Et ces « bulles », c’était comment ?

11 heures, mes premiers amateurs pointent le bout du nez. C’est parti !

On commence avec l’OVNI, à savoir cet étonnant magnum de Roc’Ambulle: délicatement rosé, rafraîchissant malgré une acidité assez basse, léger (9%), « turbullent » mais pas trop, une nuance de douceur. A des années-lumière d’une copie de Champagne. A mon avis, une façon originale et décalée pour clore une soirée de fête (après le dessert et à la place d’un mousseux « standard » qui passerait inaperçu). Malheureusement, il ne m’en reste qu’un seul magnum.

Un détour par le Limbourg pour goûter Aldeneyck: belle mousse, texture crémeuse, une preuve de plus que les meilleures bulles belges ne doivent pas craindre la comparaison. Original par sa provenance et par l’assemblage: pinots, noir, gris et blanc en parts égales. Vinifié comme un Champagne.

Le crémant d’Alsace de Pfister ne déplaira à personne: c’est un vin consensuel qui se caractérise par une bulle très fine et un beau fondu: vin et bulles forment un tout harmonieux. Prix très attractif.

Le crémant de Bourgogne de Tripoz démontre qu’il est possible de ne pas doser (« Brut Nature ») et de regorger de fruits bien mûrs. Arômes de pomme et de pain. Concentré, joyeux et élégant.

Dans une dégustation à l’aveugle, je défie quiconque de deviner que le crémant du Jura de Pignier n’est pas un Champagne. Tout y est: précision, densité, raffinement.

Le crémant d’Alsace Rosé de Mochel est un joli panier de fruits rouges. Pas compliqué, d’une très jolie couleur, dosé avec mesure…un vrai vin de fête ! Bémol: il ne m’en reste que très très peu.

Changement radical de style avec le Montlouis Pétillant Originel du Rocher des Violettes. A ne pas mettre entre toutes les lèvres (sic). D’abord, c’est un grand vin de chenin dans un millésime (2010) qui met en lumière une forte tension crayeuse. Ensuite, c’est une « bulle » délicate et élégante. Longue garde possible. Amateurs de rondeur et de sucrosité, passez votre chemin.

Le Champagne Les Murgiers de Francis Boulard est une belle introduction au monde fascinant des Champagnes de vigneron. Rien ne masque le fruit et l’équilibre du vin. Sans concessions à une quelconque facilité et pourtant très convivial. Convient tant à l’apéritif qu’au repas (essayez-le sur une viande blanche ou une volaille). Production très limitée.

On finit en beauté avec le magnifique Champagne vieilles vignes de Francis Boulard. Je ne m’aventure pas souvent sur le terrain des vins d’un prix certain, mais pour ce cocktail de fraîcheur, de précision, de densité et de longueur, je fais volontiers une exception ! Production extrêmement limitée.

Voilà, on ne s’est pas ennuyé. 9 « bulles » et 9 interprétations différentes, personnelles, qui soutiennent habilement la conversation. Que demander de plus ?

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