionnés d’opéra, d’où la grande photo qui orne le caveau: Guy en Faust et Fred en Méphisto…ça vaut son pesant de cacahuètes !

Je ne peux pas m’empêcher de jeter un oeil au ‘cimetière’: les amateurs reconnaîtront des flacons trépassés de Trapet, Gouges, Ganevat, Roc des Anges, Vincent Pinard, Selosse, Clos Rougeard. On ne s’ennuie manifestement pas !

Le 'cimetière'
Le ‘cimetière’

Revenons-en au domaine: 2012 sera sans doute un grand millésime pour l’amateur…à condition de pouvoir en obtenir, puisque les rendements ont été catastrophiques: -70% par rapport à une année normale. Gloups. Le prix à payer pour un printemps raté et un début d’été du même tonneau.

Le Domaine s’étend sur une vingtaine d’hectares et emploie 7 personnes à temps plein: tout est ‘bio’ depuis une éternité et en ‘biodynamie’ depuis de longues années: Guy Bossard est l’un des pionniers de cette approche, avec ses collègues ligériens Nicolas Joly et Mark Angéli. Une réflexion est à présent menée sur l’utilisation de soufre volcanique en lieu et place de soufre ‘commercial’, résidu du pétrole. Le soufre volcanique se combine moins avec le vin: il faut en utiliser moins pour une protection anti-oxydante équivalente.

Peu de bois dans les parages: pour Taurus, quelques fûts anciens ont été acquis en Bourgogne.

La Divina
La Divina, bulles en ‘méthode traditionnelle’.

Les étiquettes évoluent progressivement vers une modernité de bon aloi, tout en conservant la référence graphique à la roche sur laquelle poussent les vignes. Les dorures disparaissent au profit d’une sobriété élégante et argentée.

Idem pour la cuvée de bulles, qui change aussi de nom: Ludwig Hahn devient ‘La Divina’, un nom qui conjugue vin et musique. Si vous voulez mieux comprendre le pourquoi de ce changement de nom, tapez ‘Ludwig Hahn’ dans Google. Le plus célèbre Ludwig Hahn n’est malheureusement pas le violoniste allemand, ami de Guy Bossard, marié à une native du village du Landreau…

J’ai passé un excellent moment, en excellente compagnie. Il est temps de déjeuner: je suis la voiture -et la recommandation- de Fred en me rendant chez Jean d’la Queue (sic).

Les vins du Domaine seront en dégustation ce samedi 19 janvier. Ils seront en vente du mardi 15 janvier au mardi 22 janvier inclus: l’offre est ici. Plus d’information sur les vins .

Mise à jour: les vins sont à présent disponibles dans le magasin en-ligne.

Les vignes de L'Ecu (thanks to the Wine Doctor)
Les vignes de L’Ecu (thanks to the Wine Doctor)
Catégories
oenotourisme

-4°C, le matin

Vignes à Mouzillon
Vignes à Mouzillon
Catégories
blanc information

Muscadet !

La Bretonnière

Trois dégustations et autant de grands moments.

Merci à Frédéric Niger Van Herck, à Pierre-Marie Luneau et à Jean-Jacques Bonnet pour leur temps, la qualité de leur accueil et le partage de leur passion !

Des souvenirs pleins les yeux. Un palais qui vibre encore. Et un profond respect pour ces vignerons qui créent de grands vins, appréciés à leur juste valeur en Grande-Bretagne, au Japon et aux Etats-Unis, mais plutôt mésestimés en France et en Belgique.

Chacun est bien entendu libre de ne pas apprécier ces vins. A une condition: oublier ‘Roger’ et goûter avant de se forger une opinion.

Chapeau au ‘melon’, cépage qui a le bon goût de s’effacer derrière les terroirs sur lesquels il est planté. Tiens, comme le riesling…

Bon, j’avoue être un peu en bout de course. Digne, mais cassé.

D’où sans doute les jeux de mots du genre ‘chapeau au melon…et bottes de cuir’. Pardon. J’ai besoin de sommeil. Rideau.

Le coeur du pays du Muscadet
Le coeur du pays du Muscadet